Victoires de la musique : Benjamin Biolay et Pomme sacrés meilleurs artistes

Les Victoires de la musique : un réalisateur belge à l'honneur

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12 févr. 2021 à 22:29 - mise à jour 13 févr. 2021 à 08:13Temps de lecture3 min
Par Belga

Benjamin Biolay a été sacré artiste masculin aux 36e Victoires de la musique vendredi soir, pour son album au titre prémonitoire "Grand Prix".

A 48 ans, c’est la 5e Victoire dans la carrière de cette figure majeure du paysage musical français. "Grand Prix" est un disque-concept irrigué par sa passion pour la Formule 1. Mais cet album, porté par le hit "Comment est ta peine ?", lui permet aussi d’ouvrir son "journal intime" tout en restant "dans la pénombre", comme le confiait l’artiste à l’AFP en juin 2020 au moment de la sortie.

Invité à filer la métaphore pour savoir qui était toujours en haut du podium à ses yeux, il lâchait : "La plus grosse Formule 1, pour moi, ça reste une Rolls, c’est 'Melody Nelson'". Signé Serge Gainsbourg, qui, lui aussi, ne suivait que ses propres règles de conduite.

Benjamin Biolay

L’auteur-compositeur-interprète a multiplié les projets ces dernières années, entre ses propres disques, ses collaborations (avec Vanessa Paradis, par exemple) ou hommages, tel cet album autour de Charles Trenet. Parallèlement à sa carrière musicale, Benjamin Biolay multiplie les incursions dans le cinéma. Et les rôles sont de plus en plus consistants, qu’il soit chez Agnès Jaoui ("Au bout du conte"), Tonie Marshall ("Numéro Une") ou Christophe Honoré ("Chambre 212").

En clôture de la soirée, il a également remporté la Victoire du meilleur album avec "Grand Prix"

Pomme, ce vendredi soir

Pomme en haut du podium

Pomme, chanteuse aux textes sensibles et voix du mouvement #MeToo dans la musique, a été, elle, sacrée artiste féminine aux 36e Victoires de la musique vendredi.

Elle avait fort à faire face à Aya Nakamura, artiste française la plus écoutée au monde.

A 24 ans, c'est sa deuxième Victoire, après le titre d'album révélation glané l'an passé pour "Les Failles". Jeudi, à la veille de la cérémonie, elle a écrit avoir été "manipulée, harcelée moralement et sexuellement, sans en avoir conscience" à ses débuts, dans une lettre ouverte publiée dans Mediapart. En recevant son prix, elle a souhaité une "industrie (musicale) plus "safe" (sûre) pour les femmes", en espérant que ces dernières puissent "renverser les codes" du milieu.

Birkin, Doré, Hervé  

Pour ce qui est des autres prix attribués, une Victoire d'honneur a été remise à Jane Birkin, en baskets comme à son habitude, pour l'ensemble de sa carrière.

Le meilleur clip est revenu à Julien Doré, pour "Nous", avec ses deux dinosaures malicieux. La cérémonie, régulièrement accusée de snober les gros vendeurs du moment - issus des musiques urbaines -, a aussi mis en valeur le titre le plus streamé (plus de 101 millions de fois) entre décembre 2019 et novembre 2020, "Ne reviens pas", de Gradur et Heuss L'Enfoiré.

Du côté des artistes belges, ni Lous and the Yakuza nommée dans la catégorie Révélation féminine, remportée par Yseult, ni le Bruxellois Noé Preszow dans la catégorie Révélation masculine, remportée par Hervé, n'ont décroché une Victoire. 

Yseult ce 12 février aux Victoires

Le combat d'Yseult 

Cette cérémonie restera celle de tous les symboles et de tous les combats. "Le chemin est encore long pour les femmes, les Noires, les grosses", a ainsi commenté Yseult, révélation féminine de l'année, catégorie dans laquelle était aussi nommée la Belge Lous and the Yakuza.

La chanteuse a toujours expliqué qu'elle faisait de la couleur de sa peau et de ses formes une arme politique au travers de ses morceaux et de ses vidéos.

Revendications

Crise sanitaire oblige, la soirée s'est déroulée dans une ambiance étrange à la Seine Musicale (région parisienne), sans public. Près de 200 figurants étaient cependant présents dans la salle pour applaudir les prestations live des artistes.

Jean-Louis Aubert, président d'honneur, a d'ailleurs ouvert la cérémonie en entonnant à la guitare "Je rêvais d'un autre monde...". "Président, ce n'est pas facile par les temps qui courent, car le présidentiel a été remplacé par le présentiel", a ironisé Aubert dans son discours inaugural. Grinçant, il a profité "de la présence ou de l'absence de la ministre de la Culture" Roselyne Bachelot, pour lui réclamer de "continuer à prendre soin des musiciens, des équipes techniques, des organisateurs de spectacle", le temps que la situation revienne à la normale.


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Bien présente, Roselyne Bachelot a réaffirmé son soutien aux artistes, auprès de l'AFP. "Je travaille d'arrache-pied de jour comme de nuit (...) pour bâtir un modèle résilient qui va nous permettre de traverser cette crise. Je suis avec les artistes et je leur souhaite beaucoup de courage. Je suis avec eux", a-t-elle affirmé en coulisses.

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