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Manifestation à Bassora (04/09/2018)

Manifestation à Bassora (04/09/2018)

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La ville irakienne de Bassora a connu mardi sa journée la plus sanglante depuis le début des troubles sociaux il y a deux mois, avec la mort de six manifestants lors de nouvelles protestations contre l'inaction des autorités.

En soirée, des milliers de manifestants sont de nouveau partis à l'assaut du siège du gouvernorat à Bassora, qui symbolise pour eux l'impéritie des responsables incapables de fournir infrastructures et services de base dans la province la plus riche en hydrocarbures du pays.

Mardi, "six manifestants ont été tués et plus de 20 blessés", a affirmé à l'AFP Mehdi al-Tamimi, chef du Conseil gouvernemental des droits de l'Homme dans la province. Il a accusé les forces de l'ordre d'avoir "ouvert le feu directement sur les manifestants".

Des vidéos tournées à la morgue montre deux jeunes gens ensanglantés allongés sur des lits, l'un d'eux atteint à la tempe par une balle.

Lundi tard le soir, un autre jeune manifestant, Mekki Yasser Achour, a succombé à un tir attribué également par M. Tamimi aux forces de l'ordre.

Ses funérailles se sont transformées dans l'après-midi à Bassora en manifestation, partie de la morgue jusqu'au siège du gouvernorat, au cours de laquelle des civils en armes ont tiré en l'air pour honorer le "martyr".

La marche funéraire a ensuite dégénéré en bataille rangée entre manifestants et forces de l'ordre qui les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes et par des tirs en l'air, selon des correspondants de l'AFP sur place.


- Molotov, bâtons -


Parmi les protestataires, certains ont lancé des cocktails molotov et des bâtons de feux d'artifice sur le siège du gouvernorat. Ils avaient déjà incendié des installations à l'intérieur du complexe les jours précédents.

Selon les sources médicales, une quinzaine de membres des forces de l'ordre ont été blessés dans les heurts.

La grogne sociale, lancée début juillet, a semblé s'essouffler avant de reprendre de plus belle la semaine dernière après que la pollution de l'eau a conduit quelque 20.000 personnes à l'hôpital dans la province de Bassora.

Au moins 21 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement qui dénonce pêle-mêle les services publics déficients, la pénurie chronique d'électricité et d'eau, le chômage endémique, mais aussi l'impéritie de l'Etat et des hommes politiques.

Dans plusieurs cas, les défenseurs des droits de l'Homme ont accusé les forces de l'ordre, tandis que les autorités accusent des "vandales" infiltrés parmi les manifestants.

Avant l'annonce des six morts, le Premier ministre Haider al-Abadi a affirmé lors de sa conférence de presse hebdomadaire mardi, qu'une enquête avait été ouverte sur la mort du manifestant tué la veille, rappelant avoir ordonné qu'"aucune balle réelle ne soit tirée, ni en direction des manifestants, ni en l'air".

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