Coupé au Montage - Quand Percy Shelley est Coupé au Montage - 11/03/2017

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Quand Percy Shelley est Coupé au Montage

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« Quand Percy Shelley est Coupé au Montage » C'était, dit-on, le plus romantique des poètes anglais de son temps, la première moitié du 19è siècle. Il n'en avait pas moins le coeur glacé ou à tout le moins ignifugé. Percy Shelley est mort en mer, au large des côtes toscanes. Avec un ami, il avait construit un petit voilier, qui n'a pas résisté à la tempête. Les cadavres de l'équipage ont été retrouvé sur la grève, dix jours après le naufrage. En Italie, il était de coutume alors de brûler les corps à même la plage. Lord Byron et l'écrivain Leigh Hunt assistaient à la crémation. Hunt remarqua quelque chose d'étrange avec le coeur de son ami : il ne brûlait pas. A la mort de sa veuve, bien des années plus tard, son fils tomba sur un drôle d'objet, en voulant ranger ses affaires. Emballé dans un poème de Percy, il y avait son coeur, ce fameux coeur qui refusait d'être réduit en cendres, et que sa femme avait décidé de garder. Sa femme qui avait été malmenée, trompée par cet homme qu'elle aimait tant, cette homme qui avait baptisé son voilier le Dom Juan. Sa femme qui n'était autre que Mary Shelley, la mère de Frankenstein, ce savant suisse qui avait fabriqué un nouvel être en assemblant des morceaux de chair morte. L'histoire d'un monstre qui se retournait contre son créateur pour se venger d'avoir été rejeté. A sa sortie, le roman était anonyme. Mais comme Percy Shelley en avait signé la préface et que le livre était dédié à son mentor, à savoir le père de Mary Shelly, pour les lecteurs c'était une évidence : le poète en était l'auteur. Or, qui d'autre mieux que sa femme pouvait traduire auprès du lecteur les tourments et les émotions qui découlent de la perte d'un être cher, qu'on souhaite à tout prix réanimer. Dans son journal de 1815, elle racontait déjà la perte de son bébé de sept mois, et le rêve qu'elle avait fait de le ramener à la vie en le massant. Les spécialistes avaient accueilli la nouvelle de l'identité de l'auteur de « Frankenstein ou le Prométhée moderne » (de son titre exact) avec un certain dédain, pour ne pas dire dégoût. La revue British Critic avait déploré qu'elle ait, en écrivant cela, mis de côté, je cite, la « douceur inhérente à son sexe ». Mary et Percy se rencontrent par l'entremise du père de la première, journaliste et écrivain, qui tenait salon avec les intellectuels et les artistes de son temps dans sa maison. Quand elle voit Percy pour la première fois, Mary n'a que 17 ans, et lui 22. Elle tombe éperdument amoureuse de lui, et il ne lui est pas indifférent non plus. Mais il aime aussi la conquête, et puis il est déjà marié. A deux mois d'intervalle, il deviendra père de deux bébés, l'un de sa femme, l'autre de Mary. Mais l'enfant est prématuré, et il meurt. Un deuxième bébé, en bonne santé celui-là, viendra sceller leur union un an plus tard. De même que le suicide de l'épouse de Percy, qui les laisse désormais libres de se marier. Mais Percy continuera à fréquenter d'autres femmes, à les aimer et à leur dédier des poèmes. Dans les années qui suivront, ils perdront encore une fille, et leur deuxième fils. Le seul qui vivra sera l'enfant qu'ils feront ensuite, le quatrième, le dernier. Celui qui retrouvera dans le bureau de sa mère, le coeur de son père. Ce père qui disait « L'amour se flétrit sous la contrainte; son essence même est la liberté. Il n'est compatible ni avec l'obéissance, ni avec la jalousie, ni la peur. »

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