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C'est vous qui le dites

Vincent Gilles, président national du SLFP Police : " Ce sera un outil de contrôle de plus "

Vincent Gilles, président national du SLFP Police : " Ce sera un outil de contrôle de plus "

C'est vous qui le dites

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24 mai 2018 à 10:032 min
Par C'est vous qui le dites

Après la mort de la petite Mawda, les syndicats de police ne s’accordent pas sur l’installation de caméras embarquées dans les véhicules d’intervention. Le Sypol est pour, le SNSP ne se prononce pas et le SLFP Police n’en veut pas… Et vous ? Vous êtes favorables aux caméras embarquées dans les voitures de police ?

Selon le Sypol, qui s’exprime dans La DH, une caméra embarquée dans les véhicules intervenus dans la course-poursuite qui, au final, a coûté la vie à la petite Mawda, aurait permis d’apporter rapidement des réponses sur le déroulement des événements. De son côté, le Syndicat national du personnel de police ne souhaite pas donner un avis à chaud alors que le SLFP Police ne veut pas d’un tel dispositif qui, selon eux, risque d’être détourné de son objectif premier et ne servirait qu’à contrôler le personnel. Êtes-vous favorables à l’installation de caméras embarquées dans les voitures de police ?

Vincent Gilles, président national du SLFP Police : " Il y a suffisamment de vidéo sur YouTube pour démontrer que la prise vidéo à bord d’un véhicule manque l’objectif qu’on nous vend, c’est-à-dire la protection du policier puisqu’elle se trouve fixe à bord du véhicule alors que le policier encourt les plus hauts risques, dans le cadre d’une intervention, à l’extérieur. "

Pour le président national du SLFP Police, il faut replacer les choses dans leur contexte : " Quand Sypol est venue avec cette idée, c’était hier, dans le contexte de l'incident de tir malheureux pour la petite fille. On n’aurait donné du tout parce que cette caméra aurait probablement été axée sur le pare-brise et ce que voit le chauffeur et sur rien du tout d’autre. "

Une différence entre la théorie et la réalité du terrain

Des véhicules équipés de caméra pour obtenir le déroulé des faits sous différents angles, c'est bien joli mais Vincent Gilles n'y croit pas : " En théorie, cela tient la route. Mais c’est faire fi du contexte : ces véhicules n’arrêtent pas de bouger sur leur axe et aucune n'aura une vidéo complète que pour prétendre qu'elle soit une preuve. Il faut que cet élément soit reconnu comme une preuve en justice sinon il n’a aucune utilité. La proposition de Sypol est une réponse technologique à un problème humain. "

Un outil de contrôle qui dessert le policier

Vincent Gilles insiste, ce genre de caméra dessert le policier : " Selon nous, ça ne sert à rien et ça n’apportera pas de plus-value, ni pour le service policier à la population, ni pour la sécurité des collègues. Au contraire, ce sera un outil de contrôle de plus sur le dos des collègues. Ce collègue qui pense ça pourrait l’aider, au contraire, ça va le desservir. Les officier de sa zone de police ou de la police fédéral vont utiliser à un moment ou un autre pour dire qu’il n’a pas fait son travail convenablement. "

Si on est contre les caméras c'est parce qu'on a quelque chose à se reprocher ? Vincent Gilles s'en défend et trouve cela réducteur : " Il y a énormément de policiers qui font très bien leur travail mais le travail policier est éminemment complexe parce qu’il n’y a pas une intervention qui ressemble à une autre. Jauger du travail d’un collègue alors qu’on n’est pas dans l’intervention, c’est une grave prétention. On ne peut pas juger le travail du travail d’un collègue en tant que collègue. "

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