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Matin Première

Vladimir Poutine est-il en train de perdre son réseau d’influence en Europe ?

L'oeil sur l'Europe

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Depuis le début de la guerre en Ukraine, le président russe a vu plusieurs anciens dirigeants européens, qui lui étaient proches, contraints de faire un pas de côté. Si on a beaucoup parlé de Gerard Schröder, qui a renoncé à des postes dans des groupes énergétiques russes, l’ex-chancelier allemand est loin d’être un cas unique.

Des noces qui sèment la discorde

Prenez le cas de Karin Kneissl. Ce nom ne vous dit sans doute rien. C’est une ancienne ministre autrichienne des affaires étrangères, apparentée au parti d’extrême droite FPÖ. Elle vient de quitter le géant du pétrole russe Rosneft où elle siégeait au conseil d’administration.

Sa proximité avec Vladimir Poutine avait éclaté au grand jour à l’été 2018. Elle avait invité le président russe à son mariage. Une scène en particulier avait provoqué un tollé. Devant des convives en liesse, dans un décor de collines verdoyantes baignées de soleil, Karin Kneissl, tout sourire dans son dirènn-del, sa robe traditionnelle, a improvisé une valse avec son prestigieux invité. La danse terminée, la mariée s’est agenouillée devant Vladimir Poutine. Il paraît que c’est une révérence classique dans les codes de la valse. Il n’empêche, beaucoup l’ont interprété alors comme un geste de soumission, d’allégeance, un peu malvenu. C’était en 2018. Cette année-là, Gerard Schröder s’est marié, lui aussi. Mais il a préféré ne pas inviter son ami Vladimir pour ne pas susciter le même " tapage " médiatique.

L’ex-chancelier a été très critiqué en Allemagne et en Europe. Il y a un mois, il défendait Vladimir Poutine dans la presse. Gerard Schröder disait ne pas croire que le président russe ait ordonné les exécutions de civils ukrainiens, comme à Boutcha.

Et puis surtout l’ancien chancelier refusait catégoriquement de renoncer à ses mandats dans de grandes entreprises russes.

Il a fallu que le parlement allemand lui retire certains de ses avantages d’ex-chancelier pour que Gerard Schröder bouge enfin. Il a annoncé cette semaine qu’il ne rejoindrait par le conseil de surveillance du géant gazier Gazprom. Fin de semaine dernière, il avait quitté son poste de président du Conseil de Rosneft.

Un réseau d’influence qui se délite

Les départs de Gerard Schröder et de Karin Kneissl viennent s’ajouter à d’autres. Dès le début de l’invasion de l’Ukraine, les anciens premiers ministres français François Fillon et finlandais Esko Aho ou encore l’ex-chef du gouvernement italien Matteo Renzi avaient quitté leurs mandats dans de grandes entreprises russes.

Grâce à leur expertise, à leurs carnets d’adresse, ces dirigeants européens, et d’autres encore, défendaient les intérêts de la Russie. Avec la guerre en Ukraine, et la menace qu’elle fait peser sur la sécurité de l’Europe, leur position était devenue intenable.

Il reste des appuis à Vladimir Poutine en Europe

A commencer par Viktor Orban. Le premier ministre hongrois est un fidèle de Vladimir Poutine. Il n’a jamais condamné personnellement son ami. Et depuis près d’un mois, il met son véto à un embargo sur le pétrole russe. Il invoque l’impact économique de l’embargo pour son pays. Impact potentiel réel. Mais son intransigeance menace l’unité européenne et fait le jeu de Vladimir Poutine.

Il y aussi les extrêmes droites européennes. Il y a deux mois, le parlement européen a publié un rapport sur les ingérences étrangères dans les démocraties européennes. Il pointait des accords de coopération signés entre Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine et des formations comme le FPÖ en Autriche, la Lega en Italie ou le Rassemblement National en France.

Des liaisons ambigues qui affaiblissent l’Union

Vladimir Poutine a aussi de nombreux contacts dans la sphère économique. Et ce n’est pas tout. Dans le rapport du Parlement européen, on peut lire aussi que l’Etat russe distille sa propagande et ses fake news à travers de prétendues fondations privées, des médias, d’entreprises et des ONGs. Même l’Eglise orthodoxe russe est instrumentalisée par le Kremlin.

La guerre en Ukraine a révélé immédiatement les faiblesses de la défense européenne, la dépendance énergétique des Européens. Elle a mis en lumière une vulnérabilité plus discrète de l’Union européenne, les liaisons ambiguës entre une partie de ses élites européennes et Vladimir Poutine toujours prompt à diviser et affaiblir l’Union européenne.

 

 

 

 

 

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