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Coronavirus en Belgique : "Quel est l'intérêt de maintenir sports, événements, parcs animaliers ?", dénoncent les professionnels de la santé

Yves Coppieters: "Je ne pense pas que les mesures seront suffisantes"

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23 oct. 2020 à 08:49 - mise à jour 23 oct. 2020 à 09:363 min
Par M.F.

De nouvelles mesures destinées à endiguer la propagation de coronavirus ont été annoncées ce vendredi. Loin de rencontrer les attentes de nombreux experts des soins de santé, elles sont jugées insuffisantes. Les attentes des professionnels de la santé en Belgique étaient sans doute plus hautes que les mesures qui ont été prises. Suite à la conférence de presse du comité de concertation, ce sont plusieurs voix qui s’élèvent pour critiquer le manque de responsabilités prises par les politiques belges.

"On attendait des mesures fortes pendant un mois pour casser une fois pour toutes ces chaînes de transmission et aplatir la courbe, je ne pense pas que les mesures qui ont été annoncées aujourd’hui et qui sont la prolongation des mesures annoncées la semaine dernière, seront suffisantes", a déploré Yves Coppieters, professeur de Santé publique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). L’expert était interrogé au micro de la RTBF juste après l’annonce des nouvelles mesures prises par les autorités belges face à l’augmentation constante du nombre de personnes testées positives au coronavirus.


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Dans les hôpitaux, la déception est la même. "Je pense que comme beaucoup de mes collègues, on s’attendait à quelque chose de plus fort. Je pense qu’on ne mesure pas l’ampleur et la réalité de ce qu’il est en train de se passer dans les hôpitaux", estime Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Selon elle, la situation actuelle dans les hôpitaux liégeois, namurois ou encore carolos est une preuve de la gravité de la situation. "Ils sont en train de dépasser ce qu’on a vécu pendant la première vague", pointe-t-elle.

Cette infectiologue qui vit au quotidien la situation dans nos lieux de santé estime que les décisions annoncées à l’issue du comité de concertation son incohérentes. "Je ne vois pas trop quel est l’intérêt de maintenir encore des sports, des événements, des parcs animaliers. Je pense qu’à un moment donner il faut faire des choix mais il faut prioriser les choix justement.Comme son homologue Marius Gilbert, elle invite les Belges à se plier aux règles mais déplore des mesures qui ne vont pas "suffisamment loin". "Je crois qu’il faut que les gens prennent conscience que la situation est grave mais on ne peut pas non plus donner un signal qui ne va pas suffisamment loin dans le sens de ce message qui doit être fort", se plaint-elle.


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Certaines mesures pourraient être efficaces, d’autres non

Nicolas Dauby, spécialiste des maladies infectieuses au CHU Saint-Pierre de Bruxelles, a de sont côté commenté sur Twitter que les mesures étaients "trop petites" et "trop tard, comme en Mars".

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Selon Yves Coppieters, les seules mesures qui pourront influer sur les chiffres dans les semaines à venir sont celles qui concernent les matchs joués à huis clos dans les stades de football, le durcissement des règles dans l’enseignement supérieur et éventuellement celles qui visent à désengorger les transports en commun. L’expert dénonce toutefois des mesures approximatives et qui manquent de profondeur. "Tant qu’on ne fermera pas ces écoles supérieures, les jeunes resteront quand même dans leurs kots, donc toutes les activités extra seront quand même toujours favorisées par le fait que les écoles restent ouvertes", pointe-t-il par exemple.

"Les autres mesures sont des mesures sous-sectorielles qui ne concernent qu’une partie de la population", conclut-il. Le professeur de l’ULB ne cache pas sa déception : "On est dans une période critique, on pensait même qu’au niveau de l’enseignement, on pouvait jouer avec les vacances de Toussaint pour désengorger les transmissions milieu scolaire et ce n’est même pas du tout envisagé.". Je pense qu’on est dans une inconnue, ils prennent le risque que leurs mesures soient efficaces, on l’espère tous mais ce n’est pas du tout sûr.

Leïla Belkhir plaide quant à elle pour un "break" : "La situation elle est critique, elle est déjà quasi dépassée dans certaines zones en Belgique. Si on veut récupérer le contrôle, il faut veiller à rester chez soi le maximum, maintenir la continuité des soins mais tout ce qui n’est pas essentiel, il faut pouvoir faire un break de plusieurs semaines."

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