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YAWNERS : le rock percutant et généreux made in Madrid d’Elena Nieto !

© – Neelam Khan Vela

28 sept. 2022 à 13:18Temps de lecture3 min
Par Aline Glaudot

Elle a la fraîcheur et la dégaine d’une éternelle ado ; casquette bien vissée sur un carré décoloré, Vans et hoodie oversize, Elena Nieto aka Yawners viendra faire vrombir les cordes de sa guitare le temps d’un soir au Witloof bar du Botanique. L’occasion pour nous de vous dresser le portrait succin de cette jeune madrilène dont les morceaux indie-rock empruntent autant à Weezer et Pavement qu’à Julien Baker et Snail Mail.

On en parle peu souvent finalement de la scène espagnole à guitares. Si celle-ci a un peu plus de mal à passer les frontières, elle ne reste pas moins en totale ébullition et Elena de confirmer : "Ça fait 4-5 ans que la scène musicale madrilène est dingue. De nouveaux groupes se forment tous le temps et remplissent les salles de concerts tous les jours de la semaine. Souvent tu dois choisir entre aller voir l’un ou l’autre tellement tu as le choix. Je pense qu’on a construit une chouette communauté de musiciens et d’amis. Madrid est dans un 'really good moment' musicalement. Je pense la même chose du reste de l’Espagne : la musique espagnole, comme la musique sud-américaine se porte bien et l'’impact du rock est assez énorme."

From Madrid and beyond

Yawners est un projet né en 2015 d’une amitié entre deux mélomanes dans la petite ville de Salamanca, dans le nord de l’Espagne. Elena Nieto est alors guitariste et étudiante en traduction à l’Université. Dans le cadre d’un Erasmus, elle part étudier en Allemagne, imposant au duo d’interrompre ses activités. Qu’à cela ne tienne, chez nos voisins germains, Elena fait la connaissance d’un batteur et continue de jouer.

Elena grandit comme nombreux d’entre nous en écoutant le punk-rock américain des années 2000 et ses figures de proue comme Sum 41, Blink 182 et Green day. Plus tard, elle potasse les classiques des années 90 et se passionne pour Pavement, The Breeders et plus que tout, la musique et le style des Weezer (cfr le morceau "Rivers Cuemo", titre dédié sur son dernier album).

En 2019, forte de son expérience allemande et de ses rencontres, elle sort son premier album “Just calm down”, aux sonorités pop et punk, habile mélange de son héritage musicale adolescent et de sonorités à la Snail Mail, Julien Baker ou Tiger Jaws. Un premier album écrit exclusivement en anglais à l’exception d' UNE chanson, “La Escalera”. Véritable carton en Espagne, ce titre permettra à la jeune Elana d’attirer l’attention des médias étrangers.

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"Duplo", double

Confiante et boostée par le succès de ce premier disque, Elena se lance dans l’écriture du second au retour d’une première tournée. Nous sommes alors en 2020 et comme nombreux musiciens, elle profite de l’arrêt forcé imposé par le lockdown pour prendre le temps de composer.

Musicalement plus produit, maîtrisé, elle délivre un second opus "Duplo" un brin moins punk que le premier : " 'Juste calm down' a pris moins de temps à être enregistré en studio, je pense qu’il était plus simple que le deuxième. "Duplo" j’ai eu tout le temps d’y travailler pendant le lockdown et d’enregistrer des démos chez moi. Il est clairement plus complexe, il y a plus de couches d’instruments et plus d’instruments différents."

Plus sensé aussi, confinement oblige : "Je pense que durant cette période, tout le monde était en train de penser au sens de sa vie, aux chemins empruntés, aux paradoxes et l’album parle cette dualité, d’où le titre, "Duplo" (double). Le fait que tu as toujours le choix dans la vie d’emprunter un chemin ou l’autre sans savoir lequel est le bon."

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Sorti en mai 2022, "Duplo" va permettre à Yawners d’être distribué par le label anglais Big Scary Monsters (American Football) séduit notamment pour la dualité de la langue : "Dans le premier album, j’ai beaucoup écrit en anglais, je n’avais qu’un son en espagnol or ce son a vraiment bien marché ici en Espagne et m’a donné de la confiance pour écrire encore plus en espagnol. C’est marrant, il m’est parfois plus simple d’écrire ce que je ressens en anglais que dans ma langue maternelle. Mais pour ce second album, je voulais vraiment faire moitié, moitié."

Le rock percutant et vivifiant de ce petit bout de femme est à venir découvrir au Witloof bar du Botanique le 30 septembre prochain.

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