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Que dit la crise de notre société ?

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Que dit la crise de notre société ?

  • 4 min 22 s

L’humanité doit se redécouvrir. Les leçons à en tirer seront nombreuses.

«Nous sommes tous sur le même bateau, et ça on l’avait un peu oublié» constate Michel Dupuis, professeur à l’UCLouvain. Pour le philosophe, c’est une donnée tout à fait nouvelle : «ça signifie que nous sommes condamnés, vous à être solidaire. Quand on est sur le même bateau, sur le même radeau, forcément on est dépendant les uns des autres et ça c’est une notion qui est forte et qui engage quelque chose de nouveau. C’est-à-dire une forme nouvelle de responsabilité et ce que ça veut dire. On découvre avec cette pandémie que l’on est coresponsables de gens que nous ne connaissons pas. Et ce, qu’ils vivent actuellement dans des maisons de retraite par exemple, mais aussi des gens qui vivent ailleurs sur la planète.»

Et de jeter un pont avec la question climatique : « ça me fait penser qu’avec la question climatique précisément on avait découvert qu’on est coresponsable de la vie à venir pour des gens qui ne vivent pas encore sur la planète. Les générations à venir. »

Le philosophe pose aussi le regard sur les événements récents de panique dans les supermarchés : « J’ai envie de dire en pensant aux grandes surfaces aujourd’hui : c’est chacun son caddie et puis c’est comme ça….après moi le déluge ! En fait, c’est une fiction, ça ne sert à rien de faire des provisions complètement folles parce qu’on peut pas rester seul sur la planète. Il vaut mieux penser en terme de solidarité. Ce mot est laïque, on pourrait dire aussi de partage. Nous partageons le même destin. L’homme n’est pas tout-puissant il est grand temps de perdre une forme d’arrogance par rapport à la nature. On se croit fort de notre esprit, de notre science, dans la capacité de réflexion. »

Et d’ajouter : « Il y a une espèce de retour du refoulé, un retour de la nature qui semble prendre le dessus par rapport à ça. C’est une espèce de tsunami biologique et nous nous sentons démunis. Ce qui est intéressant, c’est que L’Humanité a besoin de se sentir démunie désespérée, de ne pas savoir quoi faire pour pouvoir se reprendre et proposer des solutions. Et donc ce qu’on voit c’est à la fois la panique mais c’est aussi des gens qui ont enfin le courage de prendre des décisions. Nous devons revoir la manière dont nous habitons la planète et nous redécouvrir. »

Une interview de Nicolas Lejman

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