L'interview intégrale de William Oldroyd pour "Lady MacBeth" - 12/04/2017

Retour en arrière × Vider le champs
L'interview intégrale de William Oldroyd pour "Lady MacBeth"

L'interview intégrale de William Oldroyd pour "Lady MacBeth"

  • 18 minutes

Vous aimez Tellement Ciné ?

Ajouter cette émission à vos favoris et soyez tenu au courant des nouveaux épisodes.

Jean-Marc Panis a rencontré le réalisateur de "Lady MacBeth", William Oldroyd.

La traduction:

Quand j’ai vu Lady MacBeth pour la première fois, cela me faisait penser à un livre, à une pièce, à du Shakespeare ou à un autre auteur russe mais je n’aurais jamais pensé à un film. Quelle était votre intention première quand vous avez voulu vous lancer dans cette aventure en adaptant ce livre, cette pièce ?

Je pense que ce qui m’a attiré dans le projet, c’est que je n’avais jamais vu de film qui traitait de ce sujet. Cependant, après avoir terminé le tournage, je me suis rendu compte qu’il existait une version des années 1960 d’Andrzej Wajda mais quand j’ai lu le livre, je me suis demandé pourquoi personne n’avait jamais adapté cette histoire. En effet, une version des Hauts de Hurlevent sort tous les deux ans, une version de Jane Eyre sort tous les trois ans, la BBC adapte tout le temps des livres de Charles Dickens… on voit toutes ces adaptations sans jamais lire l’œuvre originale. De fait, quand Alice Birch, la scénariste, m’a donné le livre, j’ai tout de suite pensé que c’était l’histoire idéale, que le personnage de Katherine était tellement puissant, tellement complexe, tellement compliqué. Je la trouvais parfaite pour un film.
Vous utilisez le mot « compliqué ». En effet, ce film tient le spectateur en haleine car c’est presque un thriller, c’est captivant mais il est également difficile de suivre Katherine. Cela fut-il difficile de trouver la bonne actrice pour jouer ce personnage ? Comment avez-vous réussi à la rendre intéressante sans pour autant la rendre trop sombre ?
Quelques éléments comiques ont pu être apportés et, pour être tout à fait honnête, la plupart d’entre eux n’étaient pas vraiment prévus et c’est en fait Florence (Pugh) qui les amenés naturellement. Le meilleur avec Florence dans le rôle de Katherine, c’est qu’elle s’est tout de suite sentie connectée au personnage. Elle a tout de suite voulu défendre cette jeune femme contre les oppresseurs présents dans le film. Elle vient en aide à cette jeune femme dans une mesure qui peut toujours parler aux jeunes filles de notre génération. Ce qui peut rendre ce film moderne et original, c’est qu’on ne s’attend pas à ce qu’une femme de cette époque agisse de la sorte. Son attitude est inspirée du livre mais aussi de l’interprétation de Florence elle-même. C’était donc assez compliqué. De plus, tout au long du développement, les gens nous disaient qu’ils trouvaient la protagoniste très antipathique. Je me demande s’ils diraient la même chose du même personnage mais masculin… il y a beaucoup d’autres personnages masculins antipathiques dans le film mais on reste avec ce personnage épineux, complexe, qui fait des choix très difficiles mais qui, au final, est captivante. C’est ce que j’aime au cinéma.

Vouliez-vous particulièrement filmer du point de vue du personnage féminin ? Ce n’est pas un film féministe, si ce terme veut encore dire quelque chose aujourd’hui, mais vouliez-vous montrer la manière dont les femmes étaient et sont toujours traitées ?

