Comics Street : Première Née, Les Ogres-Dieux T.4 sur Auvio

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Première Née, Les Ogres-Dieux T.4

  • 2 min 31 s

Dès le début de cette série composée de quatre volumes indépendants, les lecteurs ont été au rendez-vous, appréciant une sorte de mélange entre Gulliver et Game of thrones, servi par un impressionnant dessin en noir et blanc. Dans une vallée reculée et médiévale, le scénariste Hubert et le dessinateur Gatignol ont imaginé une famille de géants régnant sur un royaume d’humains de taille normale. Les géants, dégénérés suite à leurs unions consanguines, sont cruels et sanguinaires. Chaque livre s’intéresse à un personnage et une époque. Le quatrième remonte aux temps les plus anciens du règne de ces Ogre-Dieux, lorsque le Fondateur doit choisir qui lui succédera. Et c’est là que le conte devient bien plus qu’une histoire de dark-fantasy parce que deux modèles vont s’affronter. Le Fondateur a une fille, la Première-Née, celle-là même qui donne son nom à l’album. Bragante est l’exacte contraire de son tyran de père. Étant l’aînée, cette géante qui a tué sa propre mère en venant au monde, a élevé pour ne pas dire éduqué ses frères et sœurs, convaincue que pour s’élever, il faut s’instruire. Elle-même ne cesse de lire. Mais le Fondateur ne l’entend pas de cette oreille. Et même si sa première fille gère en sous-main les affaires du royaume, il lui dénie le droit de faire autre chose que d’assurer sa descendance, de préférence avec l’un de ses fils, faisant peu de cas de la question de l’inceste. Bragante va donc entrer en résistance. C’est par le traitement graphique surtout, mais aussi par la subtilité de la narration, que les auteurs font passer les plus horribles et les plus abjects des comportements de leurs personnages pour nous intéresser à des questions d’une totale modernité : la question de l’égalité des sexes, celle de la connaissance contre la domination, le combat de l’orgueil et de la raison. Bertrand Gatignol joue admirablement de la texture de son noir et blanc, son dessin est comme enluminé et lumineux bien que souvent sombre. Il sait utiliser les échelles entre personnages pour créer du relief et réjouir l’œil. On s’étonne à chaque page de la beauté troublante de ce conte noir. Et puisqu’on parle de conte, chacun des livres de cette série compte environ 150 pages et comporte des parties de texte pur, entre les chapitres. Une manière de prolonger la lecture et de donner plus d’ampleur encore à cet univers. Les Ogres-Dieux, Tome 4, Première Née, c’est chez Soleil, dans la très belle collection Métamorphose. --- Thierry Bellefroid évoque le 9éme art, la Bande Dessinée, avec les sorties et les rééditions. Passezdu bon temps, un album à la main, le mercredi à 13h45 dans Lunch Around The Clock.

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