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Vin, vinasse, piquette… les mots autour du vin

05 févr. 2021 à 13:442 min
Par Vivre Ici Bruxelles

Petite leçon de vocabulaire autour du vin avec Fabrizio Buccella, œnologue et chroniqueur dans Vivre Ici Bruxelles.

Si on vous dit piquette, vous pensez… mauvais vin. Juste, Auguste ! La piquette était autrefois un résidu des vendanges, appelée pudiquement une boisson de ménage. Vous preniez le marc de raisin avant fermentation et vous ajoutiez de l’eau. Vous avez la vraie piquette, une boisson où le taux d’alcool est faible, d’où la dépréciation de la chose, au temps où la qualité d’un vin se mesurait au degré d’alcool. A une certaine époque, des caves coopératives proposaient du vin au litre, dans des bouteilles d’eau ou des jerrycans. Les prix dépendaient du degré du vin. Le grand Jules Michelet, par exemple, avait une phrase sur un pauvre vigneron d’autrefois "faisant le vin mais buvant la piquette".

D’autres synonymes

Il y en a plein : le picrate, le litron, le jaja, la vinasse, la bibine, le rouquin, le rouge, la quille, le ginglet pour un vin aigrelet voire le mazout, ça, c’est quand on n’aime vraiment pas. Léo Malet dans ses Nestor Burma en utilise une volée par roman.

Picrate

C’est chimique, il s’agit du sel de l’acide picrique, un élément avec des propriétés explosives. D’un point de vue pinardier, cela signifie un vin tellement mauvais qu’il vous fait exploser.

Le piot

C’est encore un synonyme du vin, utilisé par Rabelais excusez du peu : "La vigne, dont nous vient celle nectaréicque, précieuse, céleste et déificque liqueur qu’on nomme le piot". Rabelais qui disait "Beuvez toujours, mourrez jamais".

Et en Bruxellois ?

Le Bruxellois est riche en termes de ce genre. On démarre avec la bonne vieille jatte, dans le sers-moi une jatte. À ne pas sortir au caberdouche chez les Fransquillons, car ils seraient dans l’embarras. Erremoi (misère) comme on dit ! Après on a aussi le panaché qui en Belgique est un mélange de lambic doux et de gueuze au tonneau, alors qu’en France vous recevriez un mélange de bière et de limonade, une boisson de klet comme on dit.

Puis à Bruxelles on avait les estaminets, les stamcafé, les kavitches. Quand c’était plein, maintenant c’est vide, on les plaint, c’était stamvol. On guindaillait dans ces stamcafés et on y trouvait des pottepei qui se collaient des guinzes. Le terme pottepei veut dire un saoulard, un soiffard. Il y a un côté sympathique, presque mignon, peut-être parce qu’il est composé de potte et pey, on comprend que même si c’est un buveur ça ne peut pas être un mauvais bougre, surtout si c’est un buveur ! Jacques Brel a célébré le potepey dans sa chanson l’ivrogne.

Quand on doit un terme de boisson au grand Jacques

Dans un stamcafé de la capitale, le Cirio sur le côté de la Bourse, on aurait inventé avec Jacques Brel ou pour lui, en tout cas il le consommait, le fameux half-en-half, un mélange à moitié de vin blanc et à moitié de mousseux.

Un dernier pour la route

Le stoemper, le fameux pilon qui servait à écraser un sucre au fond de la gueuze, c’est pour cela que les verres ont un fond renforcé, gueuze qui à l’époque était acide comme il se doit.

Quels que soient les termes du vin, il n’y a qu’une solution, c’est la dégustation.

Chaque semaine, Fabrizio Bucella nous livre ses pépites sur le monde du vin et de la bière dans Vivre Ici Bruxelles. N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de son école d’œnologie Inter Wine and Dine pour en savoir plus.

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