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Yvan Mayeur veut réformer sa police en insistant sur la proximité

Yvan Mayeur veut réformer sa police en insistant sur la proximité

Ces derniers temps, les rapports sont quelque peu tendus avec les services de police. Plusieurs affaires sont venues écorner l’image des forces de l’ordre de la capitale. Des bavures, comme on les appelle, qui ont eu la fâcheuse habitude de se multiplier ; l’une d’entre elles va d’ailleurs se retrouver devant la justice tout prochainement (la Ville de Bruxelles s’est constituée partie civile).

Mais ces bavures, finalement, n’est-ce pas là la preuve qu’il faut revoir le fonctionnement des zones de police ? La question est volontairement directe. La réponse d’Yvan Mayeur tout autant : "J’ai décidé en effet, en accord avec la hiérarchie de la police, de transformer certaines choses. Aujourd’hui, nous avons une police qui est excellente lorsqu’il s’agit d’accueillir Barack Obama ou d’organiser les sommets européens. On a un niveau de qualité qui est reconnu, même sur le plan international. Moi, je veux cette même qualité pour les Bruxellois, dans les quartiers !"

La proximité aussi importante que Barack Obama

Yvan Mayeur a la ferme intention de proposer au collège (la semaine prochaine) une réorganisation de la police. "On crée une direction-générale qui va s’occuper de la police de proximité, avec une nouvelle stratégie."

Côté pile: être présent dans les quartiers et mieux répondre aux besoins de la population. Côté face : "faire en sorte aussi que la police de proximité soit attractive pour les policiers. Je comprends que c’est prestigieux d’accompagner Obama, mais cela doit être tout aussi prestigieux d’accompagner les gens dans les quartiers. C’est le sens de la réforme que je vais proposer la semaine prochaine et qui sera débattue pendant tout le mois de septembre au collège, puis au conseil communal."

Les caméras dans les commissariats : qu’est-ce que ça a donné ?

Des mesures avaient déjà été prises dans le courant du mois de juin, en réponse à ces gênantes affaires de "bavures" (qui ne sont pas toutes dues aux pratiques policières, précisons-le). Ainsi, des caméras de surveillance ont été placées dans les commissariats. Deux mois après, quel bilan peut-on tirer de leur présence ?

"Les caméras sont installées dans le commissariat central (qui fait 80% des arrestations de la zone). En peu de temps, on a pratiquement abandonné les plaintes émanant des gens, parce que tout le monde est plus attentif. On sait qu’il existe des preuves formelles désormais, sur le comportement des uns et des autres. Cela sert aussi à protéger les policiers et de les réhabiliter en cas d’accusations mensongères."

Réouverture du Musée juif : "Dommage qu’on soit tout seul"

Ce dimanche, le Musée juif de Bruxelles rouvre ses portes, quelques mois après la tuerie qui reste gravée dans toutes les mémoires. Là-aussi, des mesures particulières sont à signaler, essentiellement au niveau de la sécurité.

"Si le conseil communal de ce (lundi) soir l’accepte, lance Yvan Mayeur, je passe un point en urgence : un investissement d’une trentaine de milliers d’euros pour sécuriser le site. Notamment par un portique de sécurité et un agent de sécurité supplémentaire. La ville de Bruxelles fera l’effort nécessaire pour que le Musée puisse rouvrir dans des conditions de sécurité renforcées."

Dans la réponse du bourgmestre, une pointe de regret : pourquoi la Ville doit-elle prendre en charge (seule) ces frais ? "Je suis choqué par le fait que tout le monde s’est précipité pour soutenir le Musée juif au moment de la tuerie pour condamner ce qui s’y est passé… Et aujourd’hui, quand il faut prendre des mesures, c’est la ville de Bruxelles qui doit les prendre. Je regrette un peu que le fédéral, sur ce coup-là, ne soit pas présent. Le ministère de l’Intérieur ne nous suit pas."

La Ville réalise donc l’investissement seule. "C’est dommage mais on ne pouvait pas passer à côté et ne pas permettre la réouverture. Symboliquement, c’était très important, surtout quand on voit l’actualité du jour…"

Et le piétonnier ? Toujours d’actualité ?

"Quand j’ai pris mes fonctions, c’est la première mesure que j’ai annoncée : la création d’un immense piétonnier en centre-ville. Nous y sommes pratiquement puisque le projet est présenté ce jeudi au collège."

En toute logique (comprenez : sans aucune anicroche), le projet devrait être présenté aux Bruxellois avant la fin de l’année.

RTBF

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