Violences et discriminations envers les femmes : Amnesty International s'inquiète de l'après Covid-19

Violences et discriminations envers les femmes : Amnesty International s’inquiète de l’après Covid-19

© Sebastian Kahnert - BELGAIMAGE

26 mai 2020 à 14:30 - mise à jour 26 mai 2020 à 14:30Temps de lecture2 min
Par RTBF

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus et plus particulièrement l’adoption des mesures de confinement, les violences envers les femmes ont augmenté. Plus globalement pour Amnesty International, c’est l’ensemble des droits des femmes qui sont en danger avec cette pandémie de Covid-19. Pour cette raison, l’ONG appelle les décideurs européens à saisir cette occasion et à mettre en œuvre des politiques et d’autres mesures visant à éliminer les injustices et les inégalités.

La lasagne institutionnelle belge ne facilite pas la tâche

Amnesty International a rédigé des lignes directrices pour mieux protéger les femmes et les filles victimes de violences et de discrimination. Des demandes qui concernent évidemment aussi la Belgique. Amnesty exige notamment que notre pays se dote d’une loi-cadre au niveau fédéral car la situation institutionnelle du pays complique la situation, avec des autorités multiples qui adoptent des mesures chacune de leur côté.

Dominique Deshayes, coordinatrice des droits des femmes chez Amnesty International Belgique déplore le manque de coordination entre les entités fédérées pour mieux lutter contre les discriminations et violences faites aux femmes : "Est-ce qu’on pourrait avoir une loi-cadre qui englobe toutes ces demandes que nous faisons en matière d’éducation sexuelle à l’école, en matière de prévention ? Il ne faut pas que ce soit des mesures one shot".

Autre problème, mais qui n’est pas propre à la Belgique, les associations dénoncent le manque de données en ce qui concerne les violences faites aux femmes. Dominique Deshayes d’Amnesty International et les associations d’aide aux victimes espèrent disposer de vraies données officielles sur les violences faites aux femmes et les féminicides : " Aujourd’hui, ce sont les associations elles-mêmes qui recueillent les données de violence parce qu’en réalité n Belgique, on s’intéresse plus à l’auteur de violence qu’à la femme".


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Il faut maintenir les budgets

Autre inquiétude pour Amnesty International, les conséquences budgétaires pour les associations ou les budgets alloués aux politiques de protection des victimes. Dominique Deshayes rappelle une recommandation du Conseil de l’Europe concernant les budgets : "Là, c’est tout à fait essentiel que la récession économique à venir ne doit pas justifier une baisse de la protection. La protection n’est déjà pas énorme, mais là il ne faut absolument pas qu’à la sortie de crise, on diminue les budgets.

Amnesty insiste donc sur la nécessité de maintenir et de renforcer les mesures pour lutter contre les violences et les discriminations envers les femmes. Mais l’ONG souligne aussi les mesures concrètes déjà prises en Europe. Amnesty cite notamment l’Espagne et ses tribunaux spécialisés qui traitent les dossiers de violence faite aux femmes rapidement et efficacement. Chez nous, la mise en place d’un code pour alerter son pharmacien est aussi cité en exemple.

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