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Anderlecht

Yari Verschaeren, aujourd'hui le sourire n'est plus de façade

Yari Verschaeren, double buteur contre le Beerschot.
28 déc. 2021 à 18:263 min
Par Antoine Hick

L’avait-on enterré trop tôt ? La question mérite d’être posée. En pleine bourre avec Anderlecht depuis quelques semaines, Yari Verschaeren doit savourer ce retour au premier plan. Décisif contre le Beerschot, il a planté le premier doublé de sa jeune carrière. Et confirmé qu’en football, tout peut parfois aller très vite. Parce qu’il y a quelques mois à peine, le sourire n’était que de façade chez cet éternel optimiste, coincé sur le banc de touche de Vincent Kompany.

15 titularisations en 21 matches. Sur papier, les statistiques de Yari Verschaeren en Pro League cette saison sont loin d’être faméliques. Elles témoignent même d’une vraie confiance de la part du staff griffé Kompany.

Sauf que quand on creuse, on se rend compte qu’elles peuvent être trompeuses. Verschaeren est un membre important du dispositif bruxellois, c’est indéniable. Mais il n’est pas encore l’immuable taulier qu’il aurait sans doute espéré être.

La preuve, entre août et début décembre, Verschaeren ne dispute l’intégralité d’un match qu’à… 2 reprises (sur 16). Remplacé en cours de match, monté au jeu pour la dernière demi-heure, Mr Yo-Yo oscille entre le terrain et le banc de touche. Frustrant refrain pour cet affamé de football : “Je me donne 5 ou 6 sur 10 pour mon début de saison. J’étais trop souvent sur le banc. Moi, je ne suis que satisfait quand je joue quasiment tous les matches. Evidemment que je suis content quand l’équipe gagne, mais je pense aussi à mes statistiques” analysait-il récemment dans les colonnes de Gazet van Antwerpen.

1 but, 2 passes décisives en 3 mois : bilan décevant

Yari Verschaeren chez les Diables rouges.

Des statistiques en berne qui lui coûtent probablement un rôle plus important. Volontaire mais encore un peu trop court physiquement, inspiré mais trop peu décisif (1 but, 2 passes décisives entre septembre et décembre), Verschaeren chasse le niveau qui était le sien avant sa lourde blessure à la cheville en 2020. Ce niveau qui avait fait de lui l’une des promesses les plus intrigantes de Neerpede et l’un des chouchous de Roberto Martinez.

Mais rien n’y fait et à l’image d’une jeunesse neerpedienne parfois trop naïve, il court après un semblant de continuité sur le le terrain. Résultat, la confiance en prend un coup. Verschaeren est présent dans le jeu mais n’a plus ce zeste d’insouciance et de vista qui faisait le sel de ses débuts encourageants.

Evincé du giron des Diables depuis fin 2020, il mange donc son pain noir en silence, dans l’attente de jours meilleurs. Un renouveau qui survient brutalement, alors qu’un Anderlecht en nette progression mais trop erratique, enchaîne les matches nuls.

Conscient qu’il faut modifier quelque chose, Vincent Kompany relance Lior Refaelov et Yari Verschaeren. Deux distributeurs, deux manieurs de ballons. Deux hommes aux profils similaires qui aiment avoir le jeu devant eux. Et autant de raisons pour se marcher sur les pieds.

Yari, le Beerschot pleure

Mais l’audace de Kompany paie et le système à deux distributeurs porte ses fruits. Olsson et Cullen abonnés aux tâches ingrates, le détonnant tandem Refaelov-Verschaeren peut se focaliser sur ce qu’il fait de mieux : tenter de décanter le jeu sur un geste, une passe bien sentie. Et si l’organisation offensive des Mauves est loin d’être parfaite, les chiffres, eux, parlent d’eux-mêmes.

Depuis que les deux hommes sont titulaires indiscutables (5 décembre à Zulte), Anderlecht vient de planter 22 buts en 6 matches (3,6 buts/match), toutes compétitions confondues. Plus globalement, les Mauves ont fait trembler les filets à 50 reprises en 21 matches de Pro League, soit une fois de moins que… sur l’ensemble de la saison précédente.

Tout n’est évidemment pas à mettre au crédit du seul Verschaeren mais force est de constater que la bonne série en cours du Sporting porte aussi le sceau du jeune ket bruxellois. Un Verschaeren qui savoure et souligne l’apport de Lior, le grand frère, à ses côtés : "On s’entend bien. Alignez-nous en même temps et il peut toujours se passer quelque chose. Je n’en ai jamais douté. On s’est trouvé. On permute beaucoup, ça déstabilise les défenses. J’apprends énormément".

Passeur décisif en coupe contre Courtrai, double buteur opportuniste face au Beerschot, Verschaeren renaît de ses cendres au meilleur des moments. À moins d’un an du Mondial qatari. Alors, peut-il endosser la cape d’invité surprise comme des Januzaj ou Origi avaient su le faire avant lui ? C’est peut-être encore trop tôt pour le dire.

Mais une chose est sûre. Alors qu’il semblait en nette perte de vitesse il y a quelques mois, le jeune Belge a retrouvé la foi et le sourire. Et cette place parmi les 23 Diables, qui paraissait plus qu’utopique il y a quelques semaines à peine, redevient envisageable. Loin d’être garantie mais à nouveau envisageable. Encore va-t-il désormais falloir confirmer. Et c'est peut-être ça le plus dur.

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