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Venezuela: Juan Guaido ou Nicolas Maduro, le monde se divise sur l'attitude à adopter

Venezuela: Juan Guaido ou Nicolas Maduro, le monde se divise sur l'attitude à adopter
26 janv. 2019 à 15:59 - mise à jour 26 janv. 2019 à 15:593 min
Par RTBF avec Agences

Depuis que le président de l'Assemblée nationale (Parlement) du Venezuela, Juan Guaido, leader de l'opposition, s'est autoproclamé "président par intérim" du pays, en lieu et place du président élu Nicolas Maduro, les réactions s'enchaînent sur la scène internationale. On peut diviser les positions diplomatiques en trois catégories: 

Les pays qui reconnaissent Juan Guaido comme président 

C'est le cas des Etats-Unis qui ont officialisé leur position dès mercredi. "Aujourd'hui, je reconnais officiellement le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Juan Guaido, comme président par intérim du Venezuela", a écrit le président Donald Trump dans un communiqué. 

Au Brésil, la réaction a été immédiate également. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères "reconnaît Juan Guaido comme président". Le Brésil fait partie du groupe dit "de Lima", constitué en août 2017 pour trouver une issue démocratique et pacifique à la grave crise qui secouait déjà le Venezuela. Le groupe est composé de 14 pays (Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou, Guyana et Sainte-Lucie) et dénonce régulièrement la situation au Venezuela. 13 des 14 membres (tous sauf le Mexique) n'avaient d'ailleurs pas reconnu le nouveau mandat de Nicolas Maduro quelques jours avant sa prestation de serment. Certains ont apporté explicitement leur soutient à Juan Guaido cette semaine. C'est le cas par exemple du Canada, de la Colombie, de l'Argentine, du Chili ou du Costa Rica

Les pays qui appellent à la tenue d'élections prochainement. 

C'est la position défendue officiellement par l'Union européenne. L'UE "prendra de nouvelles mesures" si des élections "assorties des garanties nécessaires" ne sont pas convoquées "dans les prochains jours" au Venezuela, y compris en ce qui concerne "la reconnaissance du leadership" dans le pays, a averti ce samedi la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué. 

La France, l'Allemagne et l'Espagne ont précisé ce samedi que si le président vénézuélien Nicolas Maduro n'annonçait pas sous huit jours de nouvelles élections au Venezuela, ils reconnaîtraient l'opposant Juan Guaido comme "président par intérim". Le même ultimatum a été défendu par Jeremy Hunt, le ministre britannique des Affaires étrangères et par le ministre des Affaires étrangères du Portugal, Augusto Santos Silva.

La Belgique a également demandé la tenue d'élections. Hier le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, s'est exprimé à notre micro"Nous avons réagi avec l’Union Européenne. La Belgique souhaite vraiment un processus qui se mette en place pour aller vers un dialogue au Venezuela et surtout l’organisation d’élections crédibles qui puissent donner un président au pays. Nous soutenons évidemment l’Assemblée nationale qui a été élue et son président. Mais il faut aller maintenant vers ce processus de dialogue pour des élections crédibles. Et j’espère que cela va se passer sans nouvelles violences dans les prochains jours. "

Les pays qui défendent la position de Nicolas Maduro comme président 

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a accusé samedi "les Etats-Unis et leurs alliés de vouloir renverser le président" du Venezuela, en refusant au Conseil de sécurité le droit de discuter de la situation dans ce pays. Parlant de "coup d'Etat", le diplomate a fait valoir que la crise relevait d'une "situation interne" au Venezuela. La Russie a directement apporté son soutient à Nicolas Maduro. D'après l'agence de presse Reuters, des agents de sécurité privée russes, qui participent aux opérations militaires à l'étranger pour le compte du Kremlin, sont arrivés ces derniers jours à Caracas pour renforcer la sécurité du président vénézuélien. L'agence s'est entretenue avec des sources proches de ces groupes paramilitaires à Moscou.

Tout comme la Russie, la Chine a bloqué ce samedi un projet américain de déclaration du Conseil de sécurité visant à apporter "un plein soutien" à l'Assemblée nationale vénézuélienne dirigée par Juan Guaido. La Chine, principal créancier du Venezuela, s'est déjà opposée jeudi à une "ingérence extérieure" au Venezuela. 

La Turquie a aussi maintenu sont soutien à Nicolas Maduro, tout comme la Bolivie et Cuba

Position moins explicite pour le Mexique (membre du Groupe de Lima) qui a demandé des précisions quand au "statut juridique" de Juan Guaido. Le ministère mexicain des Affaires étrangères a malgré tout affirmé que "Conformément à ses principes constitutionnels de non-ingérence (…), le Mexique ne participera pas au processus consistant à ne plus reconnaître le gouvernement d’un pays avec lequel il maintient des relations diplomatiques".   

Jean Guaido assistant à une messe à Caracas, ce 27 janvier

Jean Guaido assistant à une messe à Caracas, ce 27 janvier

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