L'info culturelle : Le thème de la biennale, De terre et de ciel, convient bien à cet artiste sensible à l’humain qui traque notre animalité en interrogeant les rituels et les sacrifices et qui révèle nos aspirations profondes à dépasser notre humaine condition. sur Auvio

tous les sites
Pierre Liebaert, à la Biennale d’Enghien

Musiq3 - Culture

Pierre Liebaert, à la Biennale d’Enghien

Le thème de la biennale, De terre et de ciel, convient bien à cet artiste sensible à l’humain qui traque notre animalité en interrogeant les rituels et les sacrifices et qui révèle nos aspirations profondes à dépasser notre humaine condition.

  • 3 min 40 s

La Biennale d’Enghien est un must ! Les commissaires Myriam Louyest et Christophe Veys ont invité treize artistes à investir les différents espaces du parc. Le photographe belge Pierre Liebaert intervient dans la chapelle castrale. Le thème de la biennale, De terre et de ciel, convient bien à cet artiste sensible à l’humain qui traque notre animalité en interrogeant les rituels et les sacrifices et qui révèle nos aspirations profondes à dépasser notre humaine condition. Il photographie les carnavals en participant à ces rites de passage où le temps ouvre une brèche et où le sacré et le profane se rencontrent et célèbrent leurs noces. Des forces obscures et lumineuses sont à l’œuvre et les contraires apparents coïncident quelque part en un point …et ce lieu est - provisoirement – notre coeur, écrivait Rainer Maria Rilke dans le poème Je crois aux nuits.

Pierre Liebaert a réalisé un triptyque photographique qu’il a installé comme un retable au-dessus de l’autel. La photo centrale donne à voir deux mains qui présente une hostie. Le cercle lumineux comme un soleil ainsi que les doigts se détachent sur le fond noir. A gauche, un Blanc-Moussi pointe son nez rouge vers le ciel étoilé. Le personnage masqué du carnaval de Stavelot est tout de blanc vêtu. Il s’amuse à lancer des confettis sur la foule pour rassembler le groupe. A droite, une pluie de confettis ou de cendres traverse le ciel nocturne et retombe sur la terre.

Deux autres photos abordent l’animal et l’humain qui participent pareillement au vivant. La première représente le vagin d’une vache et son placenta quand la bête vient de vêler. Elle est une vanité qui symbolise la vie et la mort, deux contraires qui se rejoignent inévitablement. Pierre Liebaert n’est pas fasciné par le gore. Le sang de l’animal renvoie à la vulnérabilité de l’humain. Cette blessure d’où je viens, chantait Léo Ferré, évoque l’image médicale de la maternité. Le photographe donne une version rouge sang de L’Origine du monde de Courbet.

Face à cette icône maternelle, chargée de notre humanité, la deuxième photo pourrait évoquer la paternité. Un jeune homme vu de dos porte le corps inerte d’un enfant. L’abandon du corps se ressent par le relâchement des petites jambes. La scène évoque une image religieuse, La Déploration du Christ, qui représente Marie recevant le cadavre de son fils descendu de la croix. Dans la photo dont le fond est noir, l’homme Pietà entre dans la nuit. Il est un homme debout qui marche. Il a un pied hors du cadre de l’image. Ce hors-cadre est l’espace que nous occupons. Il nous invite à entrer dans l’image et à suivre l’exemple de ce père universel qui porte un plus faible que soi. Il nous convie à partager son humanité.

Pierre Liebaert participe à la Biennale d’Enghien, ouverte jusqu’au 20 septembre dans le parc de la ville. Accès gratuit.

Pierre Liebaert au micro de Pascal Goffaux.

Détail

Extraits

Bonus

Chargement ...
Liens promotionnels