J’étais particulièrement intrigué par la manière dont agit cette femme. J’ai lu beaucoup de livres de cette période et j’ai déjà travaillé sur des pièces d’époque. Ce qui est caractéristique des personnages féminins de ce genre de pièce, c’est que, soit elles s’enfuient, soit elles se tuent. Ce que j’aime chez Katherine, c’est qu’elle décide de combattre malgré les conséquences sanglantes que cela entraîne. Cependant, elle est contrainte d’agir de la sorte tellement sa situation est désespérée. Nous espérions que les spectateurs seraient de son côté, qu’ils la comprendraient et qu’ils iraient jusqu’à ce moment du film où l’on doit se poser cette question : « Jusqu’où puis-je comprendre cette femme ? Aurais-je vraiment fait les choses autrement ? Dans quelles mesures ? »

Souvent, à travers l’art, on essaie de poser des questions et quand une œuvre est particulièrement réussie, elle ne donne pas toutes les réponses. Quelles étaient les questions que vous vouliez poser et quelles étaient celles du livre que vous trouviez importantes ?

Nous avons créé la tension en questionnant le déroulement de l’histoire. Par exemple, dans le début du film, il y avait quelques scènes pour raconter le passé de Katherine. Cependant, quand on était en montage, on a finalement décidé de tout de suite passer à la scène du mariage car c’est le moment où elle se pose le plus de questions : « Qui sont ces gens ? Pourquoi suis-je là ? Dans quel genre de mariage suis-je en train de m’engager ? Quelle est la situation familiale ? Qui est cet homme ? » On se pose les mêmes questions tout en se demandant qui elle est vraiment même si nous connaissons sa pensée puisque le film suit son point de vue. Et tout au long de l’histoire, on se demande ce qui va se passer ensuite, comment elle va réagir, qui donc va faire son apparition à ce moment précis, qui va revenir. Je pense que c’est le fil conducteur du film. J’aime le cinéma qui inclut son spectateur dans l’histoire, qui le rend participant du récit.

Qui le garde éveillé ?

Je pense que c’est un bon début, en effet, du moins, j’espère que le spectateur le sera en regardant mon film. Vous savez, les cinémas sont de plus en plus confortables ; il y fait chaud et sombre…
Tout comme ce fauteuil…
Tout à fait ! mais je pense qu’il vaut mieux que je ne dorme pas, pour le moment. J’ai regardé beaucoup de films dramatiques d’époque anglais qui recherchaient principalement à répondre à toutes les questions pour faire en sorte que le spectateur passe le meilleur moment possible. Ces films rendent la tâche facile au spectateur pour que ce soit un divertissement agréable. On ne se pose donc aucune question ; la seule chose que l’on fasse, c’est de s’asseoir dans son siège, de se détendre et de profiter de l’histoire. Selon moi, c’est tellement plus gratifiant d’être interpeller tout au long du film ; c’est en tout cas le genre de cinéma que je préfère. Je trouve que l’expérience cinématographique doit continuer après la séance, dans un bar, dans la rue ou à la maison.
Pour moi, l’un des ingrédients qui fonctionne vraiment dans l’histoire, c’est que le livre a été écrit en 1865, ils parlent anglais dans le film, ils portent ces costumes mais on a l’impression que cela pourrait se passer à n’importe quel endroit et à n’importe quel moment… Était-ce quelque chose d’important pour vous ? Étiez-vous conscient de cela ?
Il fallait absolument garder l’histoire dans l’époque d’origine, en 1865, car en 1870, il a été décrété pour la première fois que les femmes n’étaient plus la propriété de leur mari, mais dans notre film, Katherine appartient toujours à son mari. Elle n’a aucune indépendance, elle est comme esclave de son mari. C’était donc important pour nous de parfaitement reproduire cette époque dans les costumes, qui ont été fait sur mesure, dans les éléments de décorations, dans les meubles, dans l’architecture de la maison. Nous voulions que tous ces éléments soient le plus fidèle possible. Cependant, ce que nous voulions moderniser, c’était plutôt la personnalité de Katherine, et Florence a travaillé dans ce sens, mais aussi la manière de parler des personnages. Nous avons également essayé attacher beaucoup d’importance à la position des caméras pour donner une touche plus moderne mais c’est surtout dans le montage que nous avons travaillé cet aspect. Notre monteur avait travaillé sur le film Les Poings contre les murs (Starred Up), un film dramatique dont l’intrigue se déroule de nos jours dans une prison. De fait, je savais qu’il apporterait une énergie moderne à ce drame d’époque et qu’il renouvellerait un peu le genre.

