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US Open

Ysaline Bonaventure soumise à des mesures sanitaires plus strictes, pour avoir joué aux cartes avec Benoît Paire

Ysaline Bonaventure

Il faut le rappeler d’emblée, personne n’a rien fait de mal dans cette histoire, et surtout pas les joueurs et les joueuses qui sont maintenant "victimes" d’un manque de chance évident.

Rappel des épisodes précédents… Dimanche, à la veille du début de l’US Open, on apprenait que le Français Benoît Paire était positif au coronavirus, et était retiré du tableau. Pourtant, à New York, les joueurs sont dans une bulle. Ils ne peuvent sortir de leur hôtel que pour aller au stade, et vice-versa. Comment Benoît Paire a-t-il été contaminé ? Mystère…

Les organisateurs du tournoi ne veulent évidemment pas que le virus se propage et que leur événement soit en danger. Les services de santé ont enquêté, et ont recherché les personnes avec lesquelles Paire avait eu des contacts.

Ils se sont notamment focalisés sur une partie de cartes, qui a eu lieu il y a quelques jours. Ceux qui y ont participé ont été contactés. Et Ysaline Bonaventure en fait partie. Après avoir craint d’être, elle aussi, exclue du tournoi, elle a pu jouer son premier tour. Et le gagner. Mais, comme d’autres, elle est désormais soumise à un protocole sanitaire beaucoup plus strict. Sa chambre et le stade sont maintenant ses seuls horizons.

Le gros stress passé, elle tente de prendre les choses avec philosophie…

Ysaline, quelle est votre situation actuelle ? Vous faites bien partie de ces joueurs et joueuses qui sont placés dans une "bulle dans la bulle" ?

Malheureusement, oui. Il faut savoir que ce n’est vraiment pas de chance. J’ai été assise à la même table que Benoît Paire, alors que je n’avais pas été en contact avec lui depuis le début du tournoi. Ca a été un peu la panique, il y a deux jours, quand j’ai reçu un appel de la WTA, et qu’on me signalait que je faisais partie de ces joueurs et joueuses-là. Cela a été très compliqué mentalement. D’abord, je ne savais pas si j’allais pouvoir jouer. Et puis, toutes les mesures mises en place ne sont pas "top-top". On ne peut pas sortir, sauf pour s’entraîner et jouer nos matches. On n’a plus accès aux vestiaires, ni au restaurant, ni au fitness. Tout cela a été mis en place pour qu’on ne croise personne, à part notre coach. La Fédération Américaine et la WTA ont vraiment fait de leur mieux pour nous mettre dans les meilleures conditions possibles, mais c’est très compliqué. Et mentalement, c’était très difficile à encaisser. Je n’avais pas fréquenté Benoît pendant plusieurs jours, et là, ça a été trente minutes, même pas, le temps d’une partie de cartes. Mais comme c’était dans les quarante-huit heures qui ont précédé son résultat positif, j’étais dans la liste.

Vous avez bien réussi à faire la part des choses, parce que cela ne vous a pas empêché de bien jouer, et donc de gagner…

Cela m’a perturbée aux entraînements, parce que je me disais que c’était injuste et que je n’avais vraiment pas eu de chance. Maintenant, il faut relativiser aussi. On est sur un Grand Chelem. Et même si on est dans des conditions compliquées, qu’on est isolés, que je ne peux pas sortir de ma chambre, rien que le fait de savoir ce que l’on va gagner après un seul match de tennis, ça nous fait retomber les pieds sur terre. On sait que les gens doivent bosser pendant plusieurs années pour gagner ce qu’on va gagner en un match. Donc je n’ai pas fait ma princesse sur ce coup-là. Je me suis dit que c’était une opportunité à saisir. Et même si c’était très compliqué mentalement, j’ai bien réussi à faire la part des choses.

Mais vous n’en avez pas parlé avant votre rencontre…

Je voulais éviter le sujet avant mon match, parce que je ne voulais pas qu’on me pose plein de questions. Je ne voulais pas me faire juger par des gens qui ne savent pas vraiment ce qui se passe dans cette fameuse bulle. Certains commencent à dire qu’on n’a pas respecté les règles, parce qu’on était assis à cette table. Mais on avait tous nos masques, et on gardait tous nos distances. Ce n’est vraiment pas de chance de se retrouver là, à ce moment-là. On était tous dehors, à jouer à des jeux de société, ou au golf. Il y a plein d’activités prévues. Mais là, c’est juste le fait de se retrouver à côté d’une personne testée positive, qui a fait qu’on a dû s’isoler un peu plus.

Ecoutez Ysaline Bonaventure…

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