Hep taxi ! - Arno (20/30) - 09/02/2017

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Hep taxi !

Hep taxi !

Arno

  • 37 minutes

Première question de Jérôme assis dans son taxi sur la péniche : Dites-moi : on va où ?
Première réponse d'Arno : au paradis ! On m'a dit que tout le monde est gentil là-bas. C'est chiant quand tout le monde est gentil (...) Quel Bazar (...).
Le ton est donné. Arno est en pleine forme. À 64 ans, il est plus actif que jamais, sortant son nouvel album, Future Vintage des mois à l'avance sur ce qui était prévu. Il s'y est mis dès la fin de sa tournée de deux ans. Il y exprime ses inquiétudes face à la montée des populismes et des nationalismes. Tout ce « bazar » lui fait peur. La Belgique (qu'il aime tant) existe-t-elle encore ? D'autre part, écrire vite un album pour se retrouver sur scène est une nécessité. Arno le répète à n'en plus finir : il ne peut pas vivre sans faire de concerts.

Les paysages des rives de la Sambre et les écluses défilent, puis passe la fanfare d'Acoz, qui entonne joyeusement Les filles du bord de mer. Plus loin, quelques blagues s'échangent avec les pêcheurs locaux. Arno n'a jamais vu un taxi sur une péniche, mais ça lui plaît. D'habitude, dans les taxis, il réfléchit aux textes de ses futures chansons, mais là, Jérôme ne lui en laissera pas le temps.
Quelle est l'alchimie qui a pu produire un artiste tel qu'Arno, totalement libre, sans frontières ? « Les gens qui vivent avec des frontières sont pauvres » dit-il. Lui, ça fait longtemps qu'il se définit comme européen. Un européen imprégné de sa ville d'Ostende, de ses pavés mouillés par les embruns de la mer du Nord et où on parle une langue unique : « l'Ostendu », comme il dit. Loin d'être repliée sur son jargon, c'est une ville où passaient des marins, des artistes, une ville très en connexion avec l'Angleterre depuis longtemps. Arno a grandi dans cette culture multiple, entre tradition des gens de la mer et avant-gardisme.

Il y a aussi une famille haute en couleur avec Lulu, sa mère, qui vendait du poisson à la Minque et qui aimait Juliette Greco et le cinéma d'Elia Kazan. Son père était imprégné de culture anglaise et avait été mécano sur les Spitfires en Angleterre pendant la guerre. Impossible de ne pas parler de la grand-mère, Marie-Louise Phillips, qui chantait des opérettes dans les cafés et les cinémas d'Ostende. Les femmes de la famille, qui chantaient en français autour de lui pendant toute son enfance, l'ont très fort marqué. Et puis, à l'adolescence, il y a eu la rencontre du blues afro-américain et de l'harmonica. La musique a happé Arno tout entier et il n'arrêtera plus de composer, ni de former une multitude de groupes selon ses envies artistiques du moment. Bilan : un blues-rock râpeux et authentique qui ne ressemble à aucun autre et qu'il égrène dans une trentaine d'albums dont 19 en son nom propre. Les cheveux argentés en pagaille au vent sur la péniche, Arno s'amuse. Avant de toucher terre, il prodigue quelques conseils médicaux à Jérôme, prononce quelques petites phrases savoureuses pleines de sagesse et d'humour

Détail

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