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ZennIT Gaming : équipe et incubateur pour l’Esport à Bruxelles

ZennIT Gaming, club belge de League of Legends et asbl qui veut promouvoir l’Esport en Belgique.

À mesure que l’Esport se démocratise dans le monde, de nombreuses structures locales voient le jour et espèrent assurer leur place dans ce secteur en pleine expansion. C’est le cas de ZennIT Gaming, équipe Esport bruxelloise et incubateur de joueurs, qui s’apprête à jouer sa montée en Elite Series.

Au départ, ZennIT est une entreprise de service informatique tout ce qu’il y a de plus classique. Situé à deux pas de la place Léopold Wiener à Watermael-Boitsfort, l’atelier ressemble à tous les ateliers d’informatique du monde : ordinateurs, pièces de rechange et outils en tous genres annoncent la couleur dès l’entrée.

Pourtant, nous sommes dimanche et aujourd’hui la boutique est fermée aux clients. À la place des vendeurs, ce sont Frédéric "Kawamel" D. et Miguel "Guacka" P. qui nous accueillent à bras ouverts sur un fond sonore de "clics" presque ininterrompu. Car oui, au premier étage, une demi-douzaine de jeunes s’entraînent à League of Legends sous l’œil attentif des deux coachs.

La gaming room, mise à disposition des adhérents de ZennIT Gaming.
La gaming room, mise à disposition des adhérents de ZennIT Gaming. ZennIT

À quoi ça sert un "incubateur Esport" ?

Aujourd’hui, l’Esport est un secteur qui offre des carrières qui n’ont rien à envier à celles de certains sportifs professionnels et qui fait rêver beaucoup de jeunes. Malheureusement ce jeune secteur est également connu pour ne pas ménager ses "esportifs", comme souvent lorsque la performance est au centre des préoccupations…

Par exemple, l’Esport ne bénéficie pas encore de l’appui d’une fédération comme c’est le cas pour le sport traditionnel : l’éditeur du jeu est seul maître à bord et cela peut poser de nombreux problèmes de régulation. Ce n’est qu’avec l’apparition récente des agents de joueurs que ces derniers ont vu leurs intérêts défendus pour la première fois !

En Belgique, on a l’habitude que les talents aillent ailleurs. En fait, on est voué à produire des talents

Mais plus qu’une équipe, ZennIT est aussi un incubateur local dont la mission est de promouvoir l’Esport en Belgique. Actuellement consacrée exclusivement à League of Legends, la structure propose un encadrement, du coaching et des entraînements hebdomadaires à ses adhérents.

Le but ? Venir en aide aux jeunes souhaitant se professionnaliser, et leur offrir un cadre optimal pour leur développement dans ce secteur. A terme, l’objectif est également de pouvoir garder ces jeunes talents au maximum sur notre territoire et ne plus les voir s’exporter en France ou aux Etats-Unis comme c’est souvent le cas aujourd’hui.

Raphaël Targamas Crabbé, joueur belge de League of Legends, est d’abord passé par la France avant d’arriver en LEC, soit le plus haut niveau européen.
Raphaël Targamas Crabbé, joueur belge de League of Legends, est d’abord passé par la France avant d’arriver en LEC, soit le plus haut niveau européen. Riot Games

Dans une récente interview pour la RTBF, Raphaël "Targamas" Crabbé, joueur belge de League of Legends qualifié aux Worlds déclarait :

"Je pense que l’important c’est d’essayer, de soutenir l’écosystème local, essayer d’avoir un max de jeunes joueurs belges qui s’y mettent et qui puissent voir un avenir dans l’Esport. […] En Belgique on a l’habitude que les talents aillent ailleurs. En fait, on est voué à produire des talents, et s’ils vont voir ailleurs pour aller plus loin dans leur carrière c’est la suite logique."

L’Esport en Belgique

En Belgique on est encore loin des situations de nos voisins, la France et l’Allemagne étant les deux locomotives européennes de l’Esport, et à des années-lumière de l’Asie, véritable pionnière dans ce secteur.

"Face à ce challenge, s’unir pour trouver des solutions est primordial" annonçait Gilles Tinant, coordinateur général de l’association Esport de l’ULB. Au-delà des initiatives locales, l’Esport en Belgique doit encore se pérenniser et devenir attractif pour les sponsors et les futures équipes. En 2019, le comité interne d’Esports Europe a choisi d’établir son siège à Bruxelles traduisant, espérons-le, une volonté d’y développer ce secteur.

Les Elite Series : un bon début

Les Elite Series, la compétition officielle de League of Legends du Benelux, se sont récemment terminées sur une victoire des Néerlandais de "The Agency". C’est désormais le moment de jouer les relégations et promotions des équipes pour l’année à venir, et ZennIT a réussi à qualifier son équipe academy pour jouer la promotion.

En d’autres termes : l’incubateur fonctionne.

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Nous avons pu interroger Kawamel, le coach de ZennIT, quelques jours avant ces fameux matchs de promotion.

Ça implique quoi de jouer à League of Legends et de viser les Elite Series en Belgique ?

Kawamel : Chez nous on est facilement sur 3 à 4 soirées minimum de jeu d’équipe, des sessions de 3 à 4 heures, et en plus de ça on demande aux joueurs d’avoir une implication personnelle dans le jeu, histoire d’avoir aussi un entraînement singulier et que le joueur soit toujours dans la meilleure forme possible. Là on est sur du trois heures par jour en moyenne, même si les joueurs le font d’eux-mêmes parce que ce sont des passionnés et ils aiment le jeu.

On n’est pas des professionnels non plus, et on a encore pas mal d’étudiants donc ça dépend beaucoup des occupations de chacun.

 

Et justement, comment s’en sortent les étudiants ? Est-ce que les universités font des aménagements particuliers ?

: Je sais que certaines universités sont plus impliquées que d’autres dans des projets Esportifs, je pense à l’université à Mons, l’Agem et l’ULB par exemple mais il y en a d’autres. Mais ça reste encore assez limité : les établissements ont un club, une équipe mais ça s’arrête là, pas d’aménagement d’horaire, de programme particulier ou de contrepartie particulière de la part de ces universités.

 

Et du coup en Belgique, on en est où côté Esport ?

Ça se développe ! D’année en année, et heureusement, mais c’est clair qu’on est toujours un petit peu à la traîne par rapport à nos voisins… Après, on est un petit peu coincé entre l’Allemagne et la France qui sont pionnières. Mais oui, ça s’améliore d’année en année. Là par exemple les Elite Series sont arrivées l’année passée, donc c’est quelque chose d’assez récent, et clairement chaque année il y a une amélioration en termes de cadre, de professionnalisme.

Je pense que la discipline prend de plus en plus d’ampleur et d’intérêt donc on a des bons espoirs pour le futur.

 

À surveiller donc !

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