Sous couverture

Voyagez sans quitter votre canapé en compagnie de ces romans

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Nous ouvrons le deuxième chapitre de Sous Couverture en compagnie de Frédéric Beigbeder et Daphné Tamage. Au menu du jour : des enquêtes, la mer et des voyages… Entre autres !

Frédéric Beigbeder pour “Un barrage contre l’Atlantique”, éd. Grasset, 2022

Après avoir quitté Paris, Frédéric Beigbeder s’est éloigné des talk-shows télévisés où il aimait briller. Il a définitivement délaissé sa casquette de publicitaire pour nous proposer un roman personnel, décapant et empreint d’humour, qui rend compte de nos angoisses contemporaines.

 

Dans son roman, Frédéric Beigbeder se raconte en train d’écrire, installé face à la mer, à la terrasse d’une cabane. Où ça ? Au Cap Ferret, voué à l’engloutissement à cause du réchauffement climatique. Là où son ami Benoît Bartherotte s’emploie, à ses frais, à créer un barrage contre la montée des eaux, barrière que l’auteur ressent comme une protection face au présent. Fixant l’horizon, installé à un petit bureau, comme dans ce tableau repéré dans une vitrine, Frédéric Beigbeder réfléchit sur l’écriture, la solitude, l’élan artistique, les temps révolus. 

 Daphné Tamage pour “À la recherche d’Alfred Hayes”, éd. Maurice Nadeau, 2022

Dans son premier roman, Daphné Tamage, part avec son héroïne sur les traces du poète, romancier et scénariste de l’âge d’or d’Hollywood, injustement oublié.

Apolline Avenarius sort d’études de cinéma avec un but précis, devenir un auteur célèbre. Pour cela, elle mise tout sur une seule idée : partir à la recherche d’Alfred Hayes, poète, romancier et scénariste de l’âge d’or Hollywoodien qu’elle estime injustement oublié. Pour mettre son plan à exécution, elle embarque Pierrot, un prof de fac qui rêve de la mettre dans son lit, et Hank, un écrivain flamand qui vit ses dernières heures. Mais on ne déterre pas les morts si facilement…

“Réminiscences” de Gorian Delpâture : Françoise Sagan

Aujourd’hui, nous allons nous rendre dans un appartement parisien en 1983. Il y a un joli petit piano, un bouquet de fleurs et de jolies photos en noir et blanc d’une jeune femme. " Un charmant petit monstre " comme le disait François Mauriac. Nous sommes dans l’appartement de Françoise Quoirez, plus connue sous son nom de plume de Françoise Sagan. Elle a 48 ans et elle est une véritable star depuis son premier roman " Bonjour Tristesse " qu’elle a publié à 18 ans. Enfin, c’est ce qu’on pense nous. Pas elle.

La chronique de Lucile Poulain : "Les amarres" de Do Levy Dewind, éd. Sablon, 2022

On a tous et toutes déjà eu envie de les larguer, ces fameux cordages qui retiennent notre bateau au port, soit parce qu’ils nous enracinent à un endroit qu’on peut finir par avoir en horreur, soit parce qu’on a envie de voir du pays tout simplement. Dans cette histoire qui prend place aux abords de la mer du Nord, les amarres vont jouer ce double rôle pour Helmut. Ce marin-pêcheur plutôt mystérieux, mutique, en apparence simple, porte en réalité le lourd fardeau de l’enfance battue. Il n’en parle pas bien sûr, il croit qu’il n’y pense pas, et pourtant c’est là, au quotidien, c’est ancré en lui. C’est peut-être d’ailleurs la raison pour laquelle il part en mer à l’aube, un jour après l’autre, il y a quelque chose de salvateur dans le fait d’être malmené par les vagues, et puis de revenir " rincé " si je puis dire ainsi tous les soirs au port, sain et sauf, exténué mais bien vivant.

La chronique de Michel “Le Carré des indigents” d’Hugues Pagan, éd. Rivages/Noir, 2022

Dans "Le Carré des indigents, nous retrouvons l’inspecteur principal Claude Schneider, protagoniste récurrent des romans d’Hugues Pagan. Nous sommes dans les années 1970, peu avant la mort de Pompidou et l’accession de Giscard au pouvoir. Schneider est un jeune officier de police judiciaire, il a travaillé à Paris et vient d’être muté dans une ville moyenne de l’est de la France, une ville qu’il connaît bien. Dès sa prise de fonctions, un père éploré vient signaler la disparition de sa fille Betty, une adolescente sérieuse et sans histoires. Elle revenait de la bibliothèque sur son Solex, elle n’est jamais rentrée. Schneider a déjà l’intuition qu’elle est morte. De fait le cadavre de la jeune fille est retrouvé peu après, atrocement mutilé au niveau de la gorge.

La chronique d’Odile Vanhellemont : “Into the wild” de Jon Krakauer, éd. 10/18, 2021

Avez-vous déjà entendu parler de Christopher McCandless, alias Alexandre Supertramp ? Son histoire tragique avait fait le tour du monde, et notamment intrigué le journaliste Jon Krakauer.

Ce roman, c’est l’espèce de documentaire littéraire qui en a résulté. Nous sommes en été 1992, un corps est retrouvé au plein cœur d’une forêt d’Alaska, dans un vieux bus abandonné. Ce corps, c’est celui de Chris McCandlessChris, c’est ce gars, biberonné aux récits d’aventures et éternellement insatisfait de sa vie.

Un jour, il décide de tout plaquer, sans rien dire à personne. Durant deux ans, il sillonne les États-Unis comme un pèlerin, jusqu’à atteindre son rêve, l’Alaska. En chemin, il croisera et changera la vie de nombreuses personnes.

La chronique surprise : François Mazure, avec “Tristes tropiques”, de Claude Lévi-Strauss, éd. Pocket, 2001

Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l’explorateur et les recherches du savant s’intègrent-elles et forment-elles l’expérience propre à l’ethnologue ? C’est à ces questions que l’auteur, philosophe et moraliste autant qu’ethnographe, s’est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l’Asie qu’à l’Amérique.
Plus encore qu’un livre de voyage, il s’agit cette fois d’un livre sur le voyage.

La chronique de fin de Lucile Poulain, "Celui qui veille", de Louise Erdrich, éd Albin Michel, 2022

Inspiré de la vie du grand-père de l’autrice et récompensé par le prix Pulitzer 2021, un roman épique et magistral sur la famille, la condition humaine et l’inlassable combat des Indiens pour conserver leurs terres et leur identité, dont le gouvernement américain a si longtemps tenté de les priver.

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