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Hep taxi !

La Trois - Culture

Hep taxi !

Philippe Katerine

  • 31 min

Même si certains critiques trouvent qu'il n'y a pas assez de mots dans ses chansons, Philippe Katerine (contraction de Catherine Deneuve et d'Anna Karina, ses deux actrices préférées), peaufine encore son style antilittéraire dans son dernier album, qui est éponyme et plus surréaliste que jamais. Comme pour donner le ton, sur la pochette, il s'affiche l'air un peu benêt entouré de ses parents. Il aime cultiver son petit côté idiot du village et entretenir un énervement qu'il provoque chez certains. Et finalement, eh bien oui, il avoue qu'il est un peu maso. Sur le chemin du Musée du Slip de Jan Bucquoy auquel il s'est engagé à faire une donation, il raconte son enfance à Jérôme Colin, son opération du coeur à huit ans, la greffe de peau de cochon, son obsession pour Jésus-Christ et l'envie de devenir prêtre. "Déjà l'envie de faire de la scène ?", glisse-t-il en riant. Rejeté par ses camarades, il mène à l'école une vie de vilain petit canard et construit son personnage d'artiste décalé. Sa plongée dans la musique, après une multitude de petits boulots, n'a pas été aussi évidente que ça : pleine de doutes. "C'était comme se lancer dans une chanson à un mariage...". Le succès ne vient qu'au bout de sept albums. Il se souvient encore de concerts à Liège et à Namur où il y avait plus d'organisateurs dans la salle que de vrai public. Mais il s'acharne et en 2005, "Robots après tout" et le fameux "Louxor j'adore", l'entraînent vers le succès. Mais la vie artistique de Philippe Katerine est loin de se limiter à la musique : il a tâté un peu de danse contemporaine avec Mathilde Monnier, ce qui l'a mené jusqu'à la scène d'Avignon. Il a aussi une passion pour le cinéma. Il compose d'abord quelques bandes originales et depuis 2001, il accumule toute une série de petits rôles, principalement dans les films de Thierry Jousse et des frères Larrieu ; on le voit aussi en Boris Vian dans le Gainsbourg de Joann Sfar, il réalise un long métrage autobiographique : " Peau de cochon " et a le premier rôle dans "Je suis un no man's land". Tous les soirs, il fait un petit dessin qui résume la journée, "une petite observation de la journée qui en dit long...". Il compte faire une exposition à Paris en février. Lorsqu'il regarde par-dessus son épaule, Philippe Katerine ne regrette rien, aucune chanson. Chaque chose qu'il a faite a été l'occasion de rencontres incroyables. Il a besoin de créer, de construire quelque chose tous les jours. "On se dit : ce truc n'existerait pas sans moi. On se prend pour Dieu. Ça dure 2 secondes, mais c'est ce qu'on veut".

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