Regions Liège

Verviers : l'ancien bourgmestre Marc Elsen (CDH) démissionne du conseil communal

Marc Elsen

© RTBF - François Braibant

30 août 2020 à 12:01 - mise à jour 30 août 2020 à 12:01Temps de lecture3 min
Par François Braibant

L'ancien bourgmestre CDH de Verviers annonce qu'il va quitter le conseil communal. Marc Elsen explique avoir peu goûté le spectacle donné par les représentants politiques verviétois pendant les deux mois d'été. Il n'a pas non plus aimé la manière dont les choses se sont passées à l'intérieur de son propre parti. Les négociations ont été menées par Cécile Ozer d'une manière que Marc Elsen n'approuve pas.

"Jamais autant gêné d'être un élu"

"J'ai décidé de quitter le conseil communal. Ca me permet de rester juste avec moi-même et avec mes idées. Je trouve que l'image de Verviers  présentée cet été était pitoyable. La plupart des responsables politiques y sont pour quelque chose. Je n'ai jamais eu autant de gêne d'être un élu politique quand je vois la façon dont on a pu faire se succéder toute une série de positions, d'expressions, de changements d'opinions, de retournements de veste, d'engagements soi-disant inébranlables qui étaient modifiés par la suite, je passe sur la longue saga interne au PS. A force de multiplier les indigestions, j'ai envie de changer de régime"

Marc Elsen considère que la solution proposée par Muriel Targnion au "problème Aydin", une motion de méfiance contre le président du CPAS, puis un nouveau pacte de majorité, cette solution n'était pas adéquate. Le problème aurait dû être "discuté" regrette l'ex-bourgmestre centriste.

Pourtant, "Deux conseillers de mon parti [Cécile Ozer et Jean-François Denis] ont décidé assez rapidement de signer ce pacte de majorité d'emblée, alors que la veille nous nous étions mis d'accord pour [seulement] entamer des discussions autour de Muriel Targnion. Ca m'a donné le sentiment qu'on mettait la charrue avant les boeufs et qu'on me forçait la main, à moi et aussi à Claude Orban qui partageait le même point de vue que moi".

La confiance ébranlée au sein du CDH

"La façon dont ça s'est passé me déplaît profondément. La confiance interne entre les élus CDH a été plus qu'ébranlée. Dès lors que le CDH avait décidé que Cécile Ozer serait la négociatrice, puis dans un second temps Jean-François Denis qui s'est un peu collé à elle si je puis dire, j'ai participé de manière constructive à essayer de donner du contenu, mais  la façon dont ça s'est mis en place, les atermoiements, les je-m'engage-à-ceci-puis-je-fais-le-contraire, tout ça fait je ne m'y retrouve plus et je ne retrouve plus les valeurs qui ont mené mon action politique depuis trente ans.  

Cécile Ozer et Jean-François Denis ont établi un rapport de force à l'intérieur du groupe pour nous contraindre à les suivre. Ce sont deux personnes que j'ai invitées en politique. Peut-être que quand on prend de l'âge, il faut se dire qu'on n'a plus la même importance aux yeux de tout le monde. Voilà."

Cécile Ozer : "déçue et voilà un an qu'il annonce sa démission"

"Voilà un an qu'il nous parle de sa démission" réagit la future échevine CDH Cécile Ozer, nommément mise en cause par Marc Elsen. "Avant même la crise politique, il avait signalé à notre ex-président que sa démission du conseil communal serait peut-être pour la rentrée. Je trouve un peu dommage qu'il se serve de cette crise pour justifier cette démission qu'il avait prévue avant.

Je suis très déçue et triste. C'est vrai que c'est lui qui m'a fait venir en politique. Il m'a appris énormément pendant quinze ans. J'entends bien qu'il estime qu'il n'aurait pas fait les choses comme moi. Bin... oui, on a chacun sa façon de faire. Moi, je n'ai pas toujours été d'accord avec ce qu'il a fait pendant quinze ans. On a eu des discussions en interne, parfois houleuses, mais je constate que moi, en quinze ans, je n'ai fait aucune déclaration publique contre une décision prise par mon chef de file. Ca n'a pas été son cas depuis deux mois et je le regrette." *

"On a fait n'importe quoi pendant deux mois"

Marc Elsen raille le feuilleton politique de l'été verviétois : "Remarquez que ce qui était sur la table le 7 juillet, c'était une formule qui renforçait Muriel Targnion comme bourgmestre et  qui remerciait Hasan Aydin comme président du CPAS. Deux mois plus tard, on arrive à une solution juste inverse, mais à peu près avec les mêmes personnes, excepté Muriel Targnion. C'est ce qui me fait dire qu'on a fait n'importe quoi à Verviers pendant deux mois." Sur ce point, Marc Elsen est rejoint par Cécile Ozer : "je suis d'accord. Bien sûr. On a donné un spectacle pitoyable."

"On a détourné l'esprit de la loi" juge l'ancien bourgmestre Elsen à propos de l'inventivité légale socialiste qui va permettre d'installer Jean-François Istasse dans le fauteuil de Muriel Targnion ; "Ca abîme mon sens moral". Là aussi, Cécile Ozer le rejoint. Elle a déclaré vendredi "regretter de devoir accepter certaines choses non éthiques" et c'est à cette motion qu'elle pensait.

Il votera pourtant le pacte de majorité

Marc Elsen n'entend pas démissionner de son parti, le CDH. Il compte aussi voter le nouveau pacte de majorité, parce qu'il ne veut "à aucun prix" d'un commissaire envoyé par le gouvernement. Sa démission comme conseiller communal interviendra après ce vote.

* Réaction de Cécile Ozer ajoutée à 17h30

Articles recommandés pour vous