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Chroniques Culture

Zombies, poulets : le BIFFF côté basse-cour

Zombies, poulets : le BIFFF côté basse-cour

Le Brussels International Fantastic Film Festival ("BIFFF" pour les intimes), reste le rendez-vous incontournable des créatures de la nuit et autres monstres pas vraiment sacrés du cinéma de genre. Petit focus danois à mi-parcours de cette 34e édition.

 

Dans les esprits, le cinéma danois est souvent relié au cinéma sulfureux de Lars Von Trier (Europa, Melancholia, Nymphomaniac) et au glacial univers de Thomas Vintenberg (Festen, La Chasse). Les deux compères du Dogme95 feraient presque oublier qu’au Danemark on peut aussi faire des films drôles, avec des zombies, des poulets ou des expérimentations génétiques, la preuve avec deux films diffusés au BIFFF en première semaine.

Men & Chicken

Men & Chicken
Men & Chicken Rolf Konow

 

Gabriel et Elias sont deux frères que tout oppose, l’un est un philosophe aspirant à une vie rangée et classique, l’autre est un masturbateur compulsif aux instincts primaires et à l’intelligence relative.

L’histoire débute à la mort du père, Gabriel et Elias apprennent qu’ils ont été adoptés. Ils se mettent alors à la recherche du Docteur Thanatos, leur généticien de géniteur qui vivrait sur une île danoise presque inhabitée. L’immense bâtisse paternelle est une véritable étable où cohabitent toutes sortes d’animaux de la ferme et trois hommes un peu timbrés, qui s’avèreront être les frères de Gabriel et Elias.


Le réalisateur Anders Thomas Jensen est un habitué du BIFFF, après Adam’s Apple, il ouvre le festival avec son Men & Chicken, comédie satirique qui semble taillée pour l’occasion. On y retrouve la face décalée de Mads Mikkelsen (qui ne joue habituellement que des rôles de méchants) et une partie du cast des autres films de Jensen Adam’s Apple et The Green Butchers. A voir absolument !

 

What We Become

L’autre film danois de la première semaine, c’est une histoire de zombies signée d’un autre Mikkelsen, Bo. Si ce créneau a déjà été surexploité ces dernières années, les morts-vivants de What we become ont au moins pour eux l’élégance danoise.

Epoque contemporaine, un étrange virus se propage, contraignant le gouvernement à prendre des mesures drastiques : la mise en quarantaine pure et simple des familles dans leur propre maison. Pernille, Dino et leurs deux enfants doivent attendre chaque jour le ravitaillement des soldats dans l’obscurité de leur maison et subir la violence sourde de l’extérieur. Dans l’incompréhension, le fils va alors explorer les alentours et découvrir la mise à mort des personnes infectées par le virus. Révolté, il va les libérer, sans savoir que ces gens n’ont plus rien d’humain.

D’après le BIFFF lui-même, What we become est "l’un des meilleurs films d’horreur européens de l’année passée". Si le pitch de base n’est pas des plus originaux (on l’a dit, les zombies c’est quand même un peu périmé), l’ironie et l’humour subtil du film apportent une véritable plus-value scénaristique et le fait se démarquer du puritanisme des films d’horreur US.

 

What we become

Côté Danemark toujours, un autre film est très attendu au BIFFF, c’est Tout en haut du monde, dimanche 10 avril à 14h. Rien à voir avec les zombies et les mutations génétiques, mais en prévision un film d’animation doux et poétique, comme une trace de rangers dans la neige.

 

Le BIFFF, du 29 mars au 10 avril à BOZAR (Rue Ravenstein 23 - 1000 Bruxelles)

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