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Chronique cinéma

"Vortex" de Gaspard Noé, une claque visuelle aussi tendre que bouleversante qui aborde le sujet d’Alzheimer

13 avr. 2022 à 09:43Temps de lecture3 min
Par Céline Dekock

Une fois n’est pas coutume, ce mercredi Nicolas Buytaers centre sa chronique cinéma sur un acteur, assez présent en salle ces derniers temps, Alex Lutz.

Chronique cinéma

Vortex / A l'ombre des filles / Cinquième set

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Vortex

Dans "Vortex", on suit le quotidien d’un vieux couple d’amoureux. S’ils ont l’air heureux, ces deux-là souffrent énormément. D’abord parce qu’elle est atteinte d’Alzheimer. Parfois, elle ne reconnaît plus son mari, parfois elle ne sait plus ce qu’elle fait. Brillante psychanalyste à la retraite, elle s’auto-prescrit des médicaments. Ce qui n’arrange pas son mari, qui est perdu et désespéré de voir celle qu’il aime depuis tant d’années devenir de plus en plus sénile. Ce père et cette mère pourraient compter sur leur fils mais lui non plus ne va pas bien… Seules l’entraide et la solidarité pourraient apaiser cette famille dans ce drame terriblement intime…

Ce drame amoureux, familial, intitulé "Vortex", est signé par l’excellent réalisateur franco-argentin Gaspard Noé, réalisateur, entre autres, de "Love" (un film d’amour en 3D magnifique), de "Enter the void" (un voyage sous psychotropes hallucinant) et "Irréversible" (l’histoire d’un viol monté à l’envers). Noé est un réalisateur qui aime les émotions, qui les filme sans nul autre pareil et qui surtout aime bouleverser, déranger, secouer le spectateur dans ses habitudes. Il travaille l’image, la mise en scène comme peu de monde. Pour " Vortex ", non seulement il s’attaque à des thèmes difficiles et encore tabous dans le cinéma français comme la vieillesse, la maladie, la mort, la santé mentale mais en plus, il le fait via une technique de split screen. Dès les premières images de son film, il divise l’écran et propose en simultané la vie du père et la vie de la mère avec une caméra qui suit l’un et l’autre. Séparer pour mieux réunir.

Visuellement prenant, émotionnellement fort, "Vortex" est aussi idéalement interprété par Dario Argento (un grand réalisateur italien spécialisé dans le film d’horreur), Françoise Lebrun (également réalisatrice… de documentaires) et Alex Lutz, véritable acteur caméléon qui est tout aussi à l’aise dans les drames que dans les comédies voire les sketchs télé comme ses "Catherine et Liliane" !

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À l’ombre des filles

Alex Lutz qu’on retrouve dans un autre film ce mercredi en salles, "À l’ombre des filles". Alex Lutz y incarne Luc, un chanteur lyrique. Alors que plus rien ne va dans sa vie, qu’il remet tout en cause, qu’il est en pleine crise personnelle, il intègre une prison pour femmes pour y donner des cours de chant. Rapidement confronté aux vécus compliqués de ces femmes, à leurs caractères difficiles, Luc va tout tenter pour leur offrir un peu d’évasion à travers cet atelier de chant.

Réalisé par Etienne Comar, le scénariste et producteur du film "Des hommes et des dieux", "À l’ombre des filles" oscille et ondule entre drame et comédie avec au centre de ses propos, la musique. Une musique lyrique, une musique des sentiments, une musique des voix. Et quelles voix ! Dans ce film, on croise des actrices comme Agnès Jaoui, Hafsia Herzi et notre Veerle Baetens nationale.

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Cinquième set

 

Et pour terminer cette chronique autour d’Alex Lutz, Nicolasi Buytaers vous propose un film à découvrir en DVD. Un film qui nous emmène sur les courts de tennis de Roland Garros.

Dans cette histoire, Thomas Edison, incarné par Alex Lutz, est un joueur de tennis français très prometteur. Hélas, depuis sa demi-finale perdue à Roland Garos, alors qu’il n’avait même pas 18 ans, sa carrière n’a jamais vraiment décollé. Aujourd’hui, il donne des cours dans l’école de tennis de sa mère mais il rêve de mieux, d’un petit quelque chose de plus. Il rêve de victoires, de revanche surtout. Edison veut… peut… briller une fois de plus sur la scène internationale. À 37 ans, il n’a pas dit son dernier mot et, même si son genou le fait atrocement souffrir, il décide de passer les qualifications du célèbre tournoi parisien.

"Cinquième set" est un drame sportif réalisé par le français Quentin Reynaud. Alex Lutz y est incroyable de véracité, plus vrai que nature en joueur de tennis vieillissant et plein de doutes mais aussi et surtout bourré d’envies. En fait, ce "Cinquième set" revient avec un certain intérêt sur les espoirs et les désespoirs des sportifs. Ce film évoque assez bien cette question difficile : quand faut-il s’arrêter ? Quand on joue sans plaisir ou quand le corps ne suit plus ? Tout cela est donc à découvrir en DVD !

 

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