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D1B Pro League

White Star: Quid des jeunes ?

White Star: Quid des jeunes ?
09 mai 2016 à 08:14 - mise à jour 09 mai 2016 à 08:145 min
Par Jacques Delise

On l’a à peine évoqué en marge de " l’affaire " de la licence du Royal White Star Bruxelles, mais derrière le refus de la CBAS d’accorder au club la dite-licence (signifiant de facto sa rétrogradation en Division 1 amateur, soit l’actuelle D3), il y a l’avenir d’une école de jeunes comptant à peu près 650 affiliés qui est évidemment mis en péril.

Voilà pourquoi, Monsieur Ahmed El Khannouss, qui est Echevin des Sports (cdH) de la commune de Molenbeek, mais aussi président du CA de l’asbl " Ecole de Formation des Jeunes de Molenbeek-Saint-Jean " (une asbl en cours de mise en liquidation, depuis bien avant " l’affaire licence "), a annoncé qu’il introduirait (en son nom propre, et avec des parents) un recours en extrême urgence contre la décision de la CBAS.

Il faut savoir, aussi, que si cette asbl est en cours de mise en liquidation, ses activités (et donc ses jeunes) ont été repris(es) par une autre asbl, " Royal White Star Bruxelles Jeunes ", présidée par Monsieur Moïse Boissy.

En précisant cela, on comprend qu’il y a donc encore, en théorie, deux entités existantes concernant les jeunes footballeurs de ce que l’on appelle communément " L’Ecole de Jeunes du White Star ". Et on comprend que de là vient sans doute une bonne partie du conflit entre la Commune (en tout son Collège) et le RWSB, qui s’est formalisé le 6 avril dernier par une rupture de la convention qui, entre autres obligations, autorisait le club à utiliser toutes les installations du Stade Machtens pour une durée indéterminée.

En fait, les motivations de cette rupture, qu’elles soient justifiées ou non, ont été invariablement précisées par la Commune (et singulièrement la Bourgmestre, Mme Françoise Schepmans (MR) comme étant : mésentente entre le White Star et le RWDM renaissant (colocataire du stade), manquements du WS dans certaines obligations de locataire principal du stade, non-paiement de trop nombreuses factures (chauffage, électricité, entretien, services de police, etc). Et en filigrane le " non-respect de certaines obligations du White Star envers l’école de jeunes ".

Ont été épinglées par la Bourgmestre (mais démenties par quelques cadres de la dite-école) " des annulations de matches et des annulations d’entraînement " pour différentes catégories d’âges. Que cela soit vrai ou pas, on note quand même que dans la nouvelle convention, votée en urgence par le Conseil communal ce mardi 3 mai, la Commune insiste sur le fait que le " processus de reprise [de l’école de Molenbeek par l’école du White Star] doit être formalisé et finalisé incessamment. ".

Ce qui laisse à penser que ce processus n’était pas vraiment suivi par le club de John Bico.

Rappelons que cette nouvelle convention (bilatérale) avait été proposée au White Star le lundi 25 avril (quelques jours avant le dernier match de championnat), et qu’elle concernait donc toutes les activités du club au Stade Machtens (jeunes compris), que le même jour une convention bilatérale parallèle avait été proposée au RWDM.

Rappelons que ces deux conventions n’ont été signées, l’une par le RWSB l’autre par le RWDM, en toute dernière minute, que ce lundi 2 mai. Soit, pour le White Star, juste avant de présenter son dossier à la CBAS.

Rappelons alors que ce lundi-là étaient aussi présents devant la Cour d’arbitrage les Conseils d’Eupen et de Roulers (directement concernés), ainsi que ceux de Seraing (plus concerné du tout), en tierces parties. Ceux-ci ont fait remarquer (à juste titre) que la convention présentée (qui garantissait entre autres l’utilisation d’un stade conforme, Machtens), même signée, n’avait pas été validée (comme le veut la loi) par le Conseil communal de Molenbeek.

Ceci a donc provoqué un Conseil communal extraordinaire en urgence le mardi 3 mai à 13h30. Lequel a voté en faveur de la convention et l’a donc validée.

Entre-temps, mais cela n’a été révélé que plus tard, le joueur Noël Soumah a été vendu par le White Star à La Gantoise pour 350.000 €, et un autre jeune du noyau A (lequel ?) a été vendu à Chelsea. Tout cela dans la soirée du lundi 2 mai, alors que tout le monde était devant la Cour d’arbitrage. Tout cela pour présenter au moment la garantie que les dettes en cours seraient payées.

Au passage : Chelsea est (ou s’apprêtait à être) partenaire purement sportif du White Star (accueil de joueurs bruxellois en stages, d’entraîneurs bruxellois en " clinics "), pas nécessairement partenaire financier. Mais l’urgence était là, et le club londonien y est allé de sa poche.

La suite : le White Star, champion depuis le samedi soir, confiant dans le fait qu’il aura un stade conforme (a priori), dans le fait que ses dettes sont payées, attend sûr de son affaire la décision ultime de la CBAS ce vendredi 6 mai.

Mais le couperet tombe vers 21h30 : la CBAS refuse la licence au White Star !

Maître Laurent Denis, avocat du club dans cette affaire, précise " que l’avis de la CBAS se base sur un manque de clarté en termes de continuité, qui ne semble pas assurée ". Autrement dit : " La viabilité du club n’est pas sûre pour la saison à venir en termes de budget. Donc de finances. ". Et on ne parle là que de la viabilité du groupe professionnel jusqu’au 30 juin 2017, pas de l’école de jeunes.

Me Denis et le White Star attendent de recevoir les motivations de la CBAS, au plus tard avant le 16 mai minuit, pour envisager (ou pas) un recours au civil : un recours en annulation devant le tribunal de première instance. Pourtant, la décision finale de la CBAS est dite " irrévocable et sans appel ". Mais il semble qu’une autre voie juridique puisse être empruntée … A voir.

Cette éventuelle intention rejoint en tout cas celle de M. El Khannouss, qui lui souhaite " sauver ces 650 jeunes footballeurs " liés qu’on le veuille ou non à l’avenir professionnel du White Star.

Une école de jeunes sans " vitrine " au meilleur niveau, ce n’est pas la même chose. Non seulement il n’y a pas de " prestige ", mais en plus, en évoluant au 1er niveau amateur le White Star ne pourrait plus présenter d’équipes de jeunes en séries nationales.

Comme le précise Me Denis : " Si la commune de Molenbeek n’avait pas rompu la convention début avril, la question de la continuité aurait été abordée d’emblée par la Commission des Licences (puisque stade et dettes n’auraient même pas été mis en débats). Cela aurait permis au White Star de réagir uniquement et directement sur ça, de faire en sorte de présenter un budget prévisionnel en ordre devant la CBAS ce vendredi. Avec toutes les chances d’y parvenir ". La question de la continuité, donc, est tombée de façon " inattendue ", au dernier moment.

Enfin, quelques questions : pour un White Star en D1 amateur (D3 donc), John Bico (ses connexions, ses éventuels partenaires à venir) va-t-il laisser ses billes à Molenbeek ? La mystérieuse (et très peu présente à Machtens) société dubaïote Gulf Dynamics Challenge va-t-elle rester propriétaire du club ? Chelsea, caution financière de dernière minute, va-t-il rester partenaire du club ?

A tout cela est lié, effectivement, l’avenir non pas de " l’Ecole des Jeunes " du WS en tant que telle, mais celui de 650 jeunes.   

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