Voici les arguments de DéFI pour amadouer Ecolo

Voici les arguments de Défi pour amadouer Ecolo

© BENOIT DOPPAGNE - BELGA

18 juil. 2017 à 12:06 - mise à jour 18 juil. 2017 à 12:06Temps de lecture3 min
Par Himad Messoudi

Grosse réunion ce mardi après-midi, au Parlement fédéral, entre Olivier Maingain, le président de DéFI, et le trio Zakia Khattabi-Patrick Dupriez-Meryem Almaci pour Ecolo-Groen. Suite à l’appel d’Olivier Maingain, ce dimanche au JT de la RTBF, à mettre sur pied un cahier des charges commun DéFI-Ecolo sur la gouvernance, le président de DéFI abat ses cartes. Voici les grandes lignes de l’argumentation amarante.

Olivier Maingain devrait présenter le texte déposé par le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort au gouvernement bruxellois, la semaine dernière. Cette note d’orientation, en trois pages, que nous avons pu consulter, et qui a déjà fait l’objet de fuites dans la presse écrite, propose trois "axes cumulatifs".

Le premier axe : le décumul

  1. Un "décumul horizontal et vertical pour les membres de Collèges" : on ne peut être échevin ou bourgmestre et député bruxellois.
  2. "Décumul horizontal financier" : tous les mandats dérivés d’un échevin ou d’un bourgmestre ne peuvent être rémunérés.

Le deuxième axe : la réduction du nombre de mandataires dans les collèges communaux

La Région bruxelloise verrait le nombre d’échevins passer de 139, actuellement, à 78, soit une réduction de 44%. Les "grosses" communes passeraient de neuf à 5 ou 6 échevins, les plus petites communes (en-dessous de 40 000 habitants) n’auraient plus que 3 échevins. A noter que cette réforme ne concerne pas les postes de Bourgmestre, de président de CPAS et l’échevin néerlandophone "garanti".

Troisième axe : une rémunération unique des bourgmestres et échevins 

Le but de cette mesure : rendre cette rémunération "plus lisible et transparente".

Et aussi : rationaliser les organismes d’intérêt publics

En plus de cette note, Olivier Maingain devrait mettre sur la table d’autres mesures, encore plus à même à séduire les deux partis écologistes. Depuis le début de la législature, l’opposition Ecolo, Zoé Genot en tête, a très régulièrement dénoncé la création d’OIP, ces "organismes d’intérêt publics", des organismes publics, mais qui échappent au contrôle parlementaire, qui seraient "totalement à la botte" du politique pour reprendre les termes de la députée verte, où les partis au pouvoir pourraient placer des proches aux postes de direction.

"Que le PS soit ou non dans la majorité, tous les outils de contrôle du foncier, de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et des nouvelles zones urbaines seront dans ses mains à l’avenir. Politiquement, c’est énorme. Bien joué !" déclarait ainsi, en octobre dernier, la députée bruxelloise Zoé Genot. Grosse colère et grosse inquiétude donc. Olivier Maingain arrivera donc, ce mardi, avec dans sa petite mallette, selon nos informations, quelques mesures qui visent une simplification des structures. On pourrait ainsi voir le transfert de certains OIP vers des "ministères bis", supprimer certaines structures, etc.

Il serait également question d’éviter les désignations politiques, d’imposer un devoir de réserve, de veiller aux conflits d’intérêts et de limiter certains postes à deux mandats dans la même fonction. Olivier Maingain pourrait également évoquer la mise en place d’une chambre régionale de déontologie pour les mandataires.

Concernant les organismes publics, le parti amarante proposerait un contrôle interne du personnel, avec mise en place systématique d’un audit sur les rémunérations, une réduction du nombre d’administrateurs, etc. Egalement au programme, une évaluation transversale des politiques et des budgets pluriannuels à l’aide de l’ordonnance organique sur le budget, la comptabilité et le contrôle de 2006.

C’est avec ces mesures, et d’autres encore, qu’Olivier Maingain souhaite former un "front gouvernance" avec Ecolo. Alors que le PS bruxellois a annoncé le dépôt de textes, cette semaine, pour une prise en considération au Parlement régional, on assiste certainement à une accélération soudaine des réformes sur la gouvernance publique. Il était temps.

@Himad