02 - Vous êtes ici - Les Bains à Ostende de James Ensor (2/6) - 16/07/2017

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02 - Vous êtes ici - Les Bains à Ostende de James Ensor

02 - Vous êtes ici - Les Bains à Ostende de James Ensor

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S'il a eu droit à des obsèques nationales en 1949, attendant au passage quelque 60 ans avant de rencontrer la consécration, James Ensor n'était pas du genre à verser de l'eau dans son vin. En témoigne son facétieux « Bains à Ostende », qui allie toute la bouffonnerie d'une époque - la fin du XIXe siècle -, à une féroce critique sociale. Fidèle à l'esprit irrespectueux d'Ensor, ce film adopte le ton léger et l'humour de l'œuvre qu'il interroge. Jubilatoire.

Simple bourgade de la côte (dite belge naguère, flamande aujourd'hui), Ostende a connu un essor spectaculaire sous le règne de Léopold II, devenant même pour un temps la station balnéaire la plus courue au monde ! Dans le sillage du roi bâtisseur - Ensor y installe ses quartiers d'été -, une foule composite vient s'y montrer et suivre des cures de bains de mer, désormais vivement recommandées par les médecins. Mais toute médaille a son revers. Les images idéalisées de la belle époque (et ses courbes, présentes dans les volutes de l'oeuvre) ne doivent pas nous voiler la grande misère sociale qui étouffait le petit peuple, comme en témoignent notamment les grèves d'alors, souvent réprimées dans le sang. Ces révoltes populaires et leur répression par le pouvoir, Ensor a pu y assister dans sa propre ville !

En rupture avec ses origines petit bourgeois, Ensor, qui, à l'exception de ses années d'académie à Bruxelles, n'a jamais quitté son repère ostendais, hume l'air du temps mais il ne s'est pas encore harnaché de pessimisme ni n'a inventé ces masques et squelettes hallucinants qui lui vaudront, en 1929, le titre de baron. Il n'en est qu'aux prémices de sa courte phase innovatrice, mais n'a pas encore atteint à la réputation de précurseur de l'expressionnisme.
Pourtant, en 1890, il aiguise son regard et scrute déjà, depuis sa ville adorée, les travers caricaturaux de ses contemporains. Ainsi de ces « bains à Ostende », dessin aux dimensions somme toute modestes, mais qui foisonne d'une multitude de détails croustillants, et où le peintre multiplie les allusions érotiques (il décrit un véritable bordel, dira l'érudit Patrick Florizoone) et la critique sociale (l'église, l'armée et la justice en prennent pour leur grade) !
Faisant écho au travail d'Ensor sur les bains de mer, le réalisateur a retrouvé maintes archives dont la propre voix de l'artiste n'est pas la moindre et, en contre-point, nous en propose l'interprétation toute personnelle d'un jeune artiste contemporain, Jean-Christophe Long, du collectif Fréon. Seul bémol, l'oeuvre était absente de Belgique (exposée au Japon durant l'été 2005) pendant le tournage ; contrainte cependant détournée avec malice à l'aide d'une reproduction en poster que le réalisateur vient épingler aux cimaises du Palais des Beaux-Arts, à la plus grande joie des visiteurs, convient-il de souligner.

Détail

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