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Un Jour dans l'Histoire

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La Première - Histoire

Un Jour dans l'Histoire

  • 1 h 30 min

13h20 : Vassily Kandinsky

Nous sommes le 11 octobre 1931, à Dessau, au centre de l'Allemagne, à la confluence des rivières Mulde et Elbe.
Vassily Kandinsky écrit à Alexandre Kojève , son neveu, philosophe qui, comme lui, sera naturalisé français plus tard.
« Je te remercie beaucoup pour les aquarelles et des lettres que tu as envoyées pour moi à Berne.
Je t'ai déjà écrit qu'à cause des conditions actuelles en Allemagne, je ne peux pas correspondre directement avec ma banque suisse.
Je suis donc obligé de te déranger.
Je te demande encore un service.
J'espérais obtenir un livre édité à Paris par l'intermédiaire d'une librairie locale, mais sans succès : les Français n'envoient pas à l'étranger (...)
Cette édition m'est indispensable pour mon enseignement.
Tu as peut-être l'occasion de passer par la rue Vavin.
Si oui, va, s'il te plaît, chez Ortet-Roussel (...) et demande-leur de m'envoyer immédiatement le 1er tome de «L'Art aujourd'hui». (...)
Ta « critique » de mes aquarelles m'a beaucoup intéressé, tu as une perception très fine, ce qui n'arrive pas très souvent aux gens doués d'une « tête bien faite », c'est pourquoi je l'apprécie particulièrement.
Tu te distingues des gens « sans tête » et surtout sans sensibilité par ceci :
ces gens ne voient aucune vie et même pas de « sens artistique » dans mes œuvres « austères », tandis que toi tu leur réserves une place due dans mon « passé » (d'après toi).
Tu dis : « elles étaient vivantes mais ont commencé à se figer »(...)
Je ne sais pas, ça sera peut-être comme ça.
Mais jusqu'ici, quand je peins des choses aussi sérieuses, tout en moi se tend au maximum.
J'ai besoin ici d'un très grand élan intérieur : le caractère, la dimension, et le lieu de chacune de ces formes austères se définit chaque fois d'après une « dictée intérieure », une sorte de « voyance ».
Et moi, j'ai l'impression qu'un tel élan n'est pas seulement nécessaire, mais aussi impossible dans le cas où les formes sont figées.
De nombreuses personnes disent que mes œuvres austères sont aussi froides.
Il y a des pâtés chinois qui sont chauds à l'extérieur (sortant directement du four) tandis qu'à l'intérieur, c'est de la glace.
Mes œuvres austères sont comme ces pâtés chinois mais à l'inverse : froides à l'extérieur, ardentes à l'intérieur.
Voici mon autodéfense.
Ecris-moi et dis-moi toujours en toute franchise ce que tu penses de mon travail.
Peut-être nous verrons nous à Paris à Noël.
Peut-être même avant en Allemagne ? A Dessau ? Voilà ce qui serait bien.
Je t'embrasse tandis que Nina te salue cordialement.
Ton Kandinsky ».

Invitée : Anne Hustache, historienne de l'art.

14 heures : Debussy, résonnances artistiques 8/10

Episode 8 : Le style français

En 1913, Stravinsky donne le Sacre du Printemps. Cette même année, Luigi Russolo rédige son manifeste futuriste et annonce l'Art des Bruits qui semble prédire La Première Guerre Mondiale. Ce conflit qui rappelle à de nombreux Français la débâcle de 1870. La Grande Guerre aura comme conséquence de renforcer l'esprit national français. « Je veux travailler , non pas tant pour moi, que pour donner une preuve, si petite soit-elle, qu'y eût-il 30 millions de Boches sur le sol français, on ne détruit pas la pensée française » confie Debussy. C'est durant cette époque troublée qu'il écrit En Blanc et noir dont le deuxième mouvement se veut un écho aux combats, puisque Debussy y mêle le choral allemand Ein fest Burg et la Marseillaise. L'œuvre passera par les oreilles de Camille Saint-Saëns qui qualifie l'œuvre de cubiste. Rappellerait-elle par certains aspects les collages de Braque et Picasso ?

Une série réalisée par Cécile Poss

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