Coupé au Montage - Quand Patrick Timsit est Coupé au Montage - 04/03/2017

Retour en arrière × Vider le champs
Coupé au Montage

Coupé au Montage

Quand Patrick Timsit est Coupé au Montage

  • 3 minutes

Vous aimez Coupé au Montage ?

Ajouter cette émission à vos favoris et soyez tenu au courant des nouveaux épisodes.

« Quand Patrick Timsit est Coupé au Montage » Son dernier spectacle s'appelle On ne peut pas rire de tout, et il s'y emploie à démontrer le contraire. Patrick Timsit existe encore, il écrit, il joue, il tourne. Mais sa carrière a bien failli se prendre un mur au début des années 90, alors qu'il était en pleine ascension. A l'époque, à la question « Peut-on rire de tout ? », les parents d'un jeune homme trisomique ont répondu non. Nous sommes en 1992, Patrick Timsit joue un spectacle dans lequel il incarne un chirurgien qui a des manières de garagiste. Il lui fait dire : «Les mongoliens, c'est des prototypes. On s'en sert pour prendre des pièces détachées. C'est comme les crevettes roses, tout est bon, sauf la tête». La vanne a du mal à passer. Des associations s'indignent. Plusieurs manifestations sont organisées devant les salles où se produit l'humoriste. Il y a des appels au boycott. Des parents d'enfants handicapés s'émeuvent. Les Fauré, particulièrement heurtés, décident d'aller au tribunal. Le procès fait salle comble. On y aperçoit même le comédien belge Pascal Duqenne. Les parents prennent pour avocat un certain Gilbert Collard, connu aujourd'hui pour être un éminent membre du Front National. Un homme qui en 2014 se prononce en faveur d'une totale liberté d'expression, quand on l'interroge sur Dieudonné. Mais qui à l'époque du procès Timsit dit ceci dans sa plaidoirie : «Si on rit de tout et si on rit des événements, un jour, les événements se riront de nous. Alors on s'en voudra d'avoir confondu liberté d'expression et liberté de dérision; liberté d'expression et liberté d'exploitation.» L'avocat de l'humoriste s'étrangle. Tout ceci est un malentendu. Il souligne que ce qui est visé dans le passage incriminé, c'est justement l'ignominie de ceux qui, dans leurs pensées, leurs actes et leurs discours, rabaissent les personnes handicapées à des sacs d'organes. Timsit explique son sketch : il dit qu'il incarne bien un personnage, que c'est un chirurgien pourvu d'une mentalité de mécanicien, qui parle de ses patients comme de voitures. Il insiste : « Je ne revendique absolument pas ces propos, ils furent dits par quelqu'un d'autre que moi. » En résumé, il précise que son but était de se moquer du bourreau, pas de la victime. Dans une interview, il dira « Je crois que ça va m'inspirer un autre sketch: l'histoire d'un interprète que tout le monde assimile à son personnage. Comme si on jugeait un acteur pour avoir joué un nazi. » Mais pour l'heure l'humoriste est navré : il voulait faire rire, voire réfléchir, certainement pas faire souffrir. Les parents Fauré sont sensibles à ses arguments. Le président du tribunal suggère une conciliation. A l'issue des débats, devant le Palais de Justice, les caméras et les photographes captent des scènes de fraternisation entre les bancs adverses. Ils projettent de mettre en place une association commune destinée à ouvrir les yeux du grand public sur le monde des trisomiques et des handicapés mentaux. Fin du scandale. Cette histoire nous parle de la difficulté pour un humoriste d'exploiter un registre teinté d'ambiguité, auprès d'un public qui n'est pas dans la confidence ni dans la connivence. Résolument, Si on peut rire de tout, mieux vaut éviter de le faire avec tout le monde.

Détail

Vous aimeriez aussi

Coupé au Montage

Liens promotionnels