Par Ouï-dire : Luis Sepulveda par Paola Stévenne sur Auvio

tous les sites
Par Ouï-dire

La Première - Documentaires

Par Ouï-dire

Luis Sepulveda par Paola Stévenne

  • 59 min

Luis Sepúlveda est mort ce jeudi 16 avril , dans les Asturies, avant l’aube. Il était bourru, affectueux, entier, avec ce mutisme océanique propre à tant de Chiliens. Sa connaissance de la poésie était intime, précise ; son goût du roman noir également. Dans les années 70, il avait fui pour Hambourg la dictature de Pinochet. Sa femme, la poétesse Carmen Yáñez, avait été torturée. Ils habitaient depuis longtemps à Gijón (Asturies), dans une maison avec jardin, à quelques centaines de mètres de la mer. Il y avait planté ses arbres. Ses enfants y avaient grandi. Fragile, il luttait depuis plusieurs semaines contre les effets du virus. Il n’a sans doute pu faire ce qu’il avait écrit à propos d’un autre mort, vingt ans plus tôt : «Un homme achète le journal de son dernier jour.» Il évoquait alors l’assassinat dans la rue, par ETA, du journaliste José Luis López Lacalle. Sous un parapluie, écrivait-il, celui-ci «a fait ses derniers pas avec les derniers journaux sous le bras, les milliers de derniers mots, avec cette imperceptible sécurité des hommes que Brecht disait indispensables : ceux qui ont lutté toute leur vie. L’assassin, lui, a agi à la vitesse des lâches, de ceux qui évitent de regarder en face, qui haïssent les grandes vérités appelées maison, enfants, table, paroles, démocratie, être, liberté, futur». Tels étaient, dans ses articles comme dans ses romans, dans ses nouvelles comme dans ses contes, le ton et les valeurs de Luis Sepúlveda. Il connaissait la violence de l’Histoire ; il n’aimait pas celle des tueurs. Nous avions rencontré Luis Sepulveda il y a trois ans et Paola Stévenne, chilienne par sa mère, l’avait magnifiquement questionné. Une rencontre était née sous nos yeux. En voici le résultat.
(Photo : Getty Images)

Détail

Liens promotionnels