RTBFPasser au contenu
Rechercher

Venezuela: deux jours de travail par semaine face à la triple crise

Une famille s'éclaire à la bougie suite à la décision du président Maduro de couper l'électricité quatre heures par jour dans les dix états les plus peuplés du Venezuela.
27 avr. 2016 à 09:30 - mise à jour 27 avr. 2016 à 09:30Temps de lecture2 min
Par Antoine Mahin

Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a ordonné que les fonctionnaires ne travaillent plus que deux jours par semaine. Ce qui pourrait être une bonne nouvelle pour certains n’est rien d’autre qu’une mesure pour économiser de l’énergie. Le pays lutte contre une crise énergétique. Depuis 2008, il subit des coupures d'électricité à répétition.  Tout ceci dans un contexte de grave crise économique et politique.

Le Venezuela dépend fortement de l’énergie hydraulique pour produire son électricité. Mais selon le gouvernement socialiste, les 18 réservoirs d’eau du pays souffrent de la sécheresse provoquée par El Niño, un phénomène météorologique particulièrement virulent en Amérique Latine. A titre d’exemple, la centrale hydroélectrique de Guri fournit 70% de l’électricité du pays mais son réservoir est à un niveau critique.

Mais l’opposition, majoritaire au Parlement, accuse le gouvernement socialiste de ne pas avoir investi assez dans le réseau électrique pour faire face à la demande.

Une semaine de deux jours

"Les mercredis, jeudis et vendredis seront chômés dans le secteur public à l’exception des tâches fondamentales et nécessaires (comme les hôpitaux N.D.L.R.)", a déclaré le vice-président Aristobulo Isturiz.

Les cours seront également suspendus le vendredi pour les écoliers de la maternelle au secondaire.

Longue série de mesures

Cette mesure s’ajoute à d’autres initiatives prises par le président Maduro pour économiser de l’électricité. La semaine dernière, le gouvernement a annoncé que l’électricité serait coupée dans les dix états les plus peuplés, à l’exception de Caracas.

Le Venezuela prévoit également un prochain changement de fuseau horaire de 30 minutes, la création de nouveaux jours fériés ou encore la réduction à six heures de travail par jour dans les ministères.

Les grands consommateurs de courant, comme les hôtels et les commerces sont quant à eux appelés à pourvoir eux-mêmes à leurs besoins en électricité neuf heures par jour.

Des habitants de Caracas attendent à l'extérieur d'un centre commercial fermé. Les centres commerciaux doivent réduire leurs horaires d'ouverture suite aux récentes mesures.
Des habitants de Caracas attendent à l'extérieur d'un centre commercial fermé. Les centres commerciaux doivent réduire leurs horaires d'ouverture suite aux récentes mesures. FEDERICO PARRA - AFP

Grave crise économique

En plus d’une crise énergétique, le Venezuela doit faire face à une grave crise économique.

Le pays sud-américain qui dispose des plus larges réserves pétrolières de la planète est pénalisé par la chute des cours du brut qui apporte 96% de ses devises.

Face à l’ampleur de la crise, le président Maduro avait décidé, en février 2016, d’augmenter de 6000% le prix de l’essence.

Cette crise se traduit par des pénuries des produits de première nécessité pour les Vénézuéliens. Cela les oblige à faire la queue pendant des heures devant les centres commerciaux. Les habitants subissent les conséquences de la crise et des récentes mesures.

Une famille s'éclaire à la bougie suite à la décision du président Maduro de couper l'électricité quatre heures par jour dans les dix états les plus peuplés du Venezuela.
Une famille s'éclaire à la bougie suite à la décision du président Maduro de couper l'électricité quatre heures par jour dans les dix états les plus peuplés du Venezuela. JUAN BARRETO - AFP

Une crise politique également

Le président Maduro ne fait pas l’unanimité. Il est soumis à une pression de plus en plus forte de l’opposition. Celle-ci a obtenu mardi une victoire symbolique: le Conseil national électoral (CNE) l’a autorisée à rassembler des signatures pour déclencher la procédure de référendum révocatoire contre le président.

Ce n’est qu’une première étape. Il faudra que l’opposition récolte par la suite quatre millions de signatures pour organiser un référendum sur le départ de M. Maduro, au pouvoir depuis 2013.

Triple crise

Le Venezuela fait donc face à une triple crise : énergétique, économique et politique. Dans ce contexte, le gouvernement ne sait plus quoi prendre comme mesure. Les Vénézuéliens, eux, ont dû mal à garder la tête hors de l’eau.

Sur le même sujet