Voiture dans le métro et sapin brûlé: une arrestation, le bourgmestre d'Anderlecht réclame des sanctions

La voiture qui plonge dans la station Clemenceau.

© Facebook

01 janv. 2016 à 14:57 - mise à jour 01 janv. 2016 à 15:10Temps de lecture2 min
Par Karim Fadoul

Le réveillon du nouvel an a été agité à Anderlecht. La RTBF.be vous le révélait en primeur: une voiture a été poussée jeudi soir par une bande de jeunes dans l'escalier menant vers les quais de la station de métro Clemenceau. Une vidéo montrant les auteurs des faits fait d'ailleurs le buzz sur Internet et a déjà été relatée par plusieurs médias étrangers (France, Pays-Bas, Italie...). Quelques heures plus tard, c'est le sapin illuminé de la place du Conseil, devant la maison communale, qui a été incendié, toujours par des jeunes. L'acte a également été filmé: une scène partagée largement sur les réseaux sociaux.

Les médias étrangers

Deux faits qui ont clairement occulté tous les autres actes de vandalisme de la nuit à Bruxelles et suscité des centaines de réactions sur Facebook et Twitter. En quelques heures, la commune d'Anderlecht a été placée au même niveau que Molenbeek, citée à d'innombrables reprises dans le cadre des enquêtes terrorisme. Zone de non-droit, faillite de l'intégration, laxisme policier: plusieurs commentaires de ce type ont été formulés. 

De quoi faire réagir également le bourgmestre faisant fonction d'Anderlecht, Fabrice Cumps (PS). "Ce qui s'est passé à Clemenceau et place du Conseil, nous ne le tolérons pas", explique-t-il à la RTBF.be. "Ce genre d'actes empoisonne la vie dans les quartiers et ils doivent être sanctionnés." Ce vendredi après-midi, on apprenait par la zone de police Midi l'arrestation d'un des auteurs présumés de Clemenceau. 

Si des sanctions doivent tomber concernant ce suspect et ses complices, elles seront d'abord de la responsabilité du parquet. "La difficulté pour le parquet aujourd'hui, c'est qu'il y a d'autres urgences vu l'actualité", regrette Fabrice Cumps craignant l'abandon des poursuites en cas d'interpellations des auteurs. "Mais il est clair que ce qui s'est passé est horrible pour le vivre-ensemble dans nos quartiers."

"Ne pas mélanger avec le dossier terrorisme"

Ceci étant, Fabrice Cumps n'admet pas le lien que l'on pourrait réaliser entre ce qui s'est passé cette nuit dans sa commune et les dossiers de terrorisme. "Ce n'est pas la même chose. Je ne veux pas excuser ou minimiser. Mais il ne faut pas mélanger." D'autant que, selon le bilan policier de la zone Midi, "le vandalisme a été plus mesuré pendant ce réveillon que lors des années précédentes. Même s'il y a une tendance à ce que les groupes de jeunes chez nous dupliquent ce qui se fait dans les banlieues françaises avec les incendies de poubelles et de voitures." Fabrice Cumps ajoute que les actes particulièrement symboliques survenus dans sa commune sont "le fait de gamins désœuvrés".

Le commissariat tout proche était fermé

Reste une question: pourquoi les policiers du commissariat de la rue Van Lint, situé à vingt mètres de la place du Conseil, ne sont pas intervenus sur l'incendie du sapin? "Ce commissariat était fermé. C'est une antenne de quartier qui n'a pas pour vocation à être ouvert le soir et la nuit." Raison pour laquelle les jeunes ont pu agir en toute impunité, tout en filmant leur "exploit".

De son côté, le député PS Jamal Ikazban s'interroge sur la facilité avec laquelle les jeunes ont agi dans le métro Clemenceau. "Assez effrayant pour moi dans ce fait-divers, c'est d'imaginer qu'il est possible de jeter une voiture dans le métro malgré les alertes de niveau 3 et 4, la vigilance renforcée, la présence des militaires, les nombreuses caméras, les experts en veux-tu en voilà... Imaginons, un instant, cette même voiture pleine d'explosifs dans le métro et vous comprendrez que nous sommes en droit de nous poser la question de l'efficacité de toutes ces nouvelles mesures de sécurité", écrit le Molenbeekois sur Facebook.

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