C’est pour cela qu’il y a tant de plans similaires dans la chambre, avec la gouvernante qui vient tous les matins pour s’occuper d’elle ? Cela me fait ressentir le temps qui passe, l’ennui. Cela était-il important pour vous de nous faire sentir l’ennui qu’elle-même ressent ?

Tout à fait. Quand j’en ai parlé à la production, quand je leur ai dit que je voulais explorer la notion de l’ennui dans les vingt premières minutes du film, ils étaient quelque peu inquiets. En effet, le défi était de décrire l’ennui sans que le public ne s’ennuie, surtout quand c’est au début du film. En effet, les spectateurs peuvent très vite tourner les talons et quitter le cinéma si le film ne leur plaît pas mais nous voulions représenter l’ennui à travers la routine ; je voulais qu’elle soit relativement déprimante. Le matin, elle se lève mais sans aucun but dans sa journée ; elle se coiffe mais c’est une action violente ; elle dépose sa brosse à cheveux sur la table mais encore de manière violente. Chaque jour, c’est la même chose. Elle n’écoute pas de musique, elle ne lit pas de livres, elle n’a pas d’enfant, pas d’amis, car elle ne peut tout simplement pas. Elle erre par-ci, par-là, elle écoute sa vie passer avec le tic-tac des horloges. De même, elle aimerait réagir de manière violente à cette vie qui passe. C’est donc avec la routine de son existence qu’on a pu représenter l’ennui.
La violence dans ce film est assez crue… Je n’en dirai pas plus car il faut aller voir le film mais ce qui est intéressant, c’est que la violence psychologique précède la violence physique dans ce film. Était-ce quelque chose qui vous a particulièrement plu, le fait que, même si tout est assez calme, la violence est omniprésente, surtout envers les femmes ?
Absolument et c’est quelque chose dont nous avons longuement discuté. Les gens ont tendance à dire que cette femme est très violente mais je pense que ce sont les circonstances qui l’ont rendue ainsi. Si vous faites bien attention, il y a une scène en particulier où elle entre dans cette grange et elle parle de la même manière que son mari violent qui lui disait : « Arrête de sourire et mets-toi face au mur ». Elle imite sa manière de parler et je pense que la violence entraîne la violence dans cette situation. Quand elle arrive dans ce foyer, elle est jeune, insouciante, optimiste mais ses illusions sont très vite complétement anéanties et elle commence à adopter cette attitude. C’est en tout cas comme cela que je comprends le film.

Comment avez-vous trouvé cette merveilleuse Katherine ?

J’ai vu le film The Falling réalisé par Carol Morley il y a quelques années seulement. Florence apparaît dans la première demi-heure du film et, à 17 and, elle montrait déjà un talent très prometteur. Notre directrice de casting, Shaheen Baig, travaillait également sur ce film donc, quand il a fallu trouver notre Katherine, elle a soumis le choix de Florence Pugh et elle m’a conseillé de la rencontrer. Il est très vite devenu évident que nous avions trouvé la meilleure actrice pour le rôle. Elle nous a en effet convaincu avant même de trouver le ton juste pour jouer Katherine. De plus, elle ne ressemblait pas du tout à une meurtrière de prime abord mais on sentait bien qu’elle avait le potentiel de développer cet aspect-là. On a parlé du rôle ensemble, on a fait quelques essais, seule puis avec des acteurs, et à la fin de tout ce processus, on s’est rendu compte que l’on tenait une actrice incroyable.

Lui avez-vous demandé de jouer comme une adolescente actuelle même si l’action se passe au 19e siècle ?

Fodhla Cronin O’Reilly, la productrice, Alice Birch, la scénariste, Florence et moi-même pensions que c’était la meilleure chose à faire. A votre avis, cette jeune femme de 1865 est-elle vraiment si différente de nous ? Après tout, c’était il y a seulement 150 ans. On a une image assez biaisée des films d’époque à cause des drames qui ont été réalisés auparavant car si le film ne ressemble pas à ce que l’on a vu dans les autres, on se dit que ce n’est pas un vrai film d’époque. Selon moi, on était exactement les mêmes à l’époque qu’aujourd’hui, que ce soit dans l’apparence ou dans les attitudes. Dans ce film, c’est la société qui règle sa sexualité, qui dicte ce qu’elle doit faire. À mon avis, une jeune femme de 19 ans n’était, à l’époque, pas très différente d’une jeune femme de 19 ans à l’heure actuelle.

Le film pose beaucoup de questions sans jamais y répondre. Cependant, selon vous, que retiendra le public de ce film ? Que retenez-vous, en tant que réalisateur, de cette histoire incroyable ?

Ce que je retiens du film, c’est qu’il faut faire attention à la manière dont on traite, non seulement les femmes, mais les gens en général. Je trouve cette histoire géniale. J’ai l’impression de ne pas avoir vu beaucoup de films avec un personnage si fort, encore moins avec un jeune personnage féminin si fort. D’ailleurs, mes films préférés sont ceux qui mettent en scène des premiers rôles féminins comme Breaking the Waves, Dancer in the Dark, La Pianiste…

Dogville ?

Oui, tout à fait ! Je me rends compte que la plupart de ces films sont de Lars von Trier…

D’ailleurs, Katherine me fait penser au personnage de Nicole Kidman dans Dogville, même si ce n’est ni la même époque, ni le même endroit…

Vous trouvez ? Je ne me souviens plus très bien de l’histoire…

Ça termine très mal !

Oui, comme la plupart des films de Lars von Trier. Nous étions très clair sur le fait que nous voulions donner une chance à Katherine de sortir vainqueur dans le film. Nous trouvions que c’était une belle occasion de réparer ses torts, d’être victorieuse même si cette victoire est vide. Les spectateurs le verront mais c’était très important pour nous de… Je ne veux pas gâcher la surprise, j’ai peur d’en dire trop… De plus, les gens ont dit du film qu’il racontait une histoire très radicale mais tous ceux qui veulent voir le film doivent s’attendre à voir une histoire vraiment captivante avec beaucoup d’action dramatique, de belles interprétations qui se trouve être au 19e siècle.

Les images du film sont presque picturales. Dans la photographie, tout ressemble à des peintures. Les plans sont magnifiques mais il fallait laisser aux acteurs l’espace pour s’exprimer. Cet équilibre entre filmer des plans tout droit sortis d’une peinture et laisser les acteurs respirer était-il dur à trouver ?

La composition de chaque plan était vraiment très importante pour moi. J’ai en effet fait des études d’art donc je travaille beaucoup sur la composition de l’image et sur la manière dont on peut la mettre dans le cadre. De plus, la logique du film voulait que Katherine soit traitée comme un objet donc elle se trouvait souvent en plein milieu du cadre, à côté d’un objet, d’un petit objet et nous filmions du point de vue de l’homme qui la contrôle. De fait, quand elle commence à prendre son indépendance, à recouvrer un peu de liberté, la caméra commence à la suivre dans ses mouvements. J’aime beaucoup ce plan avec son personnage au centre puis, si nous avions besoin d’un autre plan, on tournait à 90° et je n’avais pas besoin de plus. J’aime beaucoup ce plan donc je ne me demandais jamais si ce plan allait paraître osé. Je veux surtout me concentrer sur le personnage. On a également étudié les peintures du peintre danois Vilhelm Hammershoi, qui peignait souvent des femmes seules dans des pièces vides très lumineuses mais qui manquent un peu d’air. Nous voulions créer cette sensation de manquer d’air, ce vide irrespirable. De plus, le visage de certains personnages, qui sont habillés tout en noir, n’est pas toujours visible et c’était pour moi comme si l’on avait volé leur personnalité ; c’est ce qui arrive aussi à Katherine, elle n’a plus de prise sur son identité. C’est pour cela que ces peintures correspondaient très bien à l’esprit du film.

Vous nous avez offert un personnage magnifique avec Lady Macbeth. Quel est votre prochaine étape ? Ne craignez-vous pas de ne jamais retrouver un personnage aussi passionnant ?

Eh bien, j’ai beaucoup de chance car j’ai trouvé un écrivain contemporain, contrairement à Nikolai Leskov qui écrivait au 19e siècle, et qui s’appelle Walter Mosley. C’est un écrivain américain incroyable qui est plutôt connu pour ces polars, ce qui ne rend pas justice à son impact dans la littérature. En effet, il a écrit un livre magnifique, Un Homme dans ma cave, qui raconte l’histoire d’un jeune Afro-Américain qui accepte de louer sa cave à un vieil homme blanc pendant 65 jours pour la modique somme de 100 $ par jour. Quand il arrive dans sa cave, il demande au jeune homme de l’emprisonner et de le punir… Ce livre devrait donc engendrer une discussion et j’ai tout de suite pensé qu’il pourrait donner un excellent film. Avec un peu de chance, on commencera le tournage à la fin de l’année pour que vous puissiez le voir l’année prochaine. C’est le projet, en tout cas.

Pas de personnage féminin, cette fois-ci…

Il y a des personnages féminins mais ce ne sont pas les personnages principaux.
Vous vous retrouvez dans cette pièce avec la production qui va vous donner beaucoup d’argent mais ils ont peur de ce sujet de l’ennui. Vous souvenez-vous de ce que vous avez dit pour les convaincre de lancer le projet ?
Je leur ai dit : « Avez-vous déjà vu ce sujet au cinéma ? Avez-vous déjà vu une femme se coucher sur un canapé et s’endormir simplement car elle n’a rien d’autre à faire ? » Ils ont répondu que non donc j’ai dit : « Très bien, alors allons-y ! » et ils m’ont donné leur accord. Je crois que c’est d’ailleurs le but de la société de production iFeatures ; elle produit des films à petit budget et elle travaille en collaboration avec Creative England, BBC Films et BFI qui encouragent les nouveaux réalisateurs à prendre des risques. De fait, c’est inutile de jouer la sécurité quand ces organisations nous donnent des fonds car cet argent est destiné à ce genre de projet. On n’attend pas un bénéfice extraordinaire donc il faut utiliser cet argent pour faire quelque chose d’original et de différent. Apparemment, un film sur une jeune femme qui, au début, s’ennuie tellement qu’elle s’endort dans son canapé, cela semble les passionner.

Ils ont donc dit : « oui. »

Tout à fait et c’est la raison pour laquelle je suis là aujourd’hui. J’en suis vraiment très reconnaissant.

Détail

Prochain direct

à 19h58 sur La Deux

Tellement ciné

Vous aimeriez aussi

Tellement Ciné

Tellement ciné
Tellement ciné
31min 0s Plus tard

Tellement ciné

The Last Face / Sous le même toit / Life / A United Kingdom / Et les mistrals gagnants

Tellement ciné
Tellement ciné
31min 42s Plus tard

Tellement ciné

C'est beau la vie quand on y pense / Fast & Furious 8 / Lady MacBeth / Le Serpent aux mille coupures

Tellement ciné
Tellement ciné
30min 42s Plus tard

Tellement ciné

À bras ouverts / Boule & Bill 2 / Gold / Le Top 5 de Matthew McConaughey / Orpheline / Power Rangers

Tellement ciné
Tellement ciné
31min 38s Plus tard

Tellement ciné

Gangsterdam / Ghost in the Shell / Les Schtroumpfs et le village perdu / Pris de Court / Le Selfilm d'Alex Vizorek / Telle mère, telle fille

Tellement Ciné
Tellement Ciné
31min 22s Plus tard

Tellement Ciné

La Belle et la Bête / Sage Femme / Enfants du Hasard / Silence, on double ! / CHiPs / The Other Side of Hope

Extraits

Bonus

Liens promotionnels