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Michel Piccoli

  • 28 min

A 85 ans, les traits de Michel Piccoli se sont arrondis, adoucis, mais sous cette douceur apparente, il n'a pas changé. Il est toujours l'acteur avide d'aventure, de passion, d'intransigeance et de révolte. Sans concession, il refuse toujours le confort et aspire à plus de folie, plus de rêve et plus de surréalisme ; ferraillant toujours avec ardeur contre la surconsommation et la tyrannie de la rentabilité qui tiennent le 7ème art en tenaille. Il a toujours eu le goût de travailler en marge et se targue de choisir des films « qui n'ont rien pour séduire les foules ». Petit, il était timide et renfermé. On n'entendait jamais le son de sa voix. Il explose au contact du théâtre et se découvre la passion de raconter des histoires les plus rocambolesques possibles. Ses débuts en tant qu'acteur ne sont pas faciles. Mais il écrit à Bunuel, qu'il admire, et l'invite à le voir jouer au théâtre. Il en découle huit films qu'ils feront ensemble (dont « Le journal d'une femme de chambre » et « Belle de jour ») et une longue amitié. Sa carrière s'ouvre et on le voit dans les films de Christian-Jaque, René Clément, Godard, Varda, Renais, Costa-Gavras, Demy, de Broca, Chabrol. Sans parler des plus belles actrices de l'époque qu'il tient dans ses bras : de Brigitte Bardot et Romy Schneider à Catherine Deneuve. Il se fait connaître du grand public en 65, dans un téléfilm de Marcel Bluwal dans le rôle de Don Juan. Mais sa carrière cinématographique prend un tour définitif lorsqu'il rencontre Marco Ferreri, avec qui il tourne « Dillinger est mort », puis « La grande bouffe », dont l'impact les surprend complètement. Pour Michel Piccoli, le cinéma est un laboratoire extraordinaire où l'on apprend à comprendre les gens à travers leurs histoires. Il ne rompt jamais le lien avec le théâtre, où il retourne régulièrement « pour se purifier ». Au cinéma, il s'aventure désormais dans des rôles plus difficiles. Déplaire l'amuse et il interprète souvent des personnages antipathiques ou ambigus. En 1980, il a le Prix d'Interprétation Masculine de Cannes pour son rôle du juge désaxé dans « Le saut dans le vide » de Marco Bellocchio ; et puis celui de Berlin en 82 pour « Un étrange affaire ». Il se lance aussi dans la réalisation. La musique de son premier film « Alors voilà » est composée par Arno, avec qui il se lie d'amitié. Pas étonnant. Les deux rebelles se ressemblent. En ce 21ème siècle, 60 ans après ses débuts, il continue ses pérégrinations à la découverte de nouveaux rôles et de nouveaux réalisateurs « on ne sait jamais quand ça tombe sur une constellation juste, alors, il faut voyager ... ». Sa récente et très impressionnante prestation dans « Habemus Papam » de Nanni Moretti ne le dément pas. Sophie Dasnoy

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