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Véhicules électriques dans les entreprises : gain écologique ou économique ?

Voiture électrique/Pourquoi les entreprises investissent

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28 juin 2022 à 04:00 - mise à jour 28 juin 2022 à 14:55Temps de lecture3 min
Par A.Gonzalez avec France 3 Hauts-de-France

Dans sa petite voiturette électrique, Marie Serozenski parcourt tous les jours entre 15 et 20 kilomètres. Il y a près de 10 ans, cette factrice française troquait son vélo cargo pour un véhicule électrique. Elle ne peut plus s’en séparer. "C’est déjà moins fatigant que le vélo et puis, il y a des emplacements avec des bornes à chaque arrêt, donc c’est très facile de se garer. Et puis, c’est aussi plus agréable, car cela fait moins de bruit. Pour ce qui est de recharger, je le fais tous les deux jours. Tu attends une nuit et c’est bon, tu peux repartir en tournée !", explique la factrice de 30 ans de métier.

Les entreprises publiques investissent depuis plusieurs années dans des véhicules électriques.
Les facteurs français parcourent des dizaines de kilomètres par jour dans ces voiturettes électriques
La poste française possède aujourd’hui la flotte électrique la plus vaste au monde avec 37.000 véhicules, dont 7000 utilitaires

La flotte électrique la plus vaste au monde

La Poste française possède aujourd’hui la flotte électrique la plus vaste au monde avec 37.000 véhicules, dont 7000 utilitaires. Cette direction vers la voie de l’électrification ne date pas d’hier. "La Poste a été pionnière avec le premier véhicule postal motorisé "Mildé". Il faisait 20 kilomètres par jour", raconte Claude Evangelaire, responsable technique des véhicules de la Poste française des Hauts-de-France et de la Normandie.

Dès 1901, la première voiture de distribution de courrier fonctionnait déjà au courant alternatif. "On peut même dire qu’à cette époque, la Poste française était totalement électrique puisque le reste de la flotte était composé de chevaux", ajoute l’homme qui travaille à la poste depuis 1985.

La flotte actuelle est l’héritière d’essais réalisés dans les années 1980 et 1990 avec différents modèles de voitures. Pour l’instant, ce choix de verdir son parc de véhicules lui a permis de réduire son empreinte carbone de milliers de tonnes d’émissions de CO2 en quelques années. L’objectif écologique est atteint.

Qu’en est-il du résultat économique ? Certes, il y a moins de carburant dépensé, l’entretien des véhicules est moins lourd et moins coûteux, mais cela ne compense pas encore le prix d’achat des véhicules. "Quand on prend la voie de l’électrique, on fait un choix écologique et économique. Pour l’instant, les primes du gouvernement ne sont pas suffisantes pour absorber les coûts d’achat des voitures électriques. Après si j’observe sur le long terme, avec l’augmentation des prix des carburants, l’électrique deviendra rentable, mais il va falloir patienter", analyse Claude Evangelaire.

Des coûts de production encore élevés

150 voitures électriques sortent de l’usine Stellantis tous les jours
150 voitures électriques sortent de l’usine Stellantis tous les jours FR3

La Poste envisage même de doubler sa flotte électrique de véhicules légers d’ici 2025 avec un investissement de 200 millions d’euros. Pour répondre à la demande croissante en véhicules électriques, les entreprises de construction vont devoir augmenter leur production.

À Hordain dans le Nord de la France, 27% des voitures produites par l’entreprise Stellantis sont électriques. Une dynamique qui s’accélère au fil des mois. "Il faut pouvoir anticiper la demande. En début d’année, on ne pouvait produire qu’une voiture électrique sur trois. On a réussi à passer une étape, car nous pouvons maintenant en produire une sur deux et à la fin de l’été, on sera capable de produire des séries entières de voitures électriques", détaille Aurèle Sabardeil, directeur du site automobile Stellantis d’Hordain.

150 voitures électriques sortent de l’usine tous les jours. Ce nombre devrait fortement augmenter dans les semaines à venir. C’est une bonne nouvelle pour l’entreprise, mais il reste encore des défis à relever, dont celui de réduire les coûts de production. "Aujourd’hui, un véhicule électrique est plus cher à fabriquer qu’un véhicule thermique. C’est en partie à cause de la batterie, mais pas uniquement. On doit aussi faire en sorte que notre processus de fabrication respecte une certaine qualité. On doit aussi se concentrer sur le calcul du temps de fabrication et de la main-d’œuvre nécessaire pour réaliser ces véhicules", complète le directeur.

Dans ces conditions, est-il rentable de produire de l’électrique ? "Oui, ça l’est, surtout grâce aux différentes subventions étatiques dont nous bénéficions".

Une centrale d’achat pour les entreprises publiques à Bruxelles

15% des véhicules utilitaires de Sibelga sont électriques
15% des véhicules utilitaires de Sibelga sont électriques RTBF

Sur le parking de l’entreprise Sibelga, 8 véhicules en leasing sur 10 sont électriques, mais seulement 15% de ces véhicules sont utilitaires. Afin d’aider les entreprises sur leur chemin vers l’électrification en réduisant les coûts d’achats des véhicules, le gestionnaire du réseau de gaz et électricité à Bruxelles pilote une centrale d’achat. "Nous avons anticipé les besoins de demain. C’est une centrale où les prix sont plus avantageux. Ce sont des tarifs groupés avec des réductions de 10 à 20% sur l’achat des véhicules électriques", commente Serena Galeone, porte-parole chez Sibelga.

La volonté de Sibelga est d’augmenter sa flotte électrique dans les prochains mois. L’entreprise annonce vouloir doubler le nombre de bornes électriques (estimé à 50) qu’elle possède d’ici la fin de l’année.

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