Entrez sans frapper

Virginie Despentes : "Un gars qui citerait un auteur féminin aurait l'impression d'un peu se discréditer"

Virginie Despentes pour "Cher Connard"

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L'écrivaine de 53 ans anime particulièrement la rentrée littéraire avec Cher connard. Un roman épistolaire coup de poing, qui analyse l'évolution des relations entre les sexes. Elle s'est notamment livrée sur... dans Entrez Sans Frapper.

Aux côtés d'Amélie Nothomb, elle est la star de cette rentrée littéraire 2022 : Virginie Despentes, publie Cher connard aux éditions Grasset. Après le triomphe de sa trilogie Vernon Subutex, l'autrice à l'écriture transgressive marque son retour avec ces Liaisons dangereuses de l'ère post-#MeToo.

Mêlant le débat houleux entre Zoé, Rebecca et Oscar, dénoncé pour agression sexuelle, lancé sur les réseaux sociaux, ce nouveau roman démarre fort, par une lettre incendiaire : Cher connard.

L'histoire de la littérature encore orientée par certaines générations

La place des femmes dans la société est notamment questionnée dans Cher connard. Ce déséquilibre se marque aussi dans la littérature constate donc Virginie Despentes : les auteurs masculins préfèrent citer des références masculines plutôt que féminines pour légitimer leur savoir ou expérience littéraire comme le suggère son personnage Oscar.

Si le marché littéraire sourit aux autrices, l'histoire de la littérature a été orientée pour les occulter déclare-t-elle : "En général, spontanément, je pense qu'un gars qui citerait un auteur féminin aurait l'impression d'un peu se discréditer. C'est-à-dire que nous, ce que nous faisons, n'est jamais sérieux. Cela peut être vendeur, mais cela n'est pas sérieux. Cela vaut pour toutes les disciplines".

Avec une nuance toutefois : "Plus les garçons sont jeunes, plus ils sont capables, pour certains d'entre eux, de penser que citer une femme ne les discrédite pas. Que tout ce qui est féminin n'est pas marqué du sceau du gnangnan, du secondaire, du pas sérieux. Il me semble que cela évolue".

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