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Web, réseaux sociaux : les jeunes nés dans l’ère du numérique ont aussi des choses à apprendre

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Ils sont presque nés avec un smartphone dans la main. Les jeunes sont supposés beaucoup mieux maîtriser les outils, les usages, les codes du numérique. Ils manquent pourtant souvent de connaissances sur le fonctionnement du numérique alors que connaître le dessous des cartes du numérique est primordial pour être maître de sa consommation numérique. La semaine du numérique propose cette semaine une série de conférences pour comprendre ce dessous des cartes.

"Au lieu d’être parfois utilisé par les réseaux sociaux, quelqu’un d’averti devient utilisateur", nous explique Jonathan Manzitto, de l’organisation de jeunesse namuroise Action Médias Jeunes qui accompagne les jeunes sur les réseaux sociaux.

L’organisation refuse de diaboliser les réseaux sociaux, de ranger les choses dans des catégories : bien ou mal. Son but est plutôt d’aider les jeunes à développer un regard critique sur leur usage des réseaux sociaux. "On essaye de ne pas étiqueter les choses : ça c’est dangereux, ça c’est mal. Être critique n’est pas forcément négatif. On essaye au contraire de construire avec les participants et participantes un savoir commun dans lequel nous, on remplit les blancs".

Quand un jeune pose une questions sur un changement de fonctionnalité sur Instagram (par exemple l’intégration il y a quelques temps de petites vidéos très courtes comme il en existe sur Tik Tok), l’accompagnateur peut rebondir sur le vécu du jeune pour expliquer la stratégie du réseau social, la manière dont, en changeant une fonctionnalité, il espère capter davantage l’attention de ses utilisateurs et les empêcher de détourner leur attention. "Ils essayent d’éviter que les gens ne migrent vers un autre réseau social". De fil en aiguille, on pourra aussi expliquer aux jeunes comment fonctionne un algorithme, ce qu’est l’économie de l’attention, quelles intentions se cachent derrière…

Mieux comprendre pour mieux gérer sa façon de recevoir ou produire du contenu

" Plus les personnes sont au courant de comment cela fonctionne, mieux elles peuvent gérer leur manière de recevoir le contenu, de le produire, utiliser les réseaux sociaux et même les hacker (en détourner la fonction première, ndlr.). Au moins elles maîtrisent davantage leur consommation et leur production car dans ce genre de médias, on est à la fois consommateur et producteur ".

Mieux comprendre pour ne pas devenir l’otage de certaines émotions

Le 4 octobre, les tribunaux anglais reconnaissaient les réseaux sociaux responsables de la mort de Molly Russell, une jeune fille qui s’est suicidée à l’âge de 14 ans après avoir vu défiler 138 vidéos de mutilation et de suicide. D'autres jeunes filles prennent des corps décharnés vus sur les réseaux sociaux comme modèles et finissent par succomber à la tentation de l’anorexie. "Il y a une grosse question de santé mentale qui est importante sur les réseaux sociaux.  Le fait de comprendre pourquoi les algorithmes nous amènent ce genre de contenus, ça permet de prendre un peu de recul par rapport aux injonctions sur la beauté, sur ce qu’on doit pouvoir faire quand on est une personne cool, etc." Jonathan Manzitto donne l’exemple d’un flot de vidéos de gens en maillot de bain sous le soleil qui inonderait le fil d’une personne coincée dans la grisaille et de plus en plus minée par ces photos qui lui vendent un rêve auquel elles ne participent pas. "Savoir que le réseau social privilégie les vidéos et ce qui est " beau " permet de prendre du recul. On peut dès lors décider de moins ouvrir son Instagram pour être moins miné ".

Pour aider les jeunes à reprendre la main sur leur propre consommation de médias, Action Médias Jeunes propose aux jeunes de créer. Un jeu vidéo, un film à l’aide de l’outil story sur Instagram, un algorithme qui permette d’atteindre un certain objectif : cibler tel public, mettre en avant tel ou tel morceau de musique, etc.

"En créant les choses, on change de posture. Ca permet de voir les choses d’un autre œil et de comprendre par exemple que la publicité qui s’est intercalée entre deux posts Instagram et qui y ressemble à s’y méprendre vise peut-être à vous faire acheter une paire de basket".

 

 

" Plus les personnes sont au courant de comment cela fonctionne, mieux elles peuvent gérer leur manière de recevoir le contenu, de le produire, utiliser les réseaux sociaux et même les hacker (en détourner la fonction première, ndlr.). Au moins elles maîtrisent davantage leur consommation et leur production car dans ce genre de médias, on est à la fois consommateur et producteur ".

Mieux comprendre pour ne pas devenir l’otage de certaines émotions

Le 4 octobre, les tribunaux anglais reconnaissaient les réseaux sociaux responsables de la mort de Molly Russell, une jeune fille qui s’est suicidée à l’âge de 14 ans après avoir vu défiler 138 vidéos de mutilation et de suicide. D'autres jeunes filles prennent des corps décharnés vus sur les réseaux sociaux comme modèles et finissent par succomber à la tentation de l’anorexie. "Il y a une grosse question de santé mentale qui est importante sur les réseaux sociaux.  Le fait de comprendre pourquoi les algorithmes nous amènent ce genre de contenus, ça permet de prendre un peu de recul par rapport aux injonctions sur la beauté, sur ce qu’on doit pouvoir faire quand on est une personne cool, etc." Jonathan Manzitto donne l’exemple d’un flot de vidéos de gens en maillot de bain sous le soleil qui inonderait le fil d’une personne coincée dans la grisaille et de plus en plus minée par ces photos qui lui vendent un rêve auquel elles ne participent pas. "Savoir que le réseau social privilégie les vidéos et ce qui est " beau " permet de prendre du recul. On peut dès lors décider de moins ouvrir son Instagram pour être moins miné ".

Pour aider les jeunes à reprendre la main sur leur propre consommation de médias, Action Médias Jeunes propose aux jeunes de créer. Un jeu vidéo, un film à l’aide de l’outil story sur Instagram, un algorithme qui permette d’atteindre un certain objectif : cibler tel public, mettre en avant tel ou tel morceau de musique, etc.

"En créant les choses, on change de posture. Ca permet de voir les choses d’un autre œil et de comprendre par exemple que la publicité qui s’est intercalée entre deux posts Instagram et qui y ressemble à s’y méprendre vise peut-être à vous faire acheter une paire de basket".

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