Vuelta - Cyclisme

Vuelta : Quand la maturité de Remco Evenepoel fait de lui un leader de grand tour

Cyclisme : Gros plan de Remco Evenepoel durant la Vuelta. En trois semaines, le jeune coureur de 22 ans s’est érigé en leader de grand tour.

© AFP or licensors

Pour remporter le premier grand tour de sa carrière, Remco Evenepoel a brillé sur le vélo et avec les pédales. Mais sur cette Vuelta, il a aussi impressionné hors du vélo. En trois semaines de course, il a parfaitement endossé le rôle de leader d’équipe et fait preuve d’une grande maturité.

C’était d’ailleurs sa bonne résolution à l’an neuf. Durant le stage hivernal de l’équipe Quick-Step Alpha Vinyl, en janvier, le coureur nous avait confié vouloir "être plus calme et plus mature". Neuf mois plus tard, force est de constater que la résolution est bien tenue.

Un maillot rouge disponible

Dès notre arrivée sur place, durant la première semaine espagnole de la course, nous avons été frappés par sa disponibilité. Là où, habituellement sur un grand tour, c’est la 'lutte' pour espérer obtenir les interviews des prétendants, Remco s’est lui montré extrêmement ouvert et accessible. Même quand son attaché de presse n’était pas à ses côtés, il venait de lui-même vers les caméras. Il a pris le temps répondre en néerlandais à nos confrères du nord du pays, en anglais pour les médias internationaux et en français pour la RTBF. Et quand un membre de l’organisation coupait court à l’interview en refusant une question de plus, on a plusieurs fois vu Evenepoel dire : non, non, c’est bon, je vais répondre à cette question. De la qualité sur la forme, mais aussi dans le fond avec des réponses volubiles et étayées. Un Tour d’Espagne n’a certes pas le gigantisme d’un Tour de France, mais en adoptant cette attitude il s’est attiré la sympathie de tous.

Discours rassembleur et positif

Remco a aussi assumé son rôle de leader en étant rassembleur. Toujours détendu et calme, il a maintes fois souligné l’importance de l’équipe, des gars qui l’entouraient dans le peloton, du staff autour de lui en Espagne, mais aussi de tous les autres membres restés en Belgique. Malgré une certaine inexpérience dans la défense d’un maillot de leader sur un grand tour, Remco avait confiance en ses coéquipiers. Et même quand l’équipe a fait face aux contretemps (les abandons de Serry et Alaphilippe, la mauvaise journée à la Sierra de La Pandera, sa chute, etc.), Remco s’est employé à garder le cap sur un discours positif. Tout cela a rejailli sur l’ambiance et la dynamique du groupe, bien visible quand vous approchiez du bus de l’équipe au départ ou à l’arrivée.

Moins d’assurance, plus de prudence

Cette forme d’arrogance qu’on a parfois pu lui reprocher s’est complètement éteinte. Le caractère fort et compétitif reste. Une volonté de fer qui ne lâche jamais rien. Mais sa gestion des évènements et des émotions a changé. L’assurance a laissé place à un discours plus réfléchi, plus prudent aussi. Remco a lu des livres sur le 'mindset', l'état d'esprit. Grâce à cela, il a appris à transformer les pensées négatives en quelque chose de positif. Selon son entourage, sa victoire sur Liège-Bastogne-Liège l’a aussi aidé à franchir un cap. Un déclic mental et un gain de plus sur l’échelle de la maturité. Car si nous devions résumer le propos de cette analyse un seul mot, ce serait bien celui-là : maturité.

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