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Un Jour dans l'Histoire

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La Première - Histoire

Un Jour dans l'Histoire

Camus et le terrorisme

  • 1 h 30 min

13h20 : Camus et le terrorisme

Nous sommes le 22 janvier 1956, à Alger.
Alors que la guerre pour l'indépendance du pays a déjà fait de nombreuses victimes, répondant à l'initiative d'un groupe de militants algériens et d'intellectuels français d'Algérie, Albert Camus lance un Appel pour une trêve civile.
L'auteur de « La Peste » est arrivé, dans la capitale, quatre jours plus tôt et, en dépit des menaces reçues, il est descendu à l'Hôtel Saint-Georges où il a consacré ses matinées à la rédaction du discours.
Le 22 janvier, devant une salle comble, dans une atmosphère lourde de tension, il en appelle à la raison et à l'humanisme.
Sa demande prioritaire est d'épargner la vie des civils dans les affrontements entre les deux camps.
Il déclare :
« C'est à ceux qui ne se résignent pas à voir ce grand pays se briser en deux et partir à la dérive que, sans rappeler à nouveau les erreurs du passé, anxieux seulement de l'avenir, nous voudrions dire qu'il est possible, aujourd'hui, sur un point précis, de nous réunir d'abord, de sauver ensuite des vies humaines, et de préparer ainsi un climat plus favorable à une discussion enfin raisonnable.
(...) De quoi s'agit-il ?
D'obtenir que le mouvement arabe et les autorités françaises, sans avoir à entrer en contacts, ni à s'engager à rien d'autre, déclarent, simultanément, que, pendant toute la durée des troubles, la population civile sera, en toute occasion, respectée et protégée. »
Durant le discours de Camus, les sympathisants du courant libéral essuient des insultes, des jets de pierres et des menaces proférées par les opposants à l'apaisement retenus au dehors par le service d'ordre.
Le déferlement de haine entraînera des violences urbaine et opposera une fin de non-recevoir au dialogue.
Massacres et tortures vont perdurer, la terreur s'installer.
Albert Camus a écrit de nombreux textes qui questionnent le fonctionnement de la terreur.
Dans son texte intitulé « Les raisons de l'adversaire », il écrit :
« Quand l'opprimé prend les armes au nom de la justice, il fait un pas sur la terre de l'injustice.
Mais il peut s'avancer plus ou moins et, si telle est la loi de l'histoire, c'est en tout cas la loi de l'esprit que, sans cesser de réclamer justice pour l'opprimé, il ne puisse l'approuver dans son injustice, au-delà de certaines limites.
Les massacres des civils outre qu'ils relancent les forces d'oppression, dépassent justement ces limites. ».
Retrouvons Albert Camus face au terrorisme.


Invitée : Valérie André, directrice de recherche FNRS, professeur à l'ULB et membre de l'Académie royale de Belgique (conseillère pour la recherche en sciences humaines de l'ULB).


14 heures : Serge Reggiani

Venu du théâtre, au cinéma Serge Reggiani tourne sous la direction de plusieurs générations de réalisateurs et s'impose comme une figure marquante du paysage cinématographique en France. Venu tardivement à la chanson, il est considéré comme l'un des grands interprètes de la chanson française.
On retrouve Serge Reggiani à travers les archives de la Sonuma

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