Dites-moi : Soeur Emmanuelle sur Auvio

tous les sites
Dites-moi

La Trois - Culture

Dites-moi

Soeur Emmanuelle

  • 1 h 1 min

Emission de 1989 Cette religieuse belge vit depuis dix-huit ans parmi les chiffonniers qui hantent les bidonvilles du Caire. Et pourtant, rien ne prédestinait cette femme à vouer sa vie aux démunis et à Dieu. Soeur Emmanuelle, de son vrai prénom Madeleine, était une enfant peu docile, difficile et très indépendante. Même sa mère, au caractère autoritaire, n'arrivait pas à avoir le dernier mot avec elle. Jeune fille, elle suivait les courants à la mode, fumait et adorait sortir et danser. Elle s'habillait avec élégance et était très coquette. Rien ne laissait présager, au premier abord, qu'elle deviendrait Soeur Emmanuelle. Pourtant petite, elle proclamait à tue-tête qu'elle serait religieuse, missionnaire et martyre. Mais comment prendre au sérieux de tels propos quand on a un caractère "révolté" ? Le jour où Madeleine prend sa décision d'entrer au couvent, sa mère n'y croit pas. Elle refuse qu'elle fasse ses adieux à ses parents et amis, sûre que quelques semaines plus tard, voire quelques jours, Madeleine reviendrait à la maison, incapable de se plier à la discipline du Carmel. Et pourtant Madeleine est devenue Soeur Emmanuelle et vit dans une petite cabane d'un des bidonvilles du Caire, au milieu des ordures. Sa cabane symbolise, à ses yeux, la relation privilégiée qu'elle a commencé avec le Christ et les chiffonniers, il y a dix-huit ans. Et pour rien au monde, elle ne quitterait cet endroit. La première fois où elle a posé le pied dans ce lieu, elle a reçu le plus grand choc de sa vie en voyant des enfants fouiller les ordures et récupérer des tomates à moitié pourries qu'ils se dépêchaient d'avaler. Là, elle a compris ce que signifiait réellement le mot pauvreté. Elle a découvert aussi que ces gens ne disposaient ni d'eau, ni d'électricité, ni de centre médical et que leur vie entière se passait au milieu des ordures. Au Caire, les ramassages d'immondices n'existent pas. Aussi, chaque matin, les chiffonniers se rendent en ville pour effectuer le ramassage qui peut durer dix heures. Tout le monde s'y met et les immondices s'accumulent dans la charrette. Tout ce qui est revendable est revendu; c'est pour cette raison que tous les détritus sont jetés pêle-mêle le long des baraques des bidonvilles et sont triés. Ce qui est inutilisable reste là, tel quel, et les gens continuent de vivre au milieu de cette décharge. Apres avoir pris conscience de ce grave problème de la pauvreté au Caire, Soeur Emmanuelle, n'allait pas se contenter d'atténuer les douleurs de ces pauvres gens. Elle a retroussé ses manches, remue ciel et terre et elle est parvenue à faire installer non loin du bidonville une fabrique de compost et d'engrais qui recyclent les immondices. Elle a aussi obtenu que soient installés une école, des centres médico-sociaux, un institut d'hygiène et il y a peu, un jardin d'enfants. Sans doute sa plus belle victoire ! Au travers de toutes ces entreprises, elle a pu "ressusciter" les enfants et rendre à leurs parents un peu de leur dignité.

Détail

Chargement ...