Entrez sans frapper : Olivier Guez/Myriam Berghe/Gorian Delpâture/Xavier Vanbuggenhout sur Auvio

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Entrez sans frapper 22/06/2021
Entrez sans frapper

La Première - Culture

Entrez sans frapper 22/06/2021

Olivier Guez/Myriam Berghe/Gorian Delpâture/Xavier Vanbuggenhout

  • 49 min

Les sorties BD de Xavier Vanbuggenhout :

- « La Machine ne ferme jamais les yeux. Une histoire de la télésurveillance de 1984 à Facebook » de Yvan Greenberg et Everett Patterson et Joe Canlas (Delcourt)
- Titeuf La grande aventure - Tome 17 » de Zep (Glénat)
- « Les cavaliers de l'apocadispe vont bien - Tome 3 » de Libon (Dupuis)
- « Lucky Luke se recycle » de Mawil (Lucky Comics/Dargaud)

Le journaliste, essayiste et écrivain français Olivier Guez pour son livre "Une passion absurde et dévorante. Écrits sur le football" (L'Observatoire).

Un soir d'été 1982, Olivier Guez assiste à son premier match de football. Il n'a pas 10 ans. Les formes pures du stade, les projecteurs aveuglants, le vert ardent de la pelouse cernée de lignes laiteuses, et les milliers de petites touches bleues qui parsèment les gradins : le vertige, l'immense frisson. Il ne s'est jamais vraiment remis de ce spectacle grandiose. Le football a donné à l'écrivain le goût des autres, et le goût du large. Au fil des voyages, il a constaté que ce sport était le miroir des nations, de leur mémoire, de leurs conflits et de leurs imaginaires. Sur un terrain de football se racontent l'identité de la France, le stalinisme et le dégel en Union soviétique, la question raciale au Brésil, la modernité de l'Argentine et de Diego Maradona, le destin de l'Allemagne de l'Est après la réunification, les ambitions planétaires du Qatar et, sous l'égide de la FIFA, les dérives du capitalisme depuis trente ans. C'est le football, cette passion absurde et dévorante que partagent des milliards d'hommes et de femmes à travers le monde, trait d'union de la planète globalisée, que décrit Olivier Guez dans un recueil de textes admirables de sincérité, entrecoupé de photographies de légende, qui vibrent pour toujours dans la mémoire de chacun.

Myriam Berghe, journaliste belge poursuivie pour trafic d'êtres humains par la justice belge pour avoir héberger des migrants, pour son livre "Chair à camions" (La Boîte à Pandore).

Au sortir d'un procès inédit, Myriam Berghe ouvre les portes d'un monde de douleurs, d'une justice inhumaine, d'un combat qui est loin d'être terminé. C'est une histoire de rencontres. Avec les "saute-frontières" de la Jungle de Calais, traqués à mort mais tellement vivants. Avec toute la misère d'un monde qui refuse d'examiner la migration sous l'angle de la solution plutôt que du problème. Avec un Égyptien à qui la justice a taillé un costume de criminel bien trop grand pour lui. C'est une histoire de complicité entre sans-papiers et Bruxellois solidaires, accusés d'avoir franchi une ligne que leur propre procès en correctionnelle doit servir à tracer. Un dialogue de sourds entre ceux qui accueillent sans juger et ceux qui jugent sans accueillir. Dans cet ouvrage rageur, Myriam Berghe raconte le calvaire. D'abord celui des migrants qui tentent de survivre dans des conditions inhumaines. Le sien, ensuite. Le statut de criminelle qui lui a été attribué parce qu'elle a fait preuve de solidarité et d'humanité.

Double coup de cœur de Gorian Delpâture : "La rivière pourquoi" de David James Duncan (Monsieur Toussaint Louverture) et "La rivière" de Peter Heller (Actes Sud).

"La rivière pourquoi" : De Portland aux côtes de l’Oregon, de torrents en cascades, de truites arc-en-ciel en saumons royaux, du désespoir à l’euphorie, qu’il croise un cadavre ou une sirène, Gus Orviston est un prodige de la pêche : même sans appât, il cherche à attraper l’insaisissable. Expulsé d’un paradis de lacs et d’affluents par des parents qui passent leur temps à s’envoyer leur canne à pêche au visage, Gus quitte le foyer familial et s’isole au bord d’une rivière idyllique où il peut enfin se plonger dans l’ascèse aquatique qu’il s’est choisi : la pêche. Et si pour lui la pêche résume le monde, le poisson en est l’énigme et au milieu, coule la rivière, ce méandre en forme de question, qui mène le jeu en interrogeant la vie et le bonheur. Avec drôlerie, sagesse et innocence, il nous entraîne dans sa quête du cours d’eau parfait, celui qui répondra à toutes ses questions. La Rivière Pourquoi est un hymne à une existence réconciliée avec nos passions et nos obsessions, avec la nature et ce que nous en faisons. C’est libre, c’est foisonnant, c’est profondément tendre. David James Duncan est un conteur hors pair, capable de dépeindre les âmes comme les paysages de façon fascinante, qui nous offre dans ces pages une aventure spirituelle en forme de roman un peu fou, poétique et surtout très drôle. C’est Kesey, c’est Harrison, c’est Brautigan.

"La rivière" : Wynn et Jack, étudiants en pleine possession de leurs moyens, s’offrent enfin la virée en canoë de leurs rêves sur le mythique fleuve Maskwa, dans le Nord du Canada. Ils ont pour eux la connaissance intime de la nature, l’exper-tise des rapides et la confiance d’une amitié solide. Mais quand, à l’horizon, s’élève la menace d’un tout-puissant feu de forêt, le rêve commence à virer au cauchemar, qui transforme la balade contemplative en course contre la montre. Ils ignorent que ce n’est que le début de l’épreuve. Parce que toujours ses histoires, profondément hu-maines, sont prétextes à s’immerger dans la beauté des paysages, et parce qu’il a lui-même descendu quelques-unes des rivières les plus dangereuses de la planète, Peter Heller dose et alterne admirablement les moments suspen-dus, l’émerveillement, la présence à l’instant, et le sur gis-sement de la peur, les accélérations cardiaques, la montée de l’adrénaline. Ses descriptions relèvent d’une osmose enchanteresse avec la nature ; ses rebondissements, d’une maîtrise quasi sadique de l’engrenage. Ce cocktail redou-tablement efficace – suspense et poésie – est sa marque de fabrique. La Rivière n’y déroge pas.

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