Présentation Sophie - Rêver sous le capitalisme - 14/09/2018

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Présentation Sophie - Rêver sous le capitalisme

Présentation Sophie - Rêver sous le capitalisme

  • 1 min 44 s

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En 2006, Sophie Bruneau, dans son documentaire "Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés", coréalisé avec Marc-Antoine Roudil, filmait des patients en arrêt de travail lors de leurs premières consultations en cellules de soutien. Le constat était clair. Augmentation de la charge de travail, humiliation quotidienne, cloisonnement des tâches : le travail s'ancrait dans les chairs jusqu'à calquer le rythme de la parole et des gestes sur celui de la machine, jusqu'à s'insinuer dans la vie familiale. Dans "Rêver sous le capitalisme", la réalisatrice poursuit son sujet en observant, à travers le prisme des rêves, les dérives du monde du travail. La souffrance engendrée vient coloniser le seul espace de liberté restant. L'évasion onirique n'est plus permise. Les sévices sont les mêmes mais la forme a changé, elle a gagné du terrain. Le mal a pris une tournure endémique.

Dans Rêver sous les capitalisme, les rêves, accumulés et juxtaposés, valent aussi comme stigmates. Les rêves traumatiques semblent n'être que contenu manifeste, sans stratagèmes de travestissement. Les symboles se décodent en lecture immédiate. Le rêve fait sens, puis s'éclaire plus précisément à la lumière de la description de l'univers professionnel du rêveur. Sur douze rêveurs, trois sont filmés face caméra, sur leurs lieux de travail. Les autres sont désincarnés, seul leurs voix flottent dans l'image. En suspension, elles remplissent des cadres fixes et larges : des vues de ville, de bâtiments en chantier, de tours de verre et d'open spaces.
Sophie Bruneau filme Bruxelles principalement de nuit, ou entre chien et loup. Le documentaire privilégie ces instants-charnières, ces passages du jour à l'obscurité (et vice versa) où le modelé de la lumière transforme le plan imperceptiblement. La progression en temps réel de chaque fragment atteint ce seuil où le regard décroche et ne prend conscience du changement qu'à la fin. Les séquences s'emmêlent en une nuit blanche décousue : une aube naissante laisse place à un ciel d'encre.

La ligne de force tracée par le film est une balise, elle souligne l'urgence d'une affection diffuse. A l'heure où le saccage des droits du travail se fait loi, l'épidémie risque de se propager plus encore. Le corps social va devoir contrer. Il lui faut se réveiller et secouer sa peur. Afin de se soigner au plus vite, s'il veut sauver sa peau.

Détail

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à 21h00 sur La Trois

Rêver sous le capitalisme

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