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WRC : Sébastien Ogier – Julien Ingrassia, ou l’art de clore leur histoire commune en apothéose

WRC : Sébastien Ogier – Julien Ingrassia, ou l’art de clore leur histoire commune en apothéose
21 nov. 2021 à 15:44Temps de lecture2 min
Par Antoine Hick

Monza, Temple de la vitesse. La ligne d’arrivée de la 16e et dernière spéciale du Rallye de Monza est à peine franchie mais Sébastien Ogier et Julien Ingrassia se tombent déjà dans les bras. La poignée de mains, franche et démonstrative entre les deux hommes, illustre la fierté qui habite l’inséparable binôme. Eux qui sont d’ordinaire plutôt avares en célébrations exubérantes, laissent pour une fois éclater leur joie commune.

Quelques mètres plus loin, sous les clameurs d’une foule acquise à leur cause, ils sortent finalement de leur véhicule, le sourire jusqu’aux oreilles et en se tombant presque machinalement dans les bras. S’extirpant de l’étreinte de son coéquipier de toujours, Ogier interroge la journaliste présente sur place. "On est champion du monde. Mais je ne me suis même pas encore posé la question… est-ce que qu’on a gagné le Rallye ?"

Le hochement de tête affirmatif de la journaliste ne laisse plus de place au doute. Le tandem Ogier – Ingrassia est champion du monde mais vient aussi de remporter, avec panache, la dernière manche de la saison. Le triomphe est total.

Instinctivement, Ogier lève le doigt vers Ingrassia, qui célèbre son départ victorieux à la retraite en dansant sur le toit de sa Toyota. Un doigt levé comme pour lui rendre un dernier hommage. Et prouver, s’il le fallait encore, que ce nouveau titre c’est en binôme qu’ils l’ont arraché.

"Que Julien garde son téléphone allumé pour l’avenir"

Forcément, c’est heureux, fiers et un tantinet émus que les deux hommes se sont présentés au micro d’Olivier Gaspard. Ils le savaient avant d’arriver, Monza était leur dernière course commune. Après, leurs chemins se sépareront et Ingrassia se retirera du circuit. Impossible doncde mieux finir cette collaboration entamée il y a près de 15 ans.

"Au delà du titre et de la victoire, l’émotion la plus forte elle est avec Julien. C’est la fin de cette super aventure ensemble, de ces 15 années incroyables. On n’aurait jamais imaginé vivre ça, toutes ces émotions, aller chercher tous ces titres. C’est bizarre de dire que ça s’arrête. En passant la ligne d’arrivée, on se rend compte qu’on est champion et qu’on a gagné. Mais l’émotion la plus forte c’est de dire à Julien qu’il va ma manquer… et qu’il garde quand même son téléphone allumé pour l’avenir. Il n’y avait pas de meilleur scénario pour son départ à la retraite. J’aimerais savoir ce qui lui est passé par la tête à ce moment-là" rigolait Sébastien Ogier.

Aux interrogations légitimes de son coéquipier, Ingrassia a répondu dans la foulée. Peut-être encore un peu plus ému que son pilote, il savourait : "C’est peut-être un peu trop pour un seul homme ce qu’il m’arrive. Instantanément, on s’est tombé dans les bras après l’arrivée. Comme s’il y avait 15 années de pression, de travail, de folie, de vitesse qui s’évaporait d’un coup.

À l’approche de ce rallye, on n’était pas les favoris. Je me suis mis dans ma bulle, je savais que c’était ma dernière course. Il y avait pas mal de pression. Ça nous a permis de vivre une course et un combat de folie. Moi personnellement, ça faisait bien dix ans que je n’avais plus vécu de course comme celle là sur asphalte. C’était une bagarre d’un ancien temps. Un espèce de ping-pong entre Evans et nous. C’est génial de finir là-dessus après une baston d’anthologie."

Une baston finalement tombée dans l’escarcelle des Français, plus réguliers. Sébastien Ogier – Julien Ingrassia, ou l’art de clore leur histoire commune en apothéose.

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