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La Première - Histoire

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Léon Spilliaert était-il un visionnaire?

  • 1 h 30 min

Nous sommes le 6 février 1909.
Léon Spilliaert écrit à Jean De Mot, secrétaire du « Salon de Printemps », la seizième exposition organisée par la Société royale des Beaux-Arts au Palais du Cinquantenaire, à Bruxelles, entre le 13 mai et le huit juin.
Le peintre doit y envoyer une dizaine d'œuvres présentées, dans le catalogue, comme des "lavis et dessins rehaussés".
Dans sa lettre, l'artiste belge, d'à peine vingt-huit ans, écrit :
"Jusqu'à présent ma vie s'est passée, seule et triste, avec un immense froid autour de moi."
En septembre de la même année, François Jollivet-Castelot né à Douai le 8 juillet 1874, féru de sciences occultes, décrit ainsi notre homme :
"Presque inconnu encore, renfermé dans une fière modestie et méprisant la réclame, le jeune aquarelliste ostendais Léon Spilliaert, est un grand, un très grand artiste".
Alors : qui était Léon Spilliaert dont le tragique, parfois, émane des toiles ?
L'ami d'Emile Verhaeren, proche du milieu symboliste, le mélancolique que l'on apparente à l'américain Edward Hopper ?
Plongeons dans son univers clair-obscur...
Invitée: Anne Hustache, historienne de l'art.

Deuxième partie: « Grandes et petites histoires du Cinéma Burlesque » par Jean-Philippe Tessé (1/3)
Le cinéma burlesque est un genre en soi, lié à une époque (celle du muet), avec un corpus de films essentiels et innombrables (des milliers de courts et longs métrages) réalisés par de nombreux artistes oubliés et quelques figures incontournables tels que, en France, Max Linder, Georges Mèliès, Louis Feuillade, suivis aux Etats-Unis par Mack Sennett, Hal Roach, Roscoe Fatty Arbuckle, et bien sûr Charlie Chaplin, Buster Keaton, Laurel et Hardy, ou encore, retour en France, Jacques Tati et Pierre Etaix.
Le burlesque, qui est issu du spectacle ambulant et du vaudeville (Chaplin, Keaton et Stan Laurel, entre autres, ont commencé leur carrière sur scène), le burlesque donc, à l'origine, s'appelait aussi « slapstick », littéralement « coup de bâton ». Le gag reposait essentiellement alors sur un comique physique : chutes, bagarres, poursuites, lancé de tarte à la crème ... , et sur l'irruption dans le quotidien de l'absurde et de l'irrationnel, ce qui est une manière évidemment d'interroger, de mettre en question ce quotidien. En effet, les films de Chaplin, Harry Langdon, Keaton, Harold Lloyd, ou des Marx Brothers, non seulement non pas vieilli mais témoignent aussi d'une étonnante lucidité devant la situation faite à l'homme par la société moderne.
Autrement dit, le burlesque, à travers son essence comique et apparemment neutre, instaure un « dialogue muet » (bel exemple d'oxymore) entre les hommes et le monde ... ce que notre invité, Jean-Philippe Tessé, appelle une « morale des gestes ».
Malgré ses formes de plus en plus sophistiquées, déclinées en longs-métrages par Chaplin, Keaton et bien d'autres, le burlesque va certes s'étioler avec l'avènement du cinéma parlant, mais va néanmoins se perpétuer jusqu'à aujourd'hui et continuer de bousculer les conventions sociales et d'engendrer le désordre du monde. C'est ainsi que l'on retrouve une veine burlesque (parfois pure et dure et le plus souvent adaptée à notre époque) chez des cinéastes aussi divers que Takeshi Kitano (au Japon), les frères Farrelly et Adam McKay (aux Etats-Unis) et même, chez nous, le duo composé de Dominique Abel et Fiona Gordon.
Et si le burlesque est un genre basé sur les gags visuels, c'est-à-dire sur des actions, n'oublions pas que, comme le disait déjà Henri Bergson en 1899 : « dès que notre attention se portera sur le geste et non pas sur l'acte, nous serons dans la comédie ».

Notre invité :
Jean-Philippe Tessé, journaliste et critique de cinéma, ex-rédacteur en chef adjoint des « Cahiers du cinéma » pendant 10 ans (jusqu'en 2020 quand l'annonce du rachat des « Cahiers » par un congloméra de 19 investisseurs, dont plusieurs producteurs français de cinéma, entraina la démission de presque la totalité de la...

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