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Migrants en transit: des abris de fortune à proximité des aires de repos autoroutières

Migrants en transit: des abris de fortune à proximité des aires de repos autoroutières

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A 300 mètres de l'aire de repos de Spy, en province de Namur, des jeunes migrants en transit vivent dans des conditions inhumaines. Après avoir fui le régime autoritaire érythréen, après avoir parcouru des milliers de km au péril de leur vie et à la merci de passeurs peu scrupuleux, ces migrants ont trouvé refuge dans des abris de fortune en contre-bas de l'autoroute E42. La plupart d'entre eux ont entre 14 et 27 ans. Et sans l'aide d'associations et de collectifs citoyens, leur vie ne tiendrait plus qu'à un fil.


Abris de fortune

Mis à part quelques tentes apportées par des riverains, les jeunes migrants (sur)vivent dans des abris faits de morceaux de tissus, de plastic et de vieilles bâches. "C'est très dur, car il fait froid et il y a des infiltrations d'eau", explique un jeune Erythréen de 18 ans. "Nous avons quitté notre pays pour échapper au régime. Nous avons voyagé dans des conditions très difficiles. Ici, à Spy, nous attendons le moment pour pouvoir poursuivre notre périple vers l'Angleterre. Mais nous avons peur. Des contrôles policiers. De la réaction de certains habitants qui ne veulent pas de nous. Des maladies aussi. La vie est vraiment difficile pour nous. Heureusement pour nous, des riverains nous aident en apportant des médicaments, des boissons, de la nourriture et des couvertures".

Ramper dans les égouts

Par crainte des contrôles de police, par nécessité aussi, les migrants doivent passer d'un côté à l'autre de l'autoroute. Et pour rester discrets, ils vont jusqu'à ramper dans les égouts installés en dessous de l'E42. "C'est la réalité et c'est horrible", souligne Jean-Marie Puits, porte-parole du collectif citoyen "S13", en référence à la sortie n°13 de l'autoroute. "Leurs conditions de vie sont terribles. Je suis un riverain, mais surtout un être humain, un père et un grand-père. Je ne pouvais pas rester les bras croisés. D'autant que cette situation dure depuis plus d'un an. J'ai donc rejoint le collectif citoyen créé il y a quelques mois par une riveraine pour soutenir ces jeunes".

Citoyens solidaires

Concrètement, plusieurs associations se mobilisent. Objectif: améliorer les conditions de vie des migrants en transit. "Nous leur apportons des boissons, de la nourriture, des médicaments, des couvertures et du réconfort", explique Jean-Marie Puits. "Ils sont jeunes et désemparés. Ils ont fui l'enfer. Et aujourd'hui, ils sont bien loin de connaître le paradis que certains leur avaient promis".

L'Eldorado évoqué, c'est celui promis par des passeurs peu scrupuleux, plus soucieux de leur portefeuille que du sort des migrants.

"Les jeunes Erythréens en transit restent à Spy entre un à deux jours et environ 4 mois", précise Jean-Marie. "Ils attendent le bon moment pour partir; principalement vers l'Angleterre. Apaiser leur séjour à Spy, c'est mon devoir. Nous devons les aider! D'autant que certains sont malades. Et que plusieurs filles sont enceintes. La police évacue le site et procède à des interpellations, de temps en temps. Mais peu après, elle relâche les migrants à proximité de l'aire de repos. Et les jeunes se réinstallent un peu plus loin. Les policiers obéissent aux ordres. Mais c'est une situation surréaliste!"

Des riverains partagés

Si certains habitants, comme Jean-Marie, soutiennent les jeunes migrants, d'autres souhaitent leur départ. "C'est surtout parce qu'ils se font une image erronée de ces jeunes", commente Jean-Marie. "Des habitants ont parfois peur, faute de connaître ces migrants qui sont très gentils. D'autres pointent du doigt des problèmes de déchets. Certes, il y a parfois quelques détritus par terre. Mais ce sont des jeunes. Comme pour d'autres jeunes, il faut leur expliquer les choses. En outre, n'y a pas de poubelles tout près des abris. Ce qui est certain, c'est qu'on ne peut pas parler de gros tas de détritus, comme certains l'ont fait croire".

Le CPAS à l'écoute

Du côté des autorités locales, on se dit attentif à la situation. "Le nouveau collège de Jemeppe-sur-Sambre vient d'être installé", nous a dit Claude Brouir, Président du CPAS. "Nous sommes en train de consulter tous les acteurs concernés par la situation. Nous avons rencontré les deux collectifs impliqués dans l'aide aux migrants en transit. Le dossier est complexe. Il faut discuter avec la police fédérale et la police locale. Il faut tenir compte de la présence de mineurs d'âge et des aspects humanitaires, évidemment. Nous étudions la situation afin de voir ce que nous pouvons éventuellement faire de notre côté".

En moyenne, une trentaine de migrants sont en transit à Spy. Un chiffre qui, par périodes, peut dépasser la centaine de personnes.

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