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Volte-face d'Emmanuel Macron sur le pass sanitaire dans les cafés, restos, commerces: "Une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom"

Volte-face d'Emmanuel Macron sur le pass sanitaire dans les cafés, restos, commerces: "Une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom"
13 juil. 2021 à 09:493 min
Par Nausicaa Maugé

Lors de son allocution de lundi soir le président français Emanuel Macron a fait une volte-face complète concernant le pass sanitaire. Une promesse modifiée au dernier moment. Ce pass se voit donc étendu aux activités du quotidien dès l’été.

Le pass sanitaire (vaccin ou test PCR négatif) va donc devenir obligatoire à partir du 21 juillet, pour les lieux de loisirs et de cultures accueillant plus de 50 personnes. Début août il s’étendra aux bars (terrasses comprises), aux restaurants, aux avions, centres commerciaux…

Pourtant le président avait encore affirmé le 29 avril dernier que ce pass "ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres & cinémas". "Il ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français"...

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Des mesures strictes sans concertations en amont

Pour ses détracteurs, ces mesures ont été prises sans débat au préalable, ni consultation de différents experts. Le fil conducteur de ces mesures reste un simple avis de l’Académie nationale de médecine pour une "bonne vaccination". Le président a de plus promulgué la fin de la gratuité des tests PCR et antigéniques pour le mois d’octobre, chose qui n’était pas non plus d’actualité avant. L’état d’urgence sanitaire a aussi été remis en place en Martinique et à la Réunion ainsi qu’un couvre-feu.

Ce coup de vis supplémentaire doit servir à relancer la campagne vaccinale qui est en baisse depuis quelques semaines. "Pour nous protéger et pour notre unité, nous devons aller vers la vaccination de tous les Français car c’est le seul chemin vers un retour à la vie normale", a poursuivi Emmanuel Macron.

D’autres mesures ont été prises comme l’obligation vaccinale pour le personnel médical et les pompiers. Si à partir du 15 septembre les soignants ou pompiers ne sont pas vaccinés, ils ne pourront plus travailler et ne seront plus payés ont affirmé le ministre de la santé Olivier Véran et Gabriel Attal le porte-parole du gouvernement. La police et la gendarmerie ne sont quant à elle pas concerné par ces mesures et pourront utiliser le pass sanitaire, qui peut contenir un simple test négatif.

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"Cogner" sur les non vaccinés

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Ce changement radical de stratégie intervient donc pour imposer le vaccin dans la lutte du variant Delta actuellement prédominant. De plus Emanuel Macron a affirmé vouloir cibler les non vaccinés qui doivent faire preuve de civisme collectif. "Partout, nous aurons la même démarche reconnaître le civisme et faire porter les restrictions sur les non-vaccinés plutôt que sur tous" s’est-il justifié.

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"Une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom"

Chez les Républicains, l’extension du pass sanitaire qui fait grincer des dents "Un pass sanitaire pour se rendre dans un centre commercial, c’est-à-dire un pass sanitaire pour manger ?? Se rend-on bien compte de ce que cela signifie en matière de libertés publiques ? Mais dans quelle société M. Macron fait-il basculer la France ?" questionne Gilles Platret, un des vice-présidents des Républicains, sur Twitter. 

Julien Aubert, député LR, dénonce une "mesure brutale et inadaptée", "…Reviens à instaurer une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom"

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Les partis de gauche ont aussi réagi à ces annonces. Philippe Poutou, porte-parole du NPA et candidat à l’Elysée : "C’est un véritable service public de santé, le renforcement du système hospitalier qu’il faut rendre obligatoire, avec embauches massives de personnels soignants, avec réouverture des hôpitaux de proximité. Plus facile de 'responsabiliser' la population que le pouvoir lui-même."

Alexis Corbière député LFI (La France Insoumise) : "Le problème de la vaccination est aussi social. Les plus favorisés se vaccinent davantage. Il faut résoudre les inégalités devant l’accès aux soins. Il n’est pas normal qu’on attende encore les centres de vaccination de proximité dans tous les quartiers populaires". Eric Coquerel député LFI a rajouté "En rendant obligatoire le vaccin pour les soignants puis le pays sous forme de généralisation progressive du pass sanitaire, Emmanuel Macron dessine une société du contrôle et de la discrimination généralisés".

Ces annonces sont vues comme des mesures liberticides par les partis d’opposition. François Ruffin député LFI rappelle: "Les jours heureux, il promettait, l’an dernier. Ce soir, c’est pass sanitaire et vaccination obligatoire." "Il y a six mois, le président s’y engageait : pas de vaccin obligatoire. Et aujourd’hui, pas de bistro, pas de resto, pas de ciné, pas de supermarché, sans pass sanitaire. Le symbole d’un gouvernement impuissant à convaincre, et à qui ne reste que la force de coercition."

 

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