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Vincent voulait "mourir tranquillement", il est décédé cette nuit devant la gare de Namur

Vincent installé rue des Carmes il y a un an. Il ne bougeait plus, caché sous sa couverture.
11 janv. 2022 à 17:02 - mise à jour 12 janv. 2022 à 07:10Temps de lecture2 min
Par Anaïs Stas

Il ne se séparait jamais de sa vieille couverture. La rue, il la connaissait depuis 8 ans. Vincent, ancien menuisier ébéniste d’une soixantaine d’années, est décédé cette nuit dans un abribus à proximité de la gare de Namur.

Ces derniers temps, Vincent "vivait" surtout du côté de la rue des Carmes, dans le renfoncement de l’entrée d’un magasin abandonné. Avant, il avait fait de la galerie Werenne son abri de fortune. Il avait dû la quitter avec le début des travaux de rénovations. Nous l’avions rencontré il y a un an, peu de temps après son déménagement forcé. Un lieu qu’il n’avait pas choisi pour son confort mais pour "voir des copains pendant la journée". Désabusé par des années de rue, il était résigné et nous avait confié "vouloir mourir tranquillement". Il refusait catégoriquement de se rendre à l’abri de nuit. "Le premier jour où j’y suis allé, on m’a volé mon portefeuille ; le deuxième jour, mon téléphone… Alors je me suis dit : Vincent, il faut que tu trouves un autre endroit pour dormir. Et j’ai atterri ici."

Il y a un an, nous avons rencontré Vincent, mais également interrogé la ville sur la responsabilité des institutions publiques, des services sociaux, vis-à-vis du public le plus précarisé. A l’époque, le président du CPAS, Philippe Noël nous répondait qu’il n’était pas question de contraindre une personne à se rendre à l’abri de nuit.

"Ils connaissent l’abri de nuit ; les services sociaux passent tous les jours en rue pour les sensibiliser, mais ils restent évidemment libres. Pas question de les contraindre. L’abri de nuit est un lieu de vie collectif, avec ses contraintes, ses horaires, ses règles… Certains préfèrent encore dormir dehors. Dans ce cas, les maraudes de services sociaux fournissent les soins et les couvertures nécessaires pour pouvoir se protéger du froid".

Ce mardi soir, suite au décès de Vincent, Philippe Noël a, à nouveau répondu à nos questions. "C’est un drame. Un drame humain. Je pense à ses proches et aux équipes qui étaient auprès de lui". Il maintient également qu’il n’est pas question de contraindre les personnes qui refusent l’aide proposée. "L’abri de nuit n’était pas complet. Nos services sociaux, de maraudes sont passés auprès de lui hier soir. Nos équipes lui ont proposé de se rendre à l’abri de nuit. Il a refusé".

Du côté du RSUN, le Relais Social Urbain Namurois, c’est le choc. Olivier Hissette, le coordinateur général adjoint du RSUN confirme le décès d’une personne à la rue connue du Relais Social Urbain Namurois. "Pour l’heure, la priorité est à l’encadrement des équipes qui l’ont rencontré, qui ont découvert le corps et des proches de la personne décédée, pour les aider à faire face à ce deuil".

Reportage dans notre 13h de ce mercredi :

Décès d'un SDF : Des arrestations pour les protéger du froid ?

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