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Zone de police de Bruxelles Nord : l'auditorat du travail ouvre un dossier pour harcèlement

L'auditorat du travail ouvre une enquête pour harcèlement dans la zone Bruxelles Nord
23 oct. 2020 à 10:05 - mise à jour 23 oct. 2020 à 10:05Temps de lecture2 min
Par Philippe Carlot et Fabrice Gérard

Mardi soir, à l'occasion du conseil de police, la bourgmestre (DéFI) de Schaerbeek et présidente du collège de police Cécile Jodogne qualifiait de "rumeurs" nos informations sur un climat de terreur et de harcèlement au sein de la zone de police Bruxelles Nord

L'auditorat du travail ouvre un dossier d'office

Des "rumeurs" apparemment prises au sérieux par l'auditorat du travail de Bruxelles. Ce jeudi, l'auditorat a en effet décidé d'ouvrir un dossier d'office contre x du chef, notamment, de harcèlement moral et violence au travail (il s'agit en l'espèce de violences psychiques et non physiques) sur la base de l'article 119 du code pénal social. Des devoirs d'enquête seront confiés au Comité P, l'organisme chargé des dossiers concernant des policiers. 

Pour rappel, notre enquête qualifiée de "sensationnaliste et populiste" par Cécile Jodogne, se base sur les témoignages d'une quarantaine de policiers et de civils de tous niveaux. 

Bien plus d'articles 44 qu'annoncé

La zone de police, relayée par la présidente du collège de police, justifie l'usage de l'article 44 dont les deux-tiers ont été mis en oeuvre à la demande ou avec l'accord des policiers concernés. L'article 44 est une disposition de la loi sur la fonction de police qui permet de déplacer un agent dans l'intérêt du service. Un document rédigé par un membre du personnel vient de nous parvenir. Il dresse la liste de toutes les personnes ayant soit fait l'objet d'un article 44 non consenti, soit ayant été priées de quitter la zone (en prenant une pension anticipée ou en postulant ailleurs), soit ayant choisi de s'en aller en raison du climat de travail. 

Nous arrivons au total de 30 articles 44 (plus l'un ou l'autre cas où notre informateur a un doute), soit bien plus que la douzaine annoncée (un tiers de 35) officiellement. Au total, ce sont plus de 80 personnes (calog, officiers, agents de terrain) qui ont fait l'objet d'une mesure les ayant conduits de manière forcée à changer de service ou à purement et simplement quitter la zone de police en l'espace de 5 ans, depuis l'arrivée à sa tête de Frédéric Dauphin. 

Nous avons soumis cette liste (après anonymisation de la source) à la porte-parole de la zone de police, Audrey Dereymaeker. Après une première analyse sommaire, celle-ci nous répond "nous pouvons déjà vous indiquer que plusieurs informations reprises dans ce document sont tout à fait incorrectes et mensongères. Elles ne se basent que sur des rumeurs malveillantes qui ne reflètent en rien la réalité des décisions prises. Par ailleurs, dans un certain nombre de dossiers listés dans ce document, la décision finale, validée par la zone de police, est celle proposée par le membre du personnel et de son représentant syndical".

La zone de police porte plainte

Dans un communiqué, la zone de police "s’inquiète par rapport au fait que des informations sur la vie privée de plusieurs membres de son personnel ont été collectées dans un document par une personne pour ensuite les diffuser à une tierce personne. Pour la zone de police, cette pratique est proprement scandaleuse et illégale au regard des législations sur la protection de la vie privée. La zone de police, avec l’accord de son Collège de police, introduira une action en justice contre x"

 

Harcèlement à la police, sujet traité par notre magazine Investigation du 27/05/2020

#Investigation : harcèlement à la police, le grand malaise

JT 19h30

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