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Violences en Centrafrique: Amnesty International publie des noms

Violences en Centrafrique: Amnesty International publie des noms
09 juil. 2014 à 22:04 - mise à jour 10 juil. 2014 à 07:052 min
Par Belga News

Dans son rapport intitulé "République centrafricaine. Il est temps de rendre des comptes", Amnesty International se concentre sur les crimes de droit international perpétrés en 2013 et 2014 dans ce pays d'Afrique centrale.

Basé sur des récits recueillis auprès de victimes et de témoins, "le rapport désigne nommément des membres et des alliés des milices anti-balaka et des groupes armés de la Séléka soupçonnés d'être impliqués dans de graves atteintes aux droits humains, soulignant leur rôle et indiquant la responsabilité pénale qui pourrait être la leur", explique l'organisation.

Des coordonnateurs anti-balaka comme Levy Yakété, des commandants de la Séléka tel que Nourredine Adam et les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia sont ainsi cités.

"Si la plupart des suspects identifiés par Amnesty International vivent sans se cacher en République centrafricaine, d'autres se sont installés dans des pays étrangers", indique encore l'organisation, qui prie ces derniers de ne pas offrir de protection aux personnes concernées.

Par ailleurs, Amnesty International demande que des mesures soient prises de toute urgence pour reconstruire le système judiciaire et les mécanismes d'application des lois du pays. "Ceux qui font subir à des centaines de milliers d'innocents une violence meurtrière à laquelle ceux-ci n'ont aucun moyen d'échapper ne doivent pas pouvoir échapper à la justice. Seule la fin de l'impunité permettra d'arrêter le cycle de la violence qui sévit en République centrafricaine", estime Christian Mukosa, chercheur sur la République centrafricaine à Amnesty International.

En outre, l'organisation est en faveur d'un renforcement de la Cellule spéciale d'enquêtes mise en place par les autorités de transition ainsi que de la Commission d'enquête internationale sur les atteintes aux droits humains créée par les Nations unies.

Amnesty International appelle également les autorités à envisager la création d'un tribunal hybride, composé d'experts centrafricains et internationaux, pour juger les crimes de droit international et aider à renforcer le système judiciaire national. "Ce tribunal n'empêcherait pas la Cour pénale internationale (CPI), qui a ouvert un examen préliminaire de la situation, d'engager des poursuites dans un certain nombre d'affaires."

Le conflit en Centrafrique a fait des milliers de morts et contraint près d'un million de personnes à fuir leur domicile. La présence de forces internationales de maintien de la paix n'a pas permis de mettre un terme à la violence étant donné que des membres de ces forces, notamment des soldats tchadiens, ont eux-mêmes participé à de graves violations des droits humains, souligne encore l'organisation.

Belga

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