Matière Grise en radio : sur Auvio

tous les sites
Comment notre cerveau réagit-il face aux chocs ?

Comment notre cerveau réagit-il face aux chocs ?

  • 5 min 15 s

Tous les quatre ans, la Coupe du Monde de rugby fait se rencontrer, à très haut niveau, des joueurs au physique impressionnant, dont la puissance en mouvement entraîne parfois des chocs très spectaculaires. De tels chocs peuvent-ils entraîner des blessures autres que musculaires ? Y compris dans le cerveau des athlètes ? En tout cas, de plus en plus d'études mettent en évidence les dommages causés par des commotions cérébrales à répétition... Les sports de contacts détruisent-ils le cerveau ? En tout cas, de plus en plus d'études mettent en évidence les dommages causés par des commotions cérébrales à répétition... Une commotion cérébrale, c'est un ébranlement du cerveau dans la boîte crânienne, à la suite d'un choc violent. Lors de l'impact, le cerveau tape contre la paroi osseuse. Au moment du choc, de très nombreux neurotransmetteurs du cerveau sont stimulés et vont réagir en même temps. Cette suractivité provoque une surcharge dans le système nerveux, un orage électrique qui court-circuite le système à travers le corps. Tous les muscles se relâchent, et le sportif s'effondre. S'il y a bien un sport où le cerveau peut être malmené, c'est la boxe. En moyenne, un boxeur reçoit entre quarante et cinquante coups par round. Les conséquences à long terme des commotions ont longtemps été ignorées ou minimisées. Pourtant, près de 30% des boxeurs développeraient, après leur carrière, des symptômes de ce qu'on appelle une démence pugilistique : des troubles de l'équilibre, de la mémoire ou encore de la motricité à des degrés plus ou moins graves. Au rugby, les impacts peuvent également être énormes. Lancés à pleine vitesse, des joueurs peuvent subir des chocs qui produisent, dans leur boîte crânienne, une accélération équivalente à celle d'une voiture qui entre en choc frontal à une vitesse de 60 à 80 km/h. Des études sont menées dans un grand pays de rugby : l'Angleterre. Des chercheurs de l'Imperial College de Londres utilisent notamment des images haute résolution de chocs ayant entraîné des commotions. Ensuite, ils créent des simulations 3D des impacts pour analyser les angles, les positions du corps et les mouvements du cerveau dans la boîte crânienne lors d'une commotion. Tout le monde croit que le cerveau est comme les représentations qu'on en voit dans les cours de science : un objet solide. En fait, ça bouge plutôt comme de la gelée. Quand on sait qu'il y a des connexions très fragiles à l'intérieur, on peut imaginer les dégâts que cela peut faire. Lors d'une commotion, les différentes parties gélatineuses du cerveau vont bouger, et dans des sens contraires, ce qui va créer des forces de cisaillements. Ce sont tous ces mouvements, ces étirements qui endommagent certaines parties du cerveau et favoriseraient, à long terme, le développement de maladies dégénératives comme celle d'Alzheimer.

Détail

Matière Grise en radio

Matière grise

Chargement ...
Liens promotionnels