Entrez sans frapper : Spéciale Tennessee Williams sur Auvio

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La Première - Culture

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Spéciale Tennessee Williams

  • 1 h 29 min

La Ménagerie de verre, Un tramway nommé Désir, La Chatte sur un toit brûlant, Doux oiseau de jeunesse... Les œuvres du grand dramaturge et écrivain américain furent à de nombreuses reprises adaptées au cinéma. On en parle avec Séverine Danflous, qui publie "Tennessee Williams, l'écran sauvage".

« Bagarre dans la Discothèque » dès 11h30, avec Gorian Delpâture et Xavier Vanbuggenhout.

Et dès midi :

Les sorties BD avec Xavier Vanbuggenhout :

- « Undiscovered Country T01 » de Snyder, Soule et Camuncoli (Delcourt)
- « Mind MGMT : Rapport d'opérations 3/3 » de Matt Kindt (Monsieur Toussaint Louverture)
- « Batman : The Dark Prince Charming - Intégrale » de Enrico Marini (Dargaud)

L'autrice et critique de cinéma Séverine Danflous pour son essai "Tennessee Williams, l'écran sauvage" (Marest Éditeur).

Ce livre explore les liens étroits entre le dramaturge et le cinéma. En parcourant les très nombreuses adaptations de ses œuvres à l'écran, cet essai s'intéresse à différents thèmes marquants, dont la sexualité, la place des femmes, des homosexuels ou encore le rôle de la censure dans le cinéma hollywoodien. Auteur américain le plus adapté au cinéma malgré des rapports plutôt conflictuels avec Hollywood, Williams détestait la plupart des adaptations de ses pièces, et pourtant, elles ont durablement marqué l'histoire cinématographique : d'Un tramway nommé Désir à La Chatte sur un toit brûlant, en passant par Soudain l'été dernier, Baby Doll ou La Nuit de l'iguane.

Tennessee Williams dépeint un univers baigné dans une atmosphère sulfureuse, qui révèle les névroses familiales secrètement tapies dans les foyers, fustige le racisme rampant du Deep South et donne la parole aux désirs enfouis. Interprétée par le cinéma, son œuvre met en lumière les marginaux, les éclopés, vagabonds et autres artistes désargentés, en somme les grands oubliés du rêve américain sous les traits d'acteurs et d'actrices mythiques : Marlon Brando, Elizabeth Taylor ou Vivien Leigh et Anna Magnani.

L'ouvrage explore cet univers, par le biais de huit thèmes suivis d'analyses de séquences, qui rappellent la force de ces adaptations ; si les pièces du dramaturge sont souvent mutilées pour satisfaire la censure, elles conservent aujourd'hui encore tout leur pouvoir de subversion.

Le coup de cœur de Gorian Delpâture : "Friday Black" de Nana Kwame Adjei-Brenyah (Albin Michel).

Avec ce premier livre incroyablement inventif, Nana Kwame Adjei-Brenyah s'est imposé aux États-Unis comme une nouvelle voix explosive dans la lignée de Colson Whitehead et Marlon James. Entremêlant dystopie, satire et fantastique, et ses nouvelles donnent à voir avec une effarante lucidité la violence et la déshumanisation de notre monde.
Qu'il mette en scène le procès d'un Blanc accusé du meurtre effroyable de cinq enfants noirs (et qui sera acquitté), le parcours d'un jeune qui tente de faire diminuer son « degré de noirceur » pour décrocher un emploi, le quotidien d'un vendeur de centre commercial confronté à des clients devenus zombies, ou celui des employés d'un parc d'attractions faisant du racisme ordinaire une source de divertissement, AdjeiBrenyah le fait avec une maîtrise et une maturité stupéfi antes. On renferme ce livre hébété : si la fi ction peut contribuer à bousculer les mentalités, alors Friday Black est une puissante arme littéraire.